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Basketball

Vendredi 29 mai 2009 5 29 /05 /Mai /2009 23:34

Cette saison, Thomas Heurtel a su tirer partie de la débâcle paloise pour exploser. Sous contrat avec l’Élan Béarnais, désormais en Pro B, le meneur de vingt ans hésite à activer sa clause de départ de 150.000 euros. L’enjeu : ne pas freiner une carrière qui démarre en trombe.

Meilleur espoir, deuxième progression, deuxième meneur français... Pour sa première saison complète en Pro A, Thomas Heurtel a brillé. À vingt ans, le Palois a même obtenu trois votes dans la course au titre de MVP français du championnat. Un paysage idyllique terni par le parcours cataclysmique de l’Élan Béarnais, rétrogradé en Pro B. Ce bémol entache ses belles performances et pose une question : est-il capable de les rééditer au sein d’un club de niveau supérieur ? « Il est bon, qu’il soit dans une équipe qui joue les premières places ou une qui a fini dernière », répond Alain Weisz, l’entraîneur d’Hyères-Toulon. Erman Kunter, son homologue choletais, est plus réservé : « Je pense qu’il n’est pas prêt physiquement. »

Le coach turc met le doigt sur la principale réserve émise vis-à-vis de Thomas Heurtel. Celui-ci est bien conscient de cette faiblesse. « J’ai un physique encore jeune, inférieur à la Pro A », admet-il volontiers. « Il faut qu’il commence à travailler sa musculature, qu’il prenne un peu de volume », conseille Erman Kunter. « Pour l’instant, il est en retard. Il perd beaucoup trop d’énergie parce qu’il n’est pas assez costaud. »

Cette lacune se fait particulièrement sentir en défense. Cette saison, les adversaires de Pau ne se sont pas gênés pour exploiter ce manque. « Quand on les a joués, Shawnta Rogers a eu pour consigne de le jouer, de l’attaquer », indique Alain Weisz, le technicien toulonnais. « Il manque de jambes et de puissance musculaire et surtout, il faut qu’il acquière la mentalité défensive. On ne peut pas jouer au très haut niveau sans une défense décente. »

De l’autre côté du terrain, le natif de Béziers s’est montré bien plus convaincant. Ses statistiques parlent d’elles-mêmes : 10,0 points (47,5% aux tirs dont 38,6% à trois-points), 6,2 passes pour 12,0 d’évaluation. « Il est très talentueux », complimente Erman Kunter. « Il est capable de passer la balle, de créer pour les autres. » Heurtel est en effet le meilleur passeur français devant Laurent Sciarra. Seuls le Vichyssois Kareem Reid et le Chalonnais Zack Wright ont distribué plus de caviars cette saison.

Alain Weisz est dithyrambique à son sujet : « Il a été fabuleux contre nous. Au match aller, il a joué contre Pierre Pierce. Il l’a bouffé complètement. Au retour, il a fait une évaluation énorme (29, ndlr) contre Shawnta Rogers en marquant des points (18 unités, ndlr), en donnant douze passes décisives. »


« L’Espagne en tête »

Conscient des qualités de son meneur de jeu, Pau souhaite le conserver la saison prochaine dans l’antichambre. Le premier concerné n’a pas encore pris sa décision. Heurtel est encore lié à l’Élan Béarnais pour deux saisons mais dispose d’une clause libératoire de 150.000 euros. Deux solutions s’offrent à lui : rester à Pau en Pro B ou partir dans un club, français ou étranger, capable de payer son bon de sortie. « J’ai pas mal de contacts mais je prendrai ma décision d’ici la fin juin », indique le point guard.

« S’il était mon fils, je lui dirais de faire une année de plus à Pau », confie Alain Weisz. Le coach varois donne en exemples Matjaz Smodis et Dirk Nowitzki qui ont débuté dans des clubs « de niveau moyen » – respectivement Novo Mesto et Wurzburg – pour « prendre leur pleine mesure ». « Jouer contre des joueurs comme Jimmal Ball, Justin Ingram, Terry Williams ou Errick Craven, ce n’est pas une perte de temps », renchérit-il. Erman Kunter partage cet avis : « Passer une saison en Pro B peut l’aider à durcir son jeu et à gagner de l’expérience. »

Dernier avantage, à Pau, Thomas Heurtel serait le leader de l’équipe, situation qu’il ne retrouverait probablement pas dans l’immédiat en haut de tableau de Pro A. « Les grands clubs qui ont la possibilité de l’acheter ont-ils aujourd’hui du temps de jeu à lui proposer ? Je n’en suis pas persuadé », lâche Didier Gadou, président du club palois. Un présage qui ne refroidit pas Thomas Heurtel : « Ça ne me dérange pas du tout de jouer moins si je suis dans une équipe qui gagne. »

Le numéro 5 n’écarte pas non plus l’idée d’un départ à l’étranger. « Si un gros club italien ou espagnol me propose un bon projet, pourquoi pas. Ça ne me fait pas peur », salive-t-il. « Depuis toujours, Thomas a l’Espagne en tête », révèle Alain Weisz. De son côté, Erman Kunter met en garde contre un départ prématuré : « C’est beaucoup trop tôt. Il ne faut pas tenter un tel pari. C’est bien de découvrir un basket différent mais aujourd’hui, je ne pense pas qu’un club étranger lui donnera une place de titulaire. »

S’il ne traverse pas la frontière pyrénéenne dès cette année, son talent ne devrait pas tarder à affoler les radars ibériques. Thomas Heurtel semble en effet promis à un bel avenir. « C’est un futur joueur de très haut niveau, de niveau Euroleague », prophétise Alain Weisz, qui le qualifie de « petit prodige ». Erman Kunter abonde dans ce sens : « Il est talentueux. Parmi les joueurs nés en 1989 que j’ai vu jouer, il est le meilleur meneur. » Ne reste plus qu’à confirmer ce potentiel.

Jean-Philippe Chognot


Article publié dans le BasketNews du 28/05/2009, en page 18.

Photo : Hervé Bellenger / IS

Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Basketball
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Vendredi 1 mai 2009 5 01 /05 /Mai /2009 16:30

Après une période difficile au mois de mars, le SLUC a retrouvé le chemin du succès. Contre Le Mans (65-62) vendredi dernier, les coéquipiers de Ricardo Greer ont remporté leur sixième victoire de rang. Le capitaine dominicain revient sur l’embellie nancéienne.

 

Vous avez été dominés par les Manceaux pendant les trois premiers quart-temps avant de leur passer un 16-0 en 8 minutes. Comment avez-vous inversé la situation ?

Le Mans est une équipe exceptionnelle, une équipe solide… Ils ont une grosse défense et un très bon collectif. C’est dur de prendre le dessus sur eux. Pour y parvenir, on a dû rester concentré de la première à la dernière minute. En deuxième mi-temps, on a commencé à leur mettre plus de pression en défense pour leur fermer tous les espaces. Après, les gars de l’équipe, notamment Lamayn Wilson, ont mis des tirs importants en fin de match.

 

Vous n’avez perdu que cinq balles, dont une seule en deuxième mi-temps…

(Il coupe) C’était la clé pour nous, contre la meilleure défense du championnat. Le Mans est une équipe maligne qui défend très dur. Elle capitalise sur les erreurs de l’adversaire. Par conséquent, on s’est appliqué à ne pas perdre le ballon pour contrôler le rythme en deuxième mi-temps. C’est ce qui nous a permis de gagner cette rencontre très difficile.

 

Depuis six matches, vous avez haussé le ton en défense. Sur la période, vous n’avez encaissé que 67,8 points par rencontre contre 76,9 auparavant. Pensez-vous avoir passé un cap ?

Oui, on est plus concentré sur notre défense. Chaque joueur en fait une affaire personnelle. On essaye tous au maximum de stopper notre adversaire direct. Les équipes qui gagnent des matches dans cette ligue sont celles qui ont une bonne défense. C’est donc ce qu’on essaye d’obtenir. On l’a encore montré vendredi (ndlr : contre le MSB). C’est ce qui nous mènera en finale. Les candidats au titre – Villeurbanne, Le Mans ou Orléans – ont tous une très bonne défense. On doit être aussi fort qu’eux si on veut rester en compétition et conserver notre titre.

 

Le pivot nigérian Akin Akingbala est arrivé en cours de saison à la place de Rod Benson. Quelle est sa part dans les succès de l’équipe ?

Akingbala est un gars exceptionnel. C’est la pierre angulaire de notre défense. Il nous aide énormément sur les big men, avec ses contres (ndlr : il est le meilleur contreur de Pro A avec 1,87 block). Il fait de l’excellent boulot. C’est un joueur clé pour nous. On est très content de l’avoir à nos côtés.

 

Après la Semaine des As, vous avez traversé une période délicate en perdant trois matches d’affilée contre Le Havre, Cholet et Roanne. Comment avez-vous vécu cette mauvaise passe ?

Ça a été une période très difficile pour nous. Pendant un mois, on a perdu beaucoup de rencontres. On savait qu’on aurait une période comme ça dans la saison mais l’important c’était de voir comment on répondrait à cette situation. On a perdu trois matches d’affilée et on en a gagné six de rang dans la foulée. On a donc très bien réagi. Tout le monde a fait son boulot, s’est sacrifié pour l’équipe. Ça nous aide bien maintenant parce que quand tu as traversé de mauvais moments, tu ne veux surtout pas replonger.

 

Après T.J. Parker et Lamayn Wilson, Cyril Julian devrait bientôt revenir de blessure. Il y aura alors embouteillage à tous les postes. Ne risque-t-il pas d’y avoir des problèmes d’ego ?

Non, non, non, non… (Il insiste sur chaque mot) On est des hommes en or, pas des gamins de douze ans qui pensent à leur ego. Notre seul but est de gagner des matches pour essayer de remporter le titre. C’est le plus important. On est des bons gars qui veulent se sacrifier pour gagner. On n’a aucun problème de temps de jeu. Chacun comprend bien son rôle et notre façon de jouer le prouve. On prend beaucoup de plaisir à évoluer ensemble. Et puis le coach (ndlr : Jean-Luc Monschau) fait du bon boulot pour gérer l’organisation de l’équipe.

 

Vous allez rencontrer Orléans et l’ASVEL, deux concurrents directs, lors des trois dernières journées de la phase régulière. C’est un calendrier difficile…

(Il coupe) Très difficile. Mais c’est pour ce genre de match que l’on joue. On est dans le moneytime de la saison. Maintenant, toutes les rencontres sont des matches de playoffs.

 

Avec votre victoire sur Le Mans, vous faites une bonne opération dans le haut du classement. Quel est votre objectif désormais ? La première place ? Le Top 2 ?

Notre seul but est de gagner le titre. Peu importe la place à laquelle on termine. Mais bien sûr, c’est mieux de terminer premier ou deuxième pour avoir l’avantage du terrain en playoffs. Nous allons essayer de gagner les trois prochains matches pour être dans la meilleure situation avant d’aborder les playoffs. La première place ? Qui sait… On n’est qu’à deux victoires de l’ASVEL et on va les affronter chez eux. Ils ne sont pas à l’abri d’un faux pas.

 

Dernière question. Jacques Monclar (*) t’a attribué un surnom : le Buffle de Punta Cana. Est-ce que tu penses que ça te correspond bien ?

(Il éclate de rire) J’adore Jacques Monclar. C’est un gars bien. Je l’ai rencontré quand il était entraîneur. C’est une super personne à côtoyer. Il peut me donner n’importe quel surnom, cela me conviendra toujours parfaitement. S’il le dit, je suis le Buffle de Punta Cana ! D’ailleurs, il faut que je lui trouve un surnom aussi. Je vais y réfléchir.

Propos recueillis par Jean-Philippe Chognot

 

(*) Un doute subsiste, et le débat fait rage à BasketNews : est-ce Jacques Monclar ou David Cozette qui a trouvé ce surnom ? Si c’est David, nos excuses !

 

Article publié dans le BasketNews du 30/04/2009, en page 19.

Photo : Pascal Allée / Hot Sports

Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Basketball
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Vendredi 17 avril 2009 5 17 /04 /Avr /2009 16:07

Grâce à sa victoire au sommet contre Orléans (71-59), l’ASVEL creuse l’écart en tête. Sauf grosse surprise, les Verts termineront premiers de la saison régulière. De son côté, Orléans devra lutter jusqu’au bout pour conserver sa deuxième place synonyme d’avantage du terrain en playoffs.

Depuis des mois, le maillot vert suçait la roue de son compagnon d’échappée orléanais. Vendredi, ce dernier a craqué dans une côte, laissant filer le grimpeur villeurbannais vers une victoire certaine. Marqué mentalement, le coureur du Loiret lutte désormais pour ne pas se laisser happer par le peloton. La métaphore cycliste illustre bien la victoire de l’ASVEL sur l’Entente orléanaise (71-59), vendredi à l’Astroballe. Avec deux succès d’avance et le « point-average » sur son adversaire, le club rhodanien s’envole à cinq journées des playoffs. Défait, Orléans voit revenir à un point Le Mans, Roanne et Nancy.

Au contact en première mi-temps (33-32), les hommes de Philippe Hervé ont lâché au retour des vestiaires, encaissant un 17-1 rédhibitoire en six minutes. Un trou d’air inexplicable pour le coach. « N’ayant pas revu le match, je n’ai pas encore assez de recul pour comprendre ce qui s’est passé », nous confiait-il mardi après un break de trois jours. À côté de la plaque, les blancs et noirs n’ont converti qu’un tir et ont perdu dix ballons en autant de minutes. « On les a poussés vers cet effondrement en étant encore plus agressifs en défense », se félicitait le coach rhodanien Vincent Collet après le match.

Le passage à vide vécu par les Orléanais n’est pas qu’un accident. Depuis quelques semaines, les secondes mi-temps sont de vraies zones de turbulence pour eux. Contre Cholet le 4 avril, l’Entente avait encaissé un 17-4. À Hyères le 28 mars, un 16-0 dans les dernières minutes aurait pu leur être fatal. Au match précédent, contre Dijon, ils n’ont pas survécu à un 13-0.

« Ça montre que leur équipe est encore convalescente », analyse Vincent Collet. Le leader déchu a en effet très mal vécu sa défaite en finale de la Semaine des As le 22 février dernier contre Le Mans (64-74). Celle-ci représente une cassure dans la saison de l’EO. Avant la compétition, Orléans semblait intouchable – 15 victoires pour 3 petites défaites –, depuis l’équipe a changé totalement de visage – 2 timides succès pour 5 déroutes alarmantes.

Plus inquiétant encore : l’attaque orléanaise a calé. Avant la désillusion, elle infligeait en moyenne 77,4 points à ses victimes. Désormais, ses bourreaux ne lui en concèdent que 63,6. Soit un débours d’environ 14 unités. Cette baisse correspond à la méforme de Cedrick Banks, chaînon clé du début de saison parfait de son équipe. Inarrêtable avant les As, l’arrière américain n’est plus que l’ombre de lui-même. Contre l’ASVEL, il a une nouvelle fois flanché : 11 points, 3 rebonds mais 8 balles perdues et 5 fautes pour -1 d’évaluation après pourtant un très bon premier quart-temps (8 pts).

 

L’ASVEL est guérie

Tout n’est pourtant pas noir sur les bords de la Loire. Si les Orléanais avaient perdu leur identité après les As, ils ont retrouvé quelques vertus depuis. Un léger mieux qui s’est fait sentir en première période à l’Astroballe. « Ils ont réussi à nous imposer leur rythme », note le coach victorieux. « En faisait cette première mi-temps contre les équipes qui les ont battus, ils auraient forcément gagné des matches. Ils restent une bonne équipe qui peut se retrouver en vue des playoffs. »

Pour ce faire, l’exemple à suivre n’est autre que celui de l’ASVEL. Comme leur dauphin, les Rhodaniens ont mal vécu leur élimination en demi-finale des As. « Ça a été une grosse déception et on a perdu notre identité de jeu », témoigne Ali Traoré. « On ne bloquait plus le jeu intérieur. On ne jouait plus comme on l’avait fait depuis le début de la saison. » Cette période de doute terminée, le leader lyonnais est reparti de plus belle. « Je pense qu’on est complètement guéri et qu’on est encore plus fort qu’avant », se réjouit l’intérieur villeurbannais.

L’ex-Havrais n’est pas étranger à ce retour en grâce. Il l’a encore démontré vendredi contre Orléans. « En première mi-temps, on a tenu en grande partie grâce à son rendement intérieur. En deuxième période, il s’est mis au diapason sur le plan défensif. C’est une grosse performance pour lui », complimente coach Collet. Le Normand ne manque pas non plus d’éloges pour son meneur J.R. Reynolds : « Sur les deux derniers mois, il est devenu un joueur très important dans notre collectif. »

Autre facteur, paradoxal, du redressement des Verts : leur défaite à domicile contre la SIG (85-77) le 13 mars. En tête de quinze points à 7 minutes du terme, les locaux ont finalement perdu de huit points suite à un 25-2 irréel. « C’est un motif de vigilance supplémentaire. Contre Orléans, lors d’un temps-mort, les joueurs en ont parlé entre eux », confie le technicien. Ali Traoré renchérit : « Maintenant, dès qu’on sent qu’on commence à lâcher, on pense à Strasbourg et boum ! Ça repart. » Un mal pour un bien.

Vaccinée contre tout relâchement, l’ASVEL file droit vers la première place de la phase régulière. Pour reprendre le leadership, Orléans devrait remporter trois victoires de plus que Villeurbanne en l’espace de cinq journées. Hautement improbable. Pourtant, la prudence reste de mise. « Il faut qu’on gagne encore trois matches pour que la première place soit acquise », indique Ali Traoré. « Après, on pourra siroter le champagne en attendant les playoffs. »

Jean-Philippe Chognot

 

Article publié dans le BasketNews du 16/04/2009, en page 10.

Photo : Hervé Bellenger / IS

Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Basketball
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Vendredi 3 avril 2009 5 03 /04 /Avr /2009 15:48

Le Final Eight de l’EuroCup débute aujourd’hui au Palasport de Turin. Eliminé en demi-finale l’année dernière, le Dynamo Moscou nourrit de grandes ambitions cette saison. Derrière le favori moscovite, sept équipes feront tout pour déjouer les plans de David Blatt. De l’intensité et du suspense en perspective.

 

Favori : le Dynamo

« Nous n’avons pas abordé le Final Eight dans les meilleures conditions. Il va falloir apprendre de nos erreurs », philosophait Travis Hansen, après l’élimination de son équipe en demi-finale de l’ULEB Cup 2008 face à Gérone. Animé par un esprit de revanche, le go-to-guy américain a de nouveau mené ses coéquipiers en « Finale à Huit » pour effacer l’échec. Cette saison plus que jamais, ils ont toutes les cartes en main pour s’emparer du trophée.

Dans sa quête du Saint Calice, l’armada de David Blatt dispose d’un atout précieux : l’expérience. Robertas Javtokas, Dmitri Domani et Sergei Bykov ont déjà remporté la coupe, Hansen et Bostjan Nachbar ont connu des Final Four d’Euroleague et Darjus Lavrinovic est un habitué du Top 16 de la compétition reine. Autre avantage : tout ce petit monde aborde la dernière ligne droite en pleine confiance. Emmenés par un Hansen étincelant, les Russes sont restés invaincus au Last 16 (6v-0d). Tous les voyants sont donc au vert à l’heure d’affronter Vrsac en ouverture du tournoi.

 

Prétendants : la Benetton, Valencia et le Khimki

Derrière les Moscovites du Dynamo, trois équipes sont en embuscade, bien décidées à jouer les trouble-fête. La Benetton Treviso est l’une d’elles. Dix ans après leur dernier sacre continental (Saporta 1999), les troupes du général Oktay Mahmuti sont en reconquête. Élu coach de l’année en EuroCup, le Turc s’appuie sur deux leaders métronomiques : Sandro Nicevic et Gary Neal. Par ailleurs, les Trévisans proposent l’un des jeux les plus réjouissants du plateau. Parmi les huit équipes en lice, les Italiens ont le meilleur collectif – 16,5 pds –, la troisième attaque – 80,9 pts –, et les meilleurs tireurs d’élite – 41,0 % à 3-pts. De quoi s’attirer les faveurs du public turinois.

Si les tifosis piémontais soutiendront sans doute leurs compatriotes, ils sauront aussi apprécier à sa juste valeur l’affiche des quarts de finale : Valencia-Khimki. Cette rencontre oppose deux équipes qui ont fait de la coupe européenne un objectif prioritaire dès le début de saison. L’effectif labélisé ACB du Pamesa est armé pour s’adjuger le trophée argenté. Neven Spahija partage équitablement le gâteau entre dix joueurs interchangeables. Un argument capital pour livrer sans flancher trois batailles en autant de jours. De surcroît, le retour du jeune prodige Victor Claver, blessé depuis début décembre, fournit un as supplémentaire dans le jeu du coach croate.

En face, l’effectif pléthorique du Khimki Région de Moscou n’a rien à envier à celui des Espagnols. Cet été, le nouveau riche a fait sensation sur le marché des transferts en attirant notamment les NBAers Carlos Delfino et Jorge Garbajosa. Sur le papier, aucun concurrent ne peut rivaliser avec les hommes de Sergio Scariolo. L’adversaire doit choisir entre la peste, Kelly McCarty, le choléra, Delfino, la grippe espagnole, Garbajosa, le typhus, Maciej Lampe, la fièvre grise, Milt Palacio, ou encore la gale, Milofey Mozgov. Seul bémol : le groupe tarde à atteindre son plein potentiel et pèche par irrégularité.

 

Outsiders : le Lietuvos rytas, Bilbao, Zadar et Vrsac

Les quatre dernières escouades présentes sur la ligne de départ n’ont pas la même abondance de biens que leurs rivaux nantis. Malgré cela, elles seront de sérieux poils-à-gratter. À commencer par le Lietuvos rytas. Vainqueurs en 2005 et finalistes en 2007, les Baltes sont des habitués de l’épreuve. Avec son effectif à forte coloration locale, Vilnius est resté intraitable à domicile (6v-0d) cette saison mais beaucoup plus fébrile à l’extérieur (1v-5d). L’apport du très complet Chuck Eidson, MVP de l’EuroCup, sera crucial pour trouver la clé du Palasport de Turin.

Le dernier bourreau de Lietuvos rytas on the road est Bilbao, novice sur la scène continentale. Le bizut n’a eu aucun problème d’adaptation. Il arbore même le meilleur bilan des deux premières phases (10v-2d) à égalité avec le Pamesa et le Dynamo. L’iurbentia met à profit sa grande profondeur de banc – onze joueurs à plus de 11 minutes de temps de jeu moyen. Les Basques flirtent toutefois avec la schizophrénie, capables de fesser Vitoria et de flancher contre Séville dans la même semaine. Quel visage afficheront- ils au Final Eight ?

On sera fixé dès demain contre les maîtres artificiers de Zadar – 83,5 pts. Les Croates ont entamé difficilement le Last 16, débutant par deux défaites. Pris en main par Zmago Sagadin en février, ils ont décroché in extremis la phase finale grâce à une série de trois victoires. Todor Gecevski est le principal artisan de cette renaissance. Le pivot macédonien est létal dans la peinture – 63,2% au Last 16 – souvent bien servi par le jeune meneur Rok Stipcevic.

Autre prospect plein de promesses : Milan Macvan. À dix-neuf ans, le pivot de Vrsac a obtenu l’Eurocup Rising Star Trophy récompensant le meilleur espoir de la compétition. L’intérieur est le leader à la marque, au rebond et à l’évaluation de son équipe. Celle-ci apportera une touche de fraîcheur au tournoi avec sa moyenne d’âge dépassant à peine les 22 printemps.

Jean-Philippe Chognot

 

Article publié dans le BasketNews du 02/04/2009, en page 21.

Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Basketball
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Vendredi 20 mars 2009 5 20 /03 /Mars /2009 17:54

Le séjour de Mamoutou Diarra en Grèce touche à sa fin. Lorsque vous lirez ces lignes, il sera peut-être de retour sur le sol français. Las des problèmes économiques du PAOK et pas payé en février, l’international ne s’entraîne plus depuis le 11 mars. Il n’attend qu’une lettre de sortie pour faire sa valise.

 

Tu as annoncé dans la presse grecque vouloir quitter Salonique. Quelle est ta situation actuelle ?

Je n’ai pas été payé le mois dernier. À la mi-février, j’ai fait un deal avec le président (ndlr : Dimitris) Drossos. Il m’a demandé d’attendre jusqu’au 10 mars pour me trouver un remplaçant. En échange, il m’a promis mon salaire du mois de février et ma lettre de sortie. Mais aujourd’hui, on est le 13 (ndlr : entretien réalisé vendredi) et je ne vois rien venir. Du coup, j’ai arrêté d’aller aux entraînements le 11 mars. Ce jour-là, on avait un match amical. J’ai fait acte de présence mais je n’ai pas joué. Depuis, je m’entraîne un peu de mon côté, histoire de rester en forme en attendant ma lettre de sortie. Dès que je l’ai, je m’envole pour Paris.

 

Le président du club, Dimitris Drossos, a quitté le navire. Est-ce un obstacle à ton départ ?

Oui. La situation est devenue très complexe. Il n’est plus le président mais l’est toujours un peu. On ne sait pas où il est, s’il est chez lui à Malte ou pas. Pour l’instant, on n’a pas de nouvelles concrètes de lui. C’est devenu Drossos « the ghost » (ndlr : le fantôme) ! En plus, depuis qu’il a démissionné, le club n’a plus de direction. D’autres personnes sont arrivées mais elles n’ont pas le pouvoir de me donner ma lettre de sortie. Comme mon agent connaît Drossos et l’administration intermédiaire, j’ai quand même l’espoir de l’obtenir lundi (ndlr : le 16 mars).

 

Malgré tous les problèmes que tu as traversés en Grèce, tires-tu du positif de cette expérience ?

Oui, j’ai passé un cap. En Grèce, le jeu est plus dur physiquement. Ça m’a beaucoup aidé parce qu’avant, j’avais tendance à me relâcher un peu. Et puis, psychologiquement, la question ne se pose même pas. Quand tu joues deux ans ici, c’est comme si tu étais resté cinq ans. La formation mentale à la grecque, je pense qu’elle est universelle. Après être passé ici, tu peux jouer n’importe où.

 

Ton expérience en Grèce n’aura pas été de tout repos. As-tu des regrets ?

Non, je n’en ai pas. Je suis croyant donc je me dis que c’était ma destinée d’atterrir ici les deux dernières saisons. Ce n’est pas un regret mais plutôt une expérience qui forge le mental. En Grèce, je leur ai dit que j’allais écrire un livre sur tout ce qui s’est passé ici. Mais je crois que ce sera plutôt une encyclopédie, parce qu’un simple livre, ce ne serait pas suffisant.

 

Maintenant que ton départ est pratiquement acquis, sais-tu où tu vas rebondir en cette fin de saison ?

Non, pas encore. En début d’année, j’ai eu des contacts à l’étranger et en France mais j’ai raté ces opportunités parce que le PAOK ne me laissait pas partir. Ces derniers temps, comme j’étais à fond sur ma lettre de sortie, je n’ai pas eu le temps de discuter avec mon agent. Dans les jours qui viennent, je vais faire le point avec lui pour prendre une décision. S’il y a une bonne offre en Pro A, pourquoi ne pas revenir en France. À bon entendeur…

Propos recueillis par Jean-Philippe Chognot

 

Article publié dans le BasketNews du 19/03/2009, en page 17.

Photo : Hervé Bellenger / IS

Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Basketball
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Vendredi 20 mars 2009 5 20 /03 /Mars /2009 17:31

Et si le Mondial 2010 ne se déroulait pas en Turquie… On n’en est pas encore là mais cette hypothèse ne peut être écartée. En effet, le pays organisateur n’est pas dans les temps en ce qui concerne la construction des infrastructures prévues pour la compétition. Cette situation inquiète la FIBA qui a lancé un ultimatum. La Turquie a jusqu’au mois de mai – et une réunion du Central Board de la Fédération internationale – pour rattraper son retard si elle ne veut pas se voir retirée l’organisation du tournoi. « Il nous reste deux ou trois mois pour prendre une décision », prévient le secrétaire général de la FIBA, Patrick Baumann, sur le site acb.com. « Ce serait impossible d’attendre plus. »

Pour le moment, l’avancement des travaux est critique. Désignée hôte du championnat du Monde en décembre 2004, la Turquie tarde à démarrer certains chantiers. « La situation n’est pas facile », regrette le Suisse. « Le problème réside dans la construction des salles. » Des stades doivent notamment être bâtis dans la capitale Ankara et à Antalya, sur la côte méditerranéenne. Le dirigeant de la Fédération internationale attend des Turcs qu’ils mettent un coup d’accélérateur. « Ils peuvent faire les choses rapidement », assure-t-il. « Quand ils le veulent, ils en sont capables, mais il faut s’y mettre. »

Il y a un autre motif d’optimisme si l’on en croit Baumann. « La Turquie a l’avantage de subir relativement peu la crise économique », indique-t-il. De son côté, la fédération turque assure que toutes les infrastructures seront achevées en temps et en heure. Pas suffisant toutefois pour rassurer la FIBA qui attend du concret. Si rien ne bouge, les instances du basket mondial pourraient être amenées à trouver un nouveau pays hôte dans l’urgence. Un constat d’échec qui ferait tache.

Jean-Philippe Chognot


Article publié dans le BasketNews du 19/03/2009, en page 17.

Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Basketball
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Vendredi 27 février 2009 5 27 /02 /Fév /2009 12:20

Quels joueurs seront alignés par Carlo Recalcati le 5 août prochain face aux Bleus ? Bien malin qui peut répondre à cette question. À moins de six mois du tour de qualification additionnel à l’EuroBasket 2009, l’incertitude règne autour la composition de la squadra azura. L’échéance est pourtant primordiale pour l’Italie – comme pour la France – pour ne pas disparaître de la « planète basket » pendant les deux prochaines années.

Le mystère reste entier sur la participation des trois NBAers de la sélection : le Warrior Marco Belinelli, le Raptor Andrea Bargnani et le Knick Danilo Gallinari. « C’est trop tôt pour confirmer ma présence », a confié le premier au site FIBAEurope.com. Insatisfait à San Francisco, Belinelli attend que son avenir en NBA s’éclaircisse pour se prononcer. De son côté, l’intérieur de Toronto doit rempiler à la fin de la saison. Il ne traversera pas l’Atlantique avant d’avoir paraphé son nouveau contrat.

Le cas de Gallinari est plus délicat. L’ailier new-yorkais traîne depuis des mois une blessure au dos. Le rookie a repris le chemin des parquets à la mi-janvier mais la douleur n’a pas disparu pour autant. Le prodige a même parfois du mal à rester debout ! S’il ne devrait pas se faire opérer, sa présence en équipe d’Italie pourrait tout de même être remise en cause.

En définitive, coach Recalcati n’a qu’une quasi-certitude : la présence d’un noyau dur évoluant en Lega. Giuseppe Poeta, Luca Vitali, Luigi Datome, Andrea Crosariol et Niccolo Melli devraient en effet être de la partie.

Autre prétendant à la qualification, la Belgique compte jouer les trouble-fête dans le duel France-Italie. Pour y parvenir, la fédération belge espère réunir Tomas Van Den Spiegel, Axel Hervelle et Didier M’Benga. « Ça ne s’est plus réalisé depuis au moins cinq ans. A priori, les trois pourraient être présents », assure Jacques Ledure, manager de l’équipe. « Les certitudes ne viendront toutefois qu’au terme de leurs championnats respectifs. » Avec ce trio, la sélection serait armée pour rallier le championnat d’Europe pour la première fois depuis 1993.

Jean-Philippe Chognot

 

Article publié dans le BasketNews du 26/02/2009, en page 18.

 

Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Basketball
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Vendredi 20 février 2009 5 20 /02 /Fév /2009 12:06

« J’ai assisté à une bagarre énorme à Split en début de saison, à domicile face au Cibona. Toute la semaine avant le match, mon coéquipier Sinisa Stemberger, un arrière maigrichon au sang chaud, me disait : “ Rawle Marshall is a pussy ! Je vais lui mettre des coups ! ” Le match arrive. Deux heures avant la rencontre, notre petit gymnase est déjà blindé. En première mi-temps, ça commence à chauffer un peu entre eux. En début de seconde période, Stemberger lui met un coup involontaire dans la tête. Plus tard, il y a un temps-mort. Tout le monde se dirige vers les bancs. À ce moment, j’entends le public crier donc je me retourne. Ils sont en train de se battre. C’est énorme ! Une bagarre comme au hockey. Tout le monde va sur le terrain mais personne ne les sépare. Les joueurs du Cibona nous empêchent d’intervenir parce que Marshall a le dessus. Tant qu’ils sont debout, ils tapent. C’est seulement quand ils commencent à tomber par terre qu’ils finissent par se séparer. Il y a du sang partout !

Le pauvre Marshall… Il est américain et, en plus, il est black. En Croatie, ils ne sont pas racistes mais c’est limite. Le public lui jette des briquets, des Zippo, des pièces… Il y a au moins 60 policiers sur le terrain qui retiennent les supporters. Sinon, Marshall, il est mort. Il rentre finalement aux vestiaires. Mais là, au moins 100 supporters font le tour, cassent les vitres du vestiaire du Cibona et essayent d’entrer pour le tuer. Les flics sont obligés d’intervenir. À la fin du match, pour sortir, ils font venir des policiers en plus. Sans mentir, il y en a au moins 500 autour de lui. Le gymnase entier l’attend dehors. Les fans commencent à l’insulter, à chanter des chansons. Je ne sais pas ce qu’ils disent mais ça ne doit pas être bien gentil. Il se prend des briquets sur la tête. Tout le monde lui tape dessus. C’est vraiment chaud mais il réussit à s’en aller.

Finalement, le match s’est terminé à 4 contre 4. Je me suis fait virer pour être entré sur le terrain. De son côté, Stemberger a eu sept points de suture. Il s’est pris des bonnes droites de la part du Ricain. Toute la semaine, on l’a chambré : “ He’s a pussy, he’s a pussy. Mais bon, il t’a bien défoncé quand même. ” »

Propos recueillis par Jean-Philippe Chognot

 

Article publié dans le BasketNews du 19/02/2009, en page 22.

Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Basketball
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Vendredi 13 février 2009 5 13 /02 /Fév /2009 16:21

La Ligue Adriatique a placé deux représentants au Top 16 de l’Euroleague et trois au Last 16 de l’EuroCup. Malgré cela, elle est relativement méconnue en France. Coup de projecteur sur une compétition où la jeunesse triomphe.

Derrière la Liga ACB, quel championnat fournit le plus gros contingent de clubs aux Top 16 des coupes d’Europe ULEB cette saison ? L’Italie ? Non. La Grèce, la Russie ? Non plus. La palme revient à l’Adriatic League. Avec deux représentants au Top 16 de l’Euroleague – Cibona et Partizan – et trois au Last 16 de l’Eurocup – Étoile Rouge, Hemofarm et Zadar –, la ligue de la péninsule balkanique s’affirme comme l’une des compétitions les plus relevées du Vieux Continent. Elle reste pourtant méconnue en France par rapport à la Lega ou la Liga ACB.

Rien d’étonnant puisque la Ligue Adriatique est encore très jeune. Elle est née le 3 juillet 2001 à Ljubljana sur l’initiative de quatre pays : la Slovénie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine et une Yougoslavie en déclin. La région sort à peine de dix années de guerre et le projet semble ambitieux dans un climat toujours tendu. La compétition débutera dès l’automne 2001 avec douze équipes. Depuis, l’Adriatic League a changé de formule tous les ans. Cette saison, elle rassemble quatorze clubs, originaires de Serbie (5), de Croatie (4), de Slovénie (3), du Monténégro (1) et de Bosnie (1).

Si la ligue est un réel succès sur le plan sportif, elle garde quelques séquelles de la décennie de combats fratricides. « Il y a toujours une certaine rivalité entre Croates et Serbes du fait de la guerre », note Stephen Brun, qui a joué à Split (Croatie) en début de saison. « Quand des Croates vont jouer en Serbie ou l’inverse, il y a toujours cinq ou six fourgons de police qui encadrent l’équipe visiteuse pour éviter tout débordement. »

Les rivalités trouvent également leur écho sur le parquet à travers une intensité exacerbée que ce soit à l’entraînement ou les soirs de match. « En Croatie, j’ai connu les entraînements les plus durs de ma carrière », assure le Français. « C’est travail, travail, travail… Tous les jours, on s’entraîne deux heures le matin, deux heures le soir. Les coaches n’hésitent pas à forcer. »

 

Moyenne d’âge : 23 ans

Ils hésitent d’autant moins que les effectifs sont souvent très jeunes. Par exemple, le FMP Zeleznik, 8e de du championnat, affiche un moyenne d’âge de 20 ans (!). Plus généralement, celle de la ligue dépasse à peine les 23 ans. En comparaison, elle atteint les 25 printemps en Pro A. « Il y a des équipes serbes comme Hemofarm et Zeleznik où il n’y a que des joueurs de 20 à 23 ans formés au club », indique le Nancéien. « Les entraîneurs ne sont pas frileux : si un gars est bon, qu’il ait 18, 19 ou 20 ans, il joue. »

Jan Vesely (en haut à droite) en est le parfait exemple. À seulement 18 ans, l’ailier-fort tchèque du Partizan joue 15 minutes par match en Ligue Adriatique. Aucun Français de son âge ne peut en dire autant en Pro A actuellement. Responsabilisés très tôt, de nouveaux jeunes s’affirment tous les ans. Ces dernières années, ce furent en vrac Nikola Pekovic, Roko Ukic, Marko Tomas, Goran Dragic, Stanko Barac, Novica Velickovic, Mirza Begic (en bas à gauche) ou encore Milenko Tepic. Demain, les Boban Marjanovic, Milan Macvan, Dejan Musli et autres Vladimir Dasic assureront la relève.

Autre particularité de l’Adriatic League : elle est peuplée de joueurs surdimensionnés. « Tous les weekends, on joue contre des gabarits monstrueux. Dans chaque équipe, il y a au moins un pivot de 2,15 m/2,20 m. C’est énorme ! », lance Stephen Brun. Si elle ne manque pas de taille, la Ligue Adriatique n’est pas non plus dépourvue sur le plan technique. « Au niveau des fondamentaux, il n’y a pas mieux. Il y a plein de joueurs qui ne payent pas de mine mais qui connaissent parfaitement le jeu. »

Ce n’est pas surprenant, les Balkans étant une terre de basket. Là-bas, ce sport est un concurrent plus que sérieux du football dans le cœur des sportifs. Un paradis pour passionnés de la balle orange. « Il y a un sacré engouement. Les supporters sont vraiment fanatiques », assure Stephen Brun. « La plupart des matches sont retransmis sur les chaînes nationales. Il y a toujours trois ou quatre pages consacrées au basket dans les journaux. » Ça laisse rêveur…

Jean-Philippe Chognot

 

Article publié dans le BasketNews du 12/02/2009, en page 15.

 

Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Basketball
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Vendredi 13 février 2009 5 13 /02 /Fév /2009 16:14

Quel bilan tirez-vous de vos premiers matches au Top 16 de l’EuroChallenge ?

Il y a de quoi être optimiste puisqu’on est allé gagner nos deux premiers matches à l’extérieur (ndlr : à Bonn 68-71 et à Liège 70-80). Mes joueurs ont été patients et ont fait moins d’erreurs qu’avant. Par ailleurs, l’arrivée de Kevin Braswell nous a beaucoup aidés. Demain (interview réalisée lundi 9 février), on reçoit Den Bosch et ses six Américains. Ensuite, on joue chez nous encore deux fois d’affilée donc si on ne fait pas de bêtises, je pense qu’on va se qualifier pour les quarts de finales.

 

Comment abordez-vous la suite de la compétition ?

On veut se classer premier de notre poule pour rencontrer la Virtus (ndlr : Bologne) en quarts. Si on termine deuxième, on devra jouer contre Kiev qui est vraiment une équipe très compliquée avec ses dix millions d’euros de masse salariale. En tout cas, quelle que soit l’équipe en face, on essayera de la battre pour aller le plus loin possible. De toutes façons, toutes les équipes sont fortes à ce stade.

 

Le bon parcours en coupe d’Europe a-t-il favorisé votre retour en forme en Pro A ?

Bien sûr. L’EuroChallenge nous a aidés en nous obligeant à enchaîner les matches. Grâce à la coupe d’Europe, on a pu tourner la page très vite après nos défaites. Ça nous a permis de ne pas trop nous poser de questions. Et puis, c’est positif pour nos joueurs peu expérimentés de rencontrer des équipes étrangères qui pratiquent un jeu différent. L’EuroChallenge nous a vraiment mis sur une bonne dynamique.

Propos recueillis par Jean-Philippe Chognot

 

Article publié dans le BasketNews du 12/02/2009, en page 15.

Photo : Pascal Allée / Hot Sports

Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Basketball
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