Les centres commerciaux enregistrent sans cesse
des records d'affluence. Leurs affaires marchent à plein régime. Mais cette réussite semble être le baromètre du déclin des petits commerçants : plus il y a de monde dans les lieux d’achats de
masse, moins il y en a dans les rues des villes autour de Paris et en province. Un exode « banlieusard » a pris le relais de l’exode rural dans sa course effrénée vers les grandes villes. De plus
en plus de petites boutiques font faillite. Il y a fort à parier que sans la surenchère des grands magasins, il en serait autrement. Ceux-ci n’ont aucun scrupule quand il s’agit de baisser les
prix plus que de raison pendant leurs « promotions exceptionnelles », « huit jours en or » et autres « fins de séries ». Il est permis de se poser des questions sur l’aspect légal de telles
manœuvres. Sachant qu'en France, il est interdit de vendre des articles à perte, comment parviennent-ils à offrir à leurs clients des rabais qui atteignent parfois 80 % ? Soit ces magasins
réalisent des marges considérables à la vente initiale, soit ils vendent effectivement à perte. On a donc le choix entre une méthode légale mais répréhensible et une autre illégale et tout aussi
condamnable. Dans les deux cas, la conclusion est la même : les commerces de proximité subissent de plein fouet ce que l’on peut qualifier de concurrence déloyale. Xavier Bertrand, ministre du
travail, et Jean-Louis Borloo, ministre de l'emploi, tout deux en charge de ce dossier épineux, devront trouver une solution sans attendre pour rétablir un semblant d’équilibre.