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L’étang de Boutache, sur le territoire de Beuvardes, risque de se fermer et avec lui sa flore exceptionnelle. Une perspective que le Conservatoire des sites naturels de Picardie veut éviter.

« Autrefois, l’étang de Boutache s’étalait sur deux hectares et demi. Aujourd’hui, sa superficie est très réduite à cause de l’envasement », compare Adrien Messean, chargé d’étude scientifique au Conservatoire des sites naturels de Picardie. Partant de ce constat, l’organisation écologique a pour mission de redonner au plan d’eau son aspect initial.

Propriété du Raison ferré de France (RFF), le site va bientôt être rétrocédé à la municipalité de Beuvardes. C’est cette dernière qui a confié au Conservatoire la gestion du lieu.

« Notre travail consiste à analyser le plus finement possible la faune et la flore présente, d’évaluer les menaces qui pèsent sur elle et de mettre en œuvre des solutions pour les éviter », synthétise Adrien Messean.

Dans le cas du domaine de Boutache, l’enjeu est d’empêcher l’étang forestier de disparaître

totalement. Ce plan d’eau s’est formé il y a quelques centaines d’année par élévation du niveau d’eau grâce à une digue disposée sur le rû local. « À cette époque, une ferme se trouvait dans les environs. L’étang de Boutache servait probablement à abreuver le bétail », présume le scientifique.

 

Un coupable : le saule cendré

Avec le temps, l’étang s’est réduit comme peau de chagrin pour ne ressembler qu’à un petit marais. « Il atteint une profondeur maximale d’une quinzaine de centimètres », confirme l’employé du Conservatoire. Il ne faut pas chercher bien loin pour trouver le coupable. C’est le saule cendré qui grignote peu à peu la superficie de l’étang.

« Il se développe très bien dans les milieux humides comme celui-ci. La plante avance petit à petit sur les berges en créant de nouvelles racines, un peu à la manière des mandragores. C’est cela qui provoque la fermeture progressive du plan d’eau », explique Adrien Messean.

Pour remédier à ce problème, ce dernier a une solution : « Il faut d’abord que l’on débroussaille bien les lieux. Ensuite, on pourra peut-être permettre au bétail de revenir. Comme ça, dès qu’une pousse de saule cendré sortira de terre, elle sera mangée par les animaux. »

Des bénévoles s’occupent déjà de la première étape. Quelques-uns sont intervenus sur le domaine dans le cadre d’un « chantier nature » pour rendre un chemin praticable. « C’est en grade partie grâce aux bénévoles que nous arrivons à avancer », confie le scientifique.

Un redéploiement de l’étang de Boutache permettrait à la flore et à la faune locales de reprendre le dessus. « Beaucoup d’espèces ont disparu. Mais si l’endroit retrouve son état initial, celles-ci réapparaîtront automatiquement car leurs graines sont restées dans le sol », assure Adrien Messean.

Jean-Philippe Chognot

 

Le Conservatoire gère plus de 2.000 hectares

 

« La Picardie est l’une des plus petites régions de France en terme de superficie. Pourtant, le budget du Conservatoire des sites naturels de Picardie — 4,5 millions d’euros — est le plus élevé en France », se félicite Alain Suduca, vice-président et trésorier de l’organisation.

L’association (loi de 1901) a été créée il y a vingt ans. « À l’époque, elle ne se constituait que de ses deux fondateurs », rapporte l’écologiste.

Maintenant, le Conservatoire emploie quarante-sept salariés, techniciens et scientifiques, à temps plein et compte quelque six cents adhérents.

« Notre credo se résume en ces mots : ‘Connaître, protéger, gérer, valoriser’ », cite Alain Suduca. L’association écologique ne s’occupe que des zones de nature extraordinaire, c’est-à-dire non cultivées par l’homme.

« En Picardie, nous avons souvent affaire à des coteaux calcicoles. Ce sont des collines au sous-sol calcaire qui ont une végétation identique à celle du midi », confie le vice-président. Le Conservatoire gère une surface totale de plus de deux mille hectares, répartie sur quelque cent cinquante sites. L’Aisne en regroupe une soixantaine, dont une quinzaine dans l’Omois. Les partenaires financiers de l’association sont nombreux : « Nous travaillons avec l’État, l’Europe, les conseils généraux, la région, les agences de l’eau, les communautés de communes ou encore des particuliers, énumère Alain Suduca. Nous collaborons même avec l’armée à Sissonne. »

J.-P.C.

 

Article publié dans le journal l'union, édition de Soissons, du 27/08/2008, en tête de page 4.

Lifting…

Depuis l’arrivée de la nouvelle équipe municipale, beaucoup de monuments de mémoire ont été restaurés. Le dernier en date : la stèle Guynemer au Champ Cadet. Notre journal, né de la Résistance, ne peut qu’en être satisfait. Cependant, ces rénovations bienvenues ne doivent pas en faire oublier d’autres qui le seraient tout autant. La chaussée et les trottoirs, par exemple, mériteraient à coup sûr un petit lifting. Entre les trous dans la Grande rue, les accotements chaotiques ou inexistants et les déjections canines, un petit toilettage ne serait pas de trop…

 

Billet publié dans le journal l'union, édition de Soissons, du 25/08/2008, en tête de page 5.

Dans le canton de Fère-en-Tardenois, le tourisme rime souvent avec culture. Paul et Camille Claudel n’y sont pas étrangers. Découverte du Tardenois avec Claire Debout, de l’office de tourisme.

« Les gens pensent souvent que Paul et Camille Claudel sont nés dans la Marne ou ailleurs. Pourtant ils sont bien originaires du Tardenois », rectifie d’emblée Claire Debout, conseillère en séjour à l’office de tourisme de Fère-en- Tardenois. C’est peu dire que le frère et la sœur sont une fierté pour le canton. La plupart des activités touristiques proposée tournent autour d’eux.

 

Lecture de textes

Un circuit pédestre est organisé sur demande pour les groupes de plus de dix personnes. Celui-ci part de la halle de Fère. Il passe par Villeneuve-sur-Fère, ville de naissance de Paul Claudel, avant de rejoindre la hottée du diable.

« Ce parcours est très intéressant car il nous replonge dans l’ambiance du Tardenois à l’époque des Claudel. On se rend compte qu’elle n’est pas si différente de maintenant, confie

Claire Debout. Par ailleurs, je lis des textes de Paul Claudel aux touristes à plusieurs endroits de l’excursion. »

Un circuit de randonnée a également été balisé récemment pour les individuels. C’est une boucle de 6 kilomètres entre Villeneuve-sur-Fère et la hottée du diable. « Il retrace le chemin que parcouraient Paul et Camille Claudel dans leur enfance lorsqu’ils venaient dans la région en été », explique Claire Debout.

 

Une vie tumultueuse

Pour que les touristes puissent en connaître plus sur la vie des deux enfants du pays, la conseillère fait également visiter une salle d’exposition qui jouxte l’office de tourisme.

Les vacanciers y trouvent des ouvrages de Paul Claudel, des affiches pour visualiser l’œuvre de la sculptrice Camille Claudel, ou encore l’acte de naissance de cette dernière.

Claire Debout ouvre la salle d’exposition sur demande. « Dans ce cadre, je raconte aux amateurs la biographie des deux célébrités locales, ajoute-t-elle. Les gens apprécient beaucoup la vie tumultueuse et romantique de Camille Claudel. »

Mais le Tardenois ne se résume pas aux seuls Claudel. Il y a beaucoup d’autres lieux à découvrir. À commencer par les vestiges du château de Fère-en-Tardenois.

 

Château en libre accès

« Il est totalement gratuit et en libre d’accès toute l’année. Ce serait dommage de ne pas s’y rendre », sourit Claire Debout.

Enfin, les alentours de Fère proposent des possibilités pour les amateurs de détente. Le parc des Bruyères sur la route de Fismes est l’une d’elles.

« Il y a un plan d’eau et les gens peuvent pêcher, se promener, faire du vélo ou du cheval…C’est très agréable », décrit la conseillère.

Vous l’avez compris, le Tardenois recèle encore beaucoup de trésors pour tous les goûts et tous les âges. Alors n’hésitez pas à taper à la porte de l’office de tourisme.

Claire Debout se fera un plaisir de vous les révéler.

Jean-Philippe Chognot

 

Article publié dans le journal l'union, édition de Soissons, du 23/08/2008, en tête de page 6.

Cherihane Almi a un parcours atypique. Très impliquée dans le milieu associatif, cette enfant des Vaucrises n’a qu’un objectif : se lancer dans l’humanitaire en Inde. Rencontre.

L’associatif n’a plus de secret pour Cherihane Almi. La Castelle de vingt-deux ans, originaire du quartier des Vaucrises, s’est plongée très jeune dans ce milieu. Désormais, elle n’imagine plus sa vie en dehors de ce cadre. La tête pleine de projets, Cherihane compte se consacrer à l’humanitaire dans son pays de cœur : l’Inde. Découverte d’un parcours peu commun.

« J’ai fait mes tout premiers pas au sein de CinéVillage, l’association du cinéaste braslois Costa Macros, se souvient la jeune femme. J’étais encore à l’école primaire à l’époque. »

Dans ce cadre, la Castelle entreprend en 2004 un voyage en Grèce. « Avec Costa, nous étions allés filmer la préparation des Jeux Olympiques d’Athènes », se remémore-t-elle. Cette excursion révèle chez l’adolescente un goût démesuré pour la découverte.

Après le lycée, le globe-trotter en herbe poursuit ses études à Reims. Elle n’abandonne pas pour autant l’univers associatif et s’engage immédiatement au sein de l’Aserca (Association de solidarité des étudiants de Reims Champagne-Ardenne).

 

Un déclic en 2007

« Notre but était de récupérer de la nourriture pas encore périmée auprès des grandes surfaces et de la distribuer aux étudiants qui n’avaient pas de moyens », explique Cherihane. Cette première expérience dans l’humanitaire s’avère concluante et convainc la jeune Axonaise de continuer sur cette voie.

Elle poursuit son chemin en 2006 en rejoignant l’association brasloise Labba Labba de Grégory Tordjman. Celle-ci organise des concerts et des expositions pour récolter des dons. Cet argent permet de reboiser une partie du Burkina-Faso avec des moringa oleifera, plantes aux vertus exceptionnelles.

« Par manque de temps, je me suis un peu mise en retrait depuis un an, confie Cherihane. Je suis très prise par un autre projet : créer une association humanitaire en Inde. »

Pourquoi l’Inde ? La voyageuse a eu le déclic il y a tout juste un an. « Je me suis rendue à Pondichéry du 4 au 20 août 2007 avec l’association Volontariat. Cela a vraiment été une révélation », confesse-t-elle, une étincelle dans les yeux.

 

Les enfants des rues

Avec d’autres bénévoles, elle s’occupait des enfants des rues. « Leurs parents n’ont pas d’argent pour les envoyer à l’école. Ils les confient donc à Volontariat pendant la journée. Notre but était de leur offrir des animations et des sorties. »

Lorsqu’elle évoque son séjour, des tonnes de souvenirs affluent, tous aussi marquants. « Ce qui m’a le plus choquée, c’est de voir un soir des parents me supplier d’emmener leur fillette en France, raconte-t-elle, émue. Dans ces moments-là, tout semble si dérisoire. »

Depuis, Cherihane n’a qu’une seule idée : y retourner et venir en aide à ces familles démunies. « À moyen terme, je projette de créer une structure pour soutenir les femmes indiennes. Elles sont plus basses que terre et les tâches les plus difficiles leur reviennent », dénonce-t-elle.

Pour parvenir à ses fins, la Castelle va repartir en Inde le 29 septembre pour une durée de quatre mois et demi. Le début de nouvelles aventures…

Jean-Philippe Chognot

 

Article publié dans le journal l'union, édition de Soissons, du 22/08/2008, en tête de page 5.

Pavant, son église, ses rues, ses sentes, ses villageois et ses… potiches. Les promeneurs qui s’aventurent dans la commune sont accueillis par des personnages bien particuliers.

Chaque village a sa particularité : Saint-Martin d’Abbat (Loiret) est célèbre pour ses boîtes aux lettres personnalisées. Denens (Suisse) est réputé pour ses épouvantails originaux. Pavant gagne à être connu pour ses… potiches.

Depuis trois ans, ces petits personnages en pots de fleurs chamarrés envahissent la commune pour le grand bonheur des habitants et des touristes.

Frédéric et Michèle Héricourt ont eu l’idée d’importer ce concept dans le village. « Nous passions nos vacances en Lorraine. En nous promenant à Ville-sur-Yron (Meurthe-et-Moselle), nous avons croisé un pot joliment décoré. C’est alors que ma femme a eu envie d’en fabriquer un », raconte Frédéric Héricourt.

Cette première potiche représente une vache blanche à taches noires et se prénomme Marguerite. Depuis la naissance de cette pionnière, le phénomène a pris une ampleur inattendue à Pavant.

« Pour l’instant, une quarantaine de maisons ont déjà adopté une potiche. De plus en plus de villageois se montrent intéressés. Je pense que d’ici peu de temps, les potiches auront colonisé toute la ville », prédit Michèle Héricourt.

Cette dernière anime un atelier de confection de potiches au foyer rural de Pavant, les dimanches. « Les personnes qui désirent en fabriquer ou en commander une, viennent nous voir. Nous pouvons les aider pour la réalisation », explique-t-elle.

L’élaboration d’une potiche est tout un art. « On récupère ou on achète des pots de fleurs. On utilise de la peinture acrylique pour les colorer. On se sert parfois d’accessoires, comme des coquilles Saint-Jacques, pour fabriquer des personnages plus développés. Enfin, afin de protéger le tout de l’humidité, du froid ou de la chaleur, on recouvre l’assemblage de verni marin », détaille Michèle Héricourt.

Une fois la potiche fabriquée, son futur propriétaire signe un contrat d’adoption avec le foyer rural de Pavant. Il s’engage à positionner son nouvel « enfant adoptif » de telle façon qu’il soit visible de la rue, du 15 mai au 15 octobre. Il doit également le fleurir et le soigner.

Les promeneurs peuvent ainsi admirer d’agréables ornements. Le foyer rural du village a d’ailleurs créé un itinéraire de randonnée pour les découvrir tous : la promenade des potiches. Celui-ci est détaillé sur un dépliant disponible au foyer rural. En parcourant les sentes et autres artères de la commune, les marcheurs font un tour de la petite ville de 760 âmes à l’affût de la moindre potiche.

Le chinois Ming par-ci, l’ambassadrice Lucie Stavrou par-là, le corbeau et le renard cachés dans un massif, Roméo et Juliette perchés aux fenêtres de l’ancienne bâtisse du curé…

Le parcours est parsemé de rencontres éclectiques. « Ces décorations originales donnent une particularité, une identité supplémentaire au village qui possède déjà un patrimoine très riche », se réjouit Frédéric Héricourt.

Alors, n’hésitez pas à vous aventurer en ville, vos hôtes vous y attendent…

Jean-Philippe Chognot

 

Article publié dans le journal l'union, édition de Soissons, du 20/08/2008, en tête de page 8.

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  • : Book de Jean-Philippe Chognot, journaliste. Dans l'antiquité romaine, les Acta Diurna étaient placardés dans les lieux publics et permettaient au peuple de s'informer. Ce sont les ancêtres de nos médias contemporains. Bonne lecture.
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