Du 23 au 25 avril prochains aura lieu la deuxième édition du Congrès international de la Femme noire. Il devrait rassembler, au palais des Congrès de Paris, quelque
600 femmes du monde entier. L’objectif de l’événement est de mettre en valeur leurs compétences et de leur permettre d’exploiter au mieux leur potentiel par l’intermédiaire de réseaux
professionnels notamment.
Dans les années trente, le National council of negro women (NCNW) initiait les premiers rassemblements de femmes noires
dans une Amérique minée par la ségrégation raciale. Bien que le contexte soit maintenant tout autre, l’association de Patricia Faraut « Africa femmes performantes » marche sur les pas
de son illustre prédécesseur en organisant le Congrès international de la Femme noire, deuxième du nom. Il se
déroulera au palais des Congrès de Paris du 23 au 25 avril 2008. Cette manifestation, parrainée par l’esthéticienne mondialement reconnue Magdeleine Mondoloni, réunira des centaines de femmes
venant des quatre coins du monde pour des ateliers, des rencontres et des interventions thématiques. « L’objectif de l’opération est de valoriser des femmes qui sont leader dans leur
domaine d’activité et d’aider celles qui ont des projets et des compétences à développer », explique Patricia Faraut.
Pour assister les futures entrepreneuses, deux sessions de formation se tiendront le premier jour sur le thème des réseaux professionnels et de la recherche
d’investisseurs. « Le Congrès veut rendre les femmes opérationnelles pendant l’événement, développe l’organisatrice. Il faut qu’elles puissent
repartir avec un savoir-faire qu’elles n’avaient pas en arrivant. » Un savoir-faire, mais aussi des contacts. Ce sera pour les femmes présentes l’occasion
idéale de nouer des relations entre elles et de mettre en pratique leurs premières notions de « réseautage ». Pour ce faire, le congrès sera émaillé d’ateliers pratiques où les
participantes pourront dévoiler leurs aptitudes. « Des stands seront mis à leur disposition pour leur permettre de présenter des services ou des produits qui relèvent de leurs
compétences. » Plus théoriques, des conférences en sessions plénières sont également prévues autour du thème général « Le déclic
nécessaire ».
Une rencontre entre ministres et chefs d’entreprise
Une séance de travail entre des femmes noires ministres et chefs d’entreprise du monde entier constituera le véritable temps fort de l’événement.
« Elles se réuniront pour réfléchir aux politiques et actions à mener en faveur de la femme noire, annonce Patricia Faraut. Ce sont en grande partie
elles qui font tourner l’économie africaine et on ne doit pas dissocier l’économie de la politique. » Entre autres devraient participer à cette rencontre
Jeanne Françoise Leckomba, ministre congolais (Brazzaville) de la Promotion de la femme ; Angélique Ngoma,
son homologue gabonaise ; Haman Adama, ministre camerounais de l’Education ; ainsi que sa compatriote Ama Tutu Muna, ministre de la Culture.
Côté entrepreneurs, la Congolaise Aurélia Mendes Talamaku sera notamment
présente.
« Dans nos pays d’Afrique, l’homme bénéficie encore d’une longueur d’avance sur la femme au sein de la société, affirme-t-elle. Mes expériences dans
l’humanitaire et en tant que chef d’entreprise m’ont convaincue que les femmes africaines ont un grand rôle social, économique et politique à jouer. » Après
un parcours dans l’humanitaire, Aurélia Mendes a réussi à s’imposer en tant que chef d’entreprise. Au Congo-Brazzaville, elle est maintenant directrice de projets de la compagnie Trafigura &
Puma International, spécialisée dans le commerce du pétrole brut et de métaux notamment. Elle veut inciter les femmes africaines à s’impliquer davantage : « Nous devons être plus
nombreuses à revendiquer une place dans les parlements de nos pays, dans les postes à responsabilités,… afin de favoriser les initiatives amorcées sur le terrain. »
Après une première édition qui avait attiré entre 250 et 300 participantes, les organisateurs du Congrès international de la Femme noire espèrent faire venir environ 600 femmes cette année. Mais tous les acteurs ont déjà les yeux rivés sur l’édition
suivante. Elle se tiendra en effet pour la première fois sur le sol africain. C’est la République démocratique du
Congo (RDC) et sa capitale Kinshasa qui accueilleront l’événement. Patricia Faraut s’en réjouit d’avance : « Ce sera historique ! Les femmes africaines recevront
solennellement leurs sœurs descendantes d’esclaves qui sont parties vers les Caraïbes, les Etats-Unis et l’Amérique Latine il y a bien longtemps. »
Jean-Philippe Chognot
En savoir plus : www.congresinternationalfemmenoire.org
Pour Médias France Intercontinents : http://www.rfi.fr/fichiers/MFI/EconomieDeveloppement/2445.asp