Le 2e arrondissement
de Paris est un précurseur du bio. Au coeur de la capitale, toutes les cantines scolaires en servent depuis 2001. Globalement soutenue par les parents d'élèves, cette volonté du maire écologiste
Jacques Boutault provoque tout de même quelques critiques.
Jacques Boutault en a fait son cheval de bataille. Dès sa première élection en 2001, il a introduit des produits bios dans les cantines de son arrondissement. Désormais, 60 % des aliments servis aux élèves proviennent de l'agriculture biologique. Soit bien plus que la moyenne parisienne qui culmine à 12% :
Mille six cent cinquante repas sont préparés quotidiennement pour dix établissements, de la maternelle au collège. Exceptionnellement, la mairie s’occupe également des cantines de deux lycées professionnels.
Entre le personnel, l’entretien, les transports et la nourriture, chaque repas coûte 6,4 euros à la mairie d’arrondissement. La Ville de Paris prend en charge 50% de cette somme. Le reste est financé par les parents d’élèves. Ceux-ci payent entre 13 centimes et 5 euros selon leur situation financière. Le passage au bio n'a pas provoqué d'augmentation de prix. Pour ce faire, la composition des menus ont été repensés :
Les repas servis aux élèves sont concoctés dans le 18e arrondissement par Sogeres, un prestataire de services. La composition des menus est décidée lors de la commission des menus de la caisse des écoles. Des représentants des élèves y participent :
Dans leur majorité, les parents d'élèves approuvent l'initiative de Jacques Boutault. Cela ne les empêche pas d'y porter un regard critique. Marylise Yverneau, de la fédération FCPE, a deux
enfants scolarisés dans le deuxième arrondissement. Elle estime que, malgré le bio, les repas ne sont pas suffisamment bons sur le plan gustatif. La mère de famille s'appuie notamment sur un
sondage réalisé auprès des élèves de l'école Etienne-Marcel il y a un an :
Les griefs sont multiples. « Les plats végétariens sont très loin de faire l'unanimité » ; « il y a beaucoup de perte de saveur, beaucoup de choses qui
n'ont pas de goût »... Annie Vatré, également de la FCPE, abonde dans le même sens : « les quantités ne sont pas suffisantes pour les plus grands », « le plat unique ne
satisfait pas tout le monde »... Jacques Boutault admet que « les élèves ne mangeront jamais aussi bien à la cantine qu'à la maison ». Il répond ainsi aux parents d'élèves
:
Malgré la critique, la municipalité compte continuer sur la voie du bio. Le maire annonce deux objectifs principaux pour les prochaines années :
Jean-Philippe Chognot