Cette saison, Thomas Heurtel a su tirer partie de la débâcle
paloise pour exploser. Sous contrat avec l’Élan Béarnais, désormais en Pro B, le meneur de vingt ans hésite à activer sa clause de départ de 150.000 euros. L’enjeu : ne pas freiner une carrière
qui démarre en trombe.
Meilleur espoir, deuxième progression, deuxième meneur français... Pour sa première saison complète en Pro A, Thomas Heurtel a brillé. À vingt ans, le Palois a même obtenu trois votes dans la course au titre de MVP français du championnat. Un paysage idyllique terni par le parcours cataclysmique de l’Élan Béarnais, rétrogradé en Pro B. Ce bémol entache ses belles performances et pose une question : est-il capable de les rééditer au sein d’un club de niveau supérieur ? « Il est bon, qu’il soit dans une équipe qui joue les premières places ou une qui a fini dernière », répond Alain Weisz, l’entraîneur d’Hyères-Toulon. Erman Kunter, son homologue choletais, est plus réservé : « Je pense qu’il n’est pas prêt physiquement. »
Le coach turc met le doigt sur la principale réserve émise vis-à-vis de Thomas Heurtel. Celui-ci est bien conscient de cette faiblesse. « J’ai un physique encore jeune, inférieur à la Pro A », admet-il volontiers. « Il faut qu’il commence à travailler sa musculature, qu’il prenne un peu de volume », conseille Erman Kunter. « Pour l’instant, il est en retard. Il perd beaucoup trop d’énergie parce qu’il n’est pas assez costaud. »
Cette lacune se fait particulièrement sentir en défense. Cette saison, les adversaires de Pau ne se sont pas gênés pour exploiter ce manque. « Quand on les a joués, Shawnta Rogers a eu pour consigne de le jouer, de l’attaquer », indique Alain Weisz, le technicien toulonnais. « Il manque de jambes et de puissance musculaire et surtout, il faut qu’il acquière la mentalité défensive. On ne peut pas jouer au très haut niveau sans une défense décente. »
De l’autre côté du terrain, le natif de Béziers s’est montré bien plus convaincant. Ses statistiques parlent d’elles-mêmes : 10,0 points (47,5% aux tirs dont 38,6% à trois-points), 6,2 passes pour 12,0 d’évaluation. « Il est très talentueux », complimente Erman Kunter. « Il est capable de passer la balle, de créer pour les autres. » Heurtel est en effet le meilleur passeur français devant Laurent Sciarra. Seuls le Vichyssois Kareem Reid et le Chalonnais Zack Wright ont distribué plus de caviars cette saison.
Alain Weisz est dithyrambique à son sujet : « Il a été fabuleux contre nous. Au match aller, il a joué contre Pierre Pierce. Il l’a bouffé complètement. Au retour, il a fait une évaluation énorme (29, ndlr) contre Shawnta Rogers en marquant des points (18 unités, ndlr), en donnant douze passes décisives. »
« L’Espagne en tête »
Conscient des qualités de son meneur de jeu, Pau souhaite le conserver la saison prochaine dans l’antichambre. Le premier concerné n’a pas encore pris sa décision. Heurtel est encore lié à l’Élan Béarnais pour deux saisons mais dispose d’une clause libératoire de 150.000 euros. Deux solutions s’offrent à lui : rester à Pau en Pro B ou partir dans un club, français ou étranger, capable de payer son bon de sortie. « J’ai pas mal de contacts mais je prendrai ma décision d’ici la fin juin », indique le point guard.
« S’il était mon fils, je lui dirais de faire une année de plus à Pau », confie Alain Weisz. Le coach varois donne en exemples Matjaz Smodis et Dirk Nowitzki qui ont débuté dans des clubs « de niveau moyen » – respectivement Novo Mesto et Wurzburg – pour « prendre leur pleine mesure ». « Jouer contre des joueurs comme Jimmal Ball, Justin Ingram, Terry Williams ou Errick Craven, ce n’est pas une perte de temps », renchérit-il. Erman Kunter partage cet avis : « Passer une saison en Pro B peut l’aider à durcir son jeu et à gagner de l’expérience. »
Dernier avantage, à Pau, Thomas Heurtel serait le leader de l’équipe, situation qu’il ne retrouverait probablement pas dans l’immédiat en haut de tableau de Pro A. « Les grands clubs qui ont la possibilité de l’acheter ont-ils aujourd’hui du temps de jeu à lui proposer ? Je n’en suis pas persuadé », lâche Didier Gadou, président du club palois. Un présage qui ne refroidit pas Thomas Heurtel : « Ça ne me dérange pas du tout de jouer moins si je suis dans une équipe qui gagne. »
Le numéro 5 n’écarte pas non plus l’idée d’un départ à l’étranger. « Si un gros club italien ou espagnol me propose un bon projet, pourquoi pas. Ça ne me fait pas peur », salive-t-il. « Depuis toujours, Thomas a l’Espagne en tête », révèle Alain Weisz. De son côté, Erman Kunter met en garde contre un départ prématuré : « C’est beaucoup trop tôt. Il ne faut pas tenter un tel pari. C’est bien de découvrir un basket différent mais aujourd’hui, je ne pense pas qu’un club étranger lui donnera une place de titulaire. »
S’il ne traverse pas la frontière pyrénéenne dès cette année, son talent ne devrait pas tarder à affoler les radars ibériques. Thomas Heurtel semble en effet promis à un bel avenir. « C’est un futur joueur de très haut niveau, de niveau Euroleague », prophétise Alain Weisz, qui le qualifie de « petit prodige ». Erman Kunter abonde dans ce sens : « Il est talentueux. Parmi les joueurs nés en 1989 que j’ai vu jouer, il est le meilleur meneur. » Ne reste plus qu’à confirmer ce potentiel.
Jean-Philippe Chognot
Article publié dans le BasketNews du 28/05/2009, en page 18.
Photo : Hervé Bellenger / IS
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Le Final Eight de l’EuroCup débute aujourd’hui au Palasport de
Turin. Eliminé en demi-finale l’année dernière, le Dynamo Moscou nourrit de grandes ambitions cette saison. Derrière le favori moscovite, sept équipes feront tout pour déjouer les plans de David
Blatt. De l’intensité et du suspense en perspective.
Et si le Mondial 2010 ne se déroulait pas en Turquie… On n’en est pas encore là mais
cette hypothèse ne peut être écartée. En effet, le pays organisateur n’est pas dans les temps en ce qui concerne la construction des infrastructures prévues pour la compétition. Cette situation
inquiète la FIBA qui a lancé un ultimatum. La Turquie a jusqu’au mois de mai – et une réunion du Central Board de la Fédération internationale – pour rattraper son retard si elle ne veut
pas se voir retirée l’organisation du tournoi. « Il nous reste deux ou trois mois pour prendre une décision », prévient le secrétaire général de la FIBA, Patrick Baumann, sur
le site acb.com. « Ce serait impossible d’attendre plus. »
Quels joueurs seront alignés par Carlo Recalcati le 5 août prochain face aux
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azura. L’échéance est pourtant primordiale pour l’Italie – comme pour la France – pour ne pas disparaître de la « planète basket » pendant les deux prochaines années.
« J’ai assisté à une bagarre énorme à Split en début de saison, à domicile face
au Cibona. Toute la semaine avant le match, mon coéquipier Sinisa Stemberger, un arrière maigrichon au sang chaud, me disait : “ Rawle Marshall is a pussy ! Je vais lui mettre des coups !
” Le match arrive. Deux heures avant la rencontre, notre petit gymnase est déjà blindé. En première mi-temps, ça commence à chauffer un peu entre eux. En début de seconde période, Stemberger
lui met un coup involontaire dans la tête. Plus tard, il y a un temps-mort. Tout le monde se dirige vers les bancs. À ce moment, j’entends le public crier donc je me retourne. Ils sont en train
de se battre. C’est énorme ! Une bagarre comme au hockey. Tout le monde va sur le terrain mais personne ne les sépare. Les joueurs du Cibona nous empêchent d’intervenir parce que Marshall a le
dessus. Tant qu’ils sont debout, ils tapent. C’est seulement quand ils commencent à tomber par terre qu’ils finissent par se séparer. Il y a du sang partout !
La Ligue Adriatique a placé deux représentants au Top 16 de
l’Euroleague et trois au Last 16 de l’EuroCup. Malgré cela, elle est relativement méconnue en France. Coup de projecteur sur une compétition où la jeunesse triomphe.
Quel bilan tirez-vous de vos premiers matches au Top 16 de
l’EuroChallenge ?