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Glissades, dérapages, chutes... La neige a recouvert la Région parisienne ce matin avec son lot de petits tracas. Dans les rues de Levallois-Perret, les passants accueillent avec plus ou moins de chaleur cet envahisseur immaculé :

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Jean-Philippe Chognot
newsweek-hoax-global-warming-711317.jpgLes « climato-sceptiques » attirent les projecteurs depuis le début de la conférence de Copenhague. Ils accusent de manipulation le milieu scientifique. Cette théorie du complot est battue en brèche par des organisations vertes et scientifiques.
Les écologistes en sont convaincus. Les « climato-sceptiques » n’auront pas la peau de la conférence de Copenhague. Ces organisations, qui accusent le milieu scientifique de manipulation, ont semé le trouble à l’ouverture du sommet. A croire une majorité de scientifiques, leur théorie du complot a fait pschitt. « Ce n’était rien de plus qu’une diversion », minimise Mike Townsley, de Greenpeace. « Cette tentative désespérée des climato-sceptiques est tombée à plat », enchérit Jean-Pascal van Ypersele, vice-président du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat).
L’organisme scientifique, principale cible des conspirationnistes, contre-attaque. « Il faut se demander à qui profite le crime, s’interroge le dirigeant du Giec. Certains pays ont intérêt à faire capoter le sommet. » Dans le colimateur : l’Arabie Saoudite, qui a relancé la polémique lundi. « Si la conférence de Copenhague aboutissait à un accord ambitieux, les pays pétroliers pourraient perdre beaucoup d’argent. Ils ont donc tout intérêt à ralentir les choses. »
Pour les écologistes, l’affluence du sommet de Copenhague est la preuve de leur bonne foi. « Si nos thèses n’étaient pas fondées, la conférence ne réunirait pas autant de chefs d’Etats », assure Mike Townsley. Le Giec avance le même argument. « L’immense majorité des délégués présents considère la polémique comme une histoire sans intérêt », garantit Jean-Pascal van Ypersele.
Selon le Giec et les écologistes, la polémique n’hypothèque en rien les chances d’obtenir un accord ambitieux de réduction des gaz à effet de serre. Cependant, d’autres obstacles les préoccupent bien davantage. Pour Greenpeace, « le plus grand défi se situe désormais au niveau du courage politique des décideurs ».
Jean-Philippe Chognot
Entre grèves, heures de pointe et perturbations, les passagers des transports parisiens n’ont pas souvent l’occasion de sourire. Emmanuel, contrôleur du bonheur, se charge d’égayer leurs trajets.
« Contrôleur du bonheur ! Veuillez me présenter vos sourires s’il vous plait ! » Interpellés de la sorte, les usagers du RER B lancent des regards méfiants vers le nouveau venu. Cheveux mi-longs, barbiche et moustache, béret de titi parisien, veste en cuir noir, un petit mégaphone dans la main droite… L’allure et la malice d’Emmanuel détonnent au milieu des mines fermées des Franciliens de retour du travail. Dans la demi-heure qui vient, le quadragénaire se met au défi d’accrocher un sourire sur les lèvres de chaque voyageur.
Théâtral, lyrique, il parcourt avec agilité la rame bondée. L’orateur apostrophe, interpelle, traque le moindre fléchissement de babines. « Vous, là-bas, avec les écouteurs, vous avez un sourire lumineux, complimente-t-il, l’index pointé vers une mamie radieuse. L’EDF peut se faire du souci. Avec votre sourire, on risque de ne plus avoir besoin d’électricité. » À une étudiante : « Mademoiselle, vous avez un sourire de muse. Botticelli se lèverait dans sa tombe pour le peindre. »
Les tirades d’Emmanuel sont accueillies avec amusement. Seul un jeune homme hirsute, la mine patibulaire, refuse de se prêter au jeu. « Je ne vais quand même pas m’obliger à sourire pour vous faire plaisir », regimbe-t-il, en vissant des écouteurs dans ses oreilles. « Eh bien messieurs-dames, cette personne est atteinte de bougonnerie ou de sarkozite aigüe », diagnostique le contrôleur du bonheur, provoquant l’hilarité des passagers. Même le réfractaire peine à réprimer une contraction de ses zygomatiques.

Métier d’utilité publique
Le one-man-show de « Monsieur Sourire » est un hymne au bonheur. Une ode à la joie en prose. Il alterne anecdotes, traits d’humour, jeux de mots, effets de manche ou encore phrases célèbres. « Un sourire, ça ne coûte rien et ça fait tellement de bien, argumente-t-il avec conviction. Nicolas de Chamfort, un grand auteur français, disait : "Une journée sans sourire est une journée perdue." »
Si Emmanuel s’improvise humoriste ferroviaire, ce n’est pas uniquement pour moissonner les sourires. « Ça ne nourrit pas son homme », admet-il. Une fois son public conquis, l’amuseur fait un appel au don. Non sans originalité. « Le gouvernement a refusé de reconnaître les contrôleurs du bonheur comme un métier d’utilité publique, scande-t-il dans son mégaphone. Par conséquent, je ne refuse pas les dons. Argent, billets, grosses coupures, chèques, tickets restaurant, titres de transport, cigarettes… Si vous voulez donner quelque chose, levez la main. Mon chapeau volera jusqu’à vous. »
L’originalité de sa démarche distingue Emmanuel des nombreux quémandeurs que l’on croise au quotidien dans les transports parisiens. Le succès est au rendez-vous comme en témoigne la recette de sa quête. Autre preuve : les commentaires des spectateurs. « Merci, lâche l’un d’entre eux. Grâce à vous, je n’ai pas vu le temps passer. » Mission accomplie. Direction un autre RER à égayer.
Jean-Philippe Chognot
Seul manque le paraphe de Vaclav Klaus pour que le traité de Lisbonne entre en vigueur dans l'Union européenne. Mais le président tchèque refuse de promulguer le texte. Pierre Defraigne, ancien directeur de l’Institut français de relations internationales (IFRI) à Bruxelles, décrypte le blocage.

Le président tchèque Vaclav Klaus réclame une dérogation avant de signer le traité de Lisbonne. Comment interpréter cette requête ?
C’est une plaisanterie. On ne peut pas modifier un traité adopté par vingt-six États sans recommencer toute la procédure de ratifications. Par contre, le Conseil européen, qui se réunira le 29 octobre, peut prendre acte de la réserve tchèque. Mais ça n’aurait aucune valeur politique. Vaclav Klaus essaie, semble-t-il, d’obtenir des délais pour rendre possible un référendum au Royaume-Uni. En effet, David Cameron, qui va succéder au Premier ministre Gordon Brown d’ici juin 2010, a eu l’imprudence d’annoncer qu’il organiserait un référendum si le traité n’était pas ratifié dans tous les autres États. Mais ce sera difficile pour M. Klaus de tenir aussi longtemps parce que la pression sur la Tchéquie va grandir.

L’Union européenne peut-elle exercer des pressions sur la République tchèque ?
Ce n’est pas l’Union qui peut faire pression sur la Tchéquie mais les vingt-six autres États-membres. Concrètement, les ministres des Affaires Étrangères vont certainement harceler les Tchèques à toutes les occasions en disant : « Écoutez, ça ne va pas, vous perdez votre crédit, etc. » Ce genre de choses finit généralement par taper sur les nerfs du pays visé. Par ailleurs, tant que le traité de Lisbonne n’est pas promulgué, on pourrait décider d’appliquer celui de Nice à la lettre. Une clause permet d’abaisser le nombre de commissaires européens à vingt-six. On pourrait ainsi décider de retirer celui de la Tchéquie. Mais ça me paraît invraisemblable.

Vaclav Klaus va-t-il céder ?
Il trouvera certainement une astuce pour signer sans signer. Je ne sais pas comment il va s’y prendre mais ça va sûrement être quelque chose d’astucieux. Vaclav Klaus ne peut pas bloquer seul le traité parce que le parlement de son pays, ne l’oublions pas, l’a ratifié. La Cour constitutionnelle tchèque doit encore se prononcer sur certains aspects du texte. Quand elle aura rendu son verdict, qui sera sans doute positif, Vaclav Klaus signera. On sait que c’est plutôt une question de jours que de semaines. C’est quasiment fait.
Propos recueillis par Jean-Philippe Chognot
Le farsi est à la mode au sein des nouvelles générations d’Iraniens à Paris. Par quête d’identité ou pour gagner des points au bac, les adolescents et jeunes adultes de la diaspora persane retournent aux sources en apprenant la langue de Hafez*.

« Quand j’étais petite, papa me forçait à parler persan mais j’étais réticente. Maintenant, c’est moi qui essaye d’apprendre la langue par mes propres moyens, avec des livres. » À dix-neuf ans, Aryana, fille d’immigré iranien, redécouvre sa langue paternelle sur le tard. Elle a pris cette initiative pour « communiquer avec [sa] grand-mère » et « pouvoir participer aux conversations lors des réunions de famille ». Son témoignage n’est pas un cas isolé au sein de la diaspora persane à Paris.
Pour la sociologue Vida Nassehi-Behnam, spécialiste de l’immigration iranienne en France, l’exemple d’Aryana illustre une tendance récente mais répandue : « Les jeunes, qui ont aujourd’hui entre dix et vingt ans environ, commencent à apprendre la langue. C’est pour eux un retour vers la culture maternelle. » Chideh Hekmati, qui enseigne le farsi au lycée Molière (Paris XVIe) depuis trente ans, abonde dans son sens : « Les nouvelles générations sont de plus en plus sensibles à leur identité et à leur histoire. »
Cette quête identitaire est encore plus présente chez les enfants dont un seul parent est iranien. « Nous accueillons de nombreux enfants de couples mixtes dans nos cours de persan », témoigne Hamed Sadighi, du centre culturel iranien de Paris. Parfois, le conjoint français accompagne même sa progéniture. « J’ai parmi mes élèves un père et son fils qui ont décidé d’apprendre le farsi parce que la mère est iranienne », confirme Chideh Hekmati.
Les motivations peuvent également être plus intéressées. Par exemple, beaucoup de lycéens retournent vers la langue de leurs aïeux en vue du baccalauréat. « Ils prennent le persan comme première ou deuxième langue ou même en option. Ça peut leur rapporter beaucoup de points et permettre à certains de décrocher une mention », fait remarquer la pédagogue. L’école Saadi*, située dans le XVIIe arrondissement de la capitale, s’est fait une spécialité de préparer les candidats au bac.
Si de plus en plus de jeunes Parisiens parlent farsi, peu l’écrivent et le lisent. « Ceux-là sont vraiment minoritaires », assure Vida Nassehi-Behnam. « Il y a beaucoup de différences entre le parlé et l’écrit, explique Chideh Hekmati. Pour apprendre à écrire, il est indispensable d’étudier. » Maîtriser l’écriture persane et le persan littéraire peut prendre des années d’un apprentissage difficile. Mais comme le dit un proverbe persan : « Apprends ce qui te semble difficile : tout ce qui est difficile devient facile grâce à l'apprentissage. »
Jean-Philippe Chognot

* Saadi et Hafez sont deux poètes persans de la ville de Chiraz. Le premier vécut au XIIIe siècle et le second au XIVe.

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  • : Jean-Philippe Chognot
  • : Étudiant en journalisme au Celsa. Centres d'intérêt : politique, relations internationales, Histoire, musique classique, basketball...

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