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Basketball

Vendredi 28 novembre 2008 5 28 /11 /Nov /2008 12:54

Les basketteurs bordelais ont pris l’habitude d’évoluer dans l’ombre de leurs confrères footballeurs et rugbymen. À défaut de s’inverser, cette tendance pourrait bien s’atténuer cette saison avec les bons résultats des Jeunes de Saint-Augustin. « Grâce à notre très bon début de saison, de plus en plus de spectateurs rejoignent nos fidèles pour assister aux matches », note l’entraîneur Tommy Davis. « La salle affichait complet lors des trois derniers matches à domicile. »

Un regain d’intérêt dû à une entame de championnat en boulet de canon (10V-2D) qui a permis aux JSA de se percher au sommet de la Nationale 1 à égalité avec Fos et Lille. « On a bâti notre effectif en vue de jouer le top 5. Avec le cinq majeur dont on dispose, notre parcours n’est pas étonnant », relativise le coach. Mais la blessure de la recrue Camille Delhorbe lors de la préparation aurait pu tuer dans l’œuf cette belle épopée. « Quand il s’est blessé, c’était la panique. Heureusement, on a trouvé un joueur de qualité pour le remplacer : Sami Driss. Sinon, on n’aurait pas pu prétendre au haut de tableau », confie Tommy Davis.

Le technicien dispose en outre d’un atout primordial pour exister dans les joutes de la division : un Américain dominant. Repéré cet été par coach Davis lors du camp de Columbus (Ohio), Robert Strickland répond parfaitement aux attentes placées en lui. « Il correspond exactement au profil que je cherchais : il est à fond dès qu’il entre sur le terrain, il est malin et très complémentaire à l’intérieur avec (Joseph) Owona et (Aurélien) Caille », détaille avec enthousiasme l’entraîneur américain. Le nouveau venu affiche des statistiques alléchantes : 18,2 points, 5,9 rebonds pour 18,2 d’évaluation.

L’intérieur est épaulé par de solides joueurs français. Fabrice Périac, formé à Pau, est, selon son entraîneur, l’« un des meilleurs meneurs de Nationale 1 ». François Preira, l’ancien de l’équipe, est capable de gros coups de chaud comme lors de la dernière victoire à Saint-Chamond (25 pts, 10 rbds). De son côté, le jeune intérieur Aurélien Caille (20 ans) confirme cette saison les bonnes dispositions entrevues l’année dernière.

« Mon effectif n’est pas qu’une somme d’individualités », ajoute l’entraîneur aux dreadlocks. « Mes joueurs font preuve de beaucoup de solidarité. Tous essayent vraiment de jouer en équipe. » Un état d’esprit qui pourrait faire de l’outsider girondin un prétendant sérieux à la montée en Pro B.

Jean-Philippe Chognot

 

Article publié dans le BasketNews du 27/11/2008, en page 14.

Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Basketball
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Vendredi 28 novembre 2008 5 28 /11 /Nov /2008 12:01

« Je suis arrivé à Nancy à 17 ans. Les deux premières années, tout allait bien avec Olivier Veyrat comme coach. Mais Hervé Dubuisson est arrivé et il a fait venir Régis Racine. On était trois au poste de meneur : Régis Racine, Eric Cérase et moi et ça s’est très mal passé. C’était la guerre par médias interposés. J’ai failli quitter Nancy en mauvais termes mais en fin de compte, je suis resté. La saison suivante, le coach m’a fait confiance et j’ai terminé meilleur marqueur français de Pro A (15,2 pts en 2000/2001, ndlr) à 21 ans.

Après, il y a eu un enchaînement de mauvaises nouvelles. Je devais faire une summer league à Orlando mais je n’y suis jamais allé à cause d’Oussama Ben Laden. Ensuite, je devais aller à Villeurbanne, ça ne s’est pas fait. Puis j’avais signé un contrat de trois ans à Paris. Le problème, c’est qu’eux, ils ne l’avaient pas signé. En septembre, le club m’a appelé pour me dire qu’Erik Lehmann avait décidé d’engager Eric Micoud à ma place. Finalement, j’ai signé à Reggio Calabria. Sur mes sept premiers matches en Italie, j’étais un des meilleurs marqueurs de la Lega (15,1 pts, ndlr). Mais à l’époque, les clubs avaient le droit à dix Américains. Reggio a commencé à en prendre plein. Du coup, je ne jouais plus et je suis parti à Gravelines.

L’année suivante, je devais re-signer mais Trieste m’a contacté et j’y suis allé. Avec le recul, j’aurais peut-être dû rester au BCM. La saison s’est bien passée mais le club a eu des problèmes financiers et je me suis retrouvé sans travail. J’ai attendu, j’ai attendu… Finalement je suis retourné à Nancy comme pigiste. Ça s’est bien passé au début avant de se dégrader à la Semaine des As. Je me suis blessé à la cheville à l’entraînement la veille de la compétition. Au premier match contre Pau, je n’ai pas joué. Avant le second match, le kiné a dit que j’étais rétabli alors que j’avais encore mal. J’ai décidé de ne pas jouer. Après la défaite contre Dijon, le coach Sylvain Lautié a dit en conférence de presse que je ne voulais pas jouer alors qu’en fait, je ne pouvais pas. Je l’ai très mal pris et je suis parti.

Après une saison en Allemagne, j’ai signé à Brest. Une catastrophe ! Le club a changé quinze mille fois de joueurs. On a eu un nouveau coach et il m’a moins fait jouer. Il y a eu plein de conflits avec les joueurs américains, avec l’entraîneur… Ça s’est très mal passé. Je me sentais mal à l’aise pour mon pote Jimmy Vérove qui m’avait fait venir. La saison suivante, je suis retourné à Reggio pour trouver un peu de stabilité. Mais le club a eu des problèmes financiers. Il n’a pas payé les joueurs pendant six mois et il a déposé le bilan. Rebelote, de nouveau sans club. C’était vraiment la poisse.

Depuis cet épisode, l’année dernière, j’ai fait deux piges à Hyères-Toulon et, en ce moment, je fais une pige d’un mois à Bourg. Pour la suite, j’ai vraiment envie de rejouer en Pro A. J’en suis capable mais j’ai l’impression qu’en France, il y a un problème avec moi. Pour jouer, je dois peut-être m’exiler au Zaïre. »

Propos recueillis par Jean-Philippe Chognot

 

 

Article publié dans le BasketNews du 27/11/2008, en page 12.

Photo : Pascal Allée / Hot Sports

Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Basketball
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Vendredi 21 novembre 2008 5 21 /11 /Nov /2008 18:42

Samedi 20 h 10 au Sportica. Après sept minutes de jeu, Le Havre peine déjà à contenir l’armada Gravelinoise et accuse un déficit de six points (10-4). C’est le moment que choisit l’entraîneur du BCM, Christian Monschau, pour lancer Rashaun Freeman. Six minutes plus tard, l’intérieur américain est rappelé sur le banc. Bilan de cette courte apparition : 6 points, 6 rebonds, 1 contre et un avantage encore plus conséquent pour les locaux (22-11). La messe est dite, le STB est déjà KO.

Dans ce match, le pivot aura cumulé 12 points et 10 rebonds pour 24 d’évaluation en 17 minutes en sortie de banc. Même apport lors des matches précédents à Orléans, 16 d’éval en 23 minutes, et contre Besançon, 17 d’éval en 20 minutes, toujours en débutant le match en position assise. Vous avez dit rentable ? Le profil type pour prétendre au titre de meilleur 6e homme de la Pro A. Rien d’officiel évidemment. Contrairement à la NBA, la Ligue nationale de Basketball n’attribue pas cette récompense.

Au fond, un « meilleur 6e homme », c’est quoi ? C’est un joueur qui, au-delà des statistiques, apporte un plus décisif à son équipe sans être titulaire. Un joueur qui pourrait prétendre à une place dans le 5 majeur mais que le coach préfère garder en joker pour inverser une tendance ou saboter le moral de l’adversaire en cours de match. Un portrait-robot qui sied parfaitement à l’intérieur gravelinois. Mais pourquoi lui plus qu’un autre ?

Notre choix aurait également pu se porter sur Ali Traoré. Il a réalisé la meilleur performance d’un 6e homme cette saison : 33 d’évaluation en 32 minutes contre Gravelines. Problème : cette performance individuelle n’a pas permis à l’ASVEL de remporter le match.

Autre concurrent de taille : Ludovic Vaty. Lorsqu’il sort du banc, il tourne à 17,8 d’éval moyenne. Ce qui désavantage le jeune intérieur français, c’est que ses performances n’ont pas assez d’impact sur les résultats de Pau (0V-7D).

Le Nancéien Victor Samnick peut aussi prétendre à ce titre. Cette saison en Pro A, l’ailier-fort a débuté quatre matches sur le banc. Résultat : 15,5 d’évaluation moyenne et quatre victoires. Si nous lui préférons Rashaun Freeman, c’est parce que l’ex-Parisien a décroché une place de titulaire depuis deux rencontres.

Mention honorable également pour Rob Lewin (Strasbourg) et les vétérans Antwon Hoard (Besançon) et Laurent Sciarra (Orléans). Tous ont encore vingt-trois rencontres pour prouver qu’ils méritent plus que Rashaun Freeman le titre de meilleur 6e homme.

Jean-Philippe Chognot

 

 

Article publié dans le BasketNews du 20/11/2008, en page 14.

Photo : Pascal Allée / Hot Sports

Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Basketball
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Vendredi 21 novembre 2008 5 21 /11 /Nov /2008 18:29

Au club depuis dix-huit ans, Jean-Manuel Sousa a pris les rênes du STB Le Havre en Pro A cette saison. Responsable du centre de formation jusque-là, le technicien entraîne pour la première fois des professionnels. La découverte est rude.

« Au départ, je ne voulais pas venir au Havre. J’avais l’image des usines à l’entrée de la ville », raconte Jean-Manuel Sousa. « En fin de compte, ça fait bientôt dix-huit ans que je suis là et j’y suis très bien. » Désormais personnage emblématique du STB, le formateur a été promu entraîneur du club en Pro A cet été, succédant à Christian Monschau. Une suite logique dans son parcours.

Après des passages à Limoges – son club formateur –, Saint-Brieuc, Reims et Épinal, JMS amarre en 1991 aux Docks Océane, à l’âge de 26 ans. Le Saint-Thomas Basket est à l’époque en Nationale 2 (actuelle Pro B). Le natif d’Ovar, au Portugal, est alors un « poste 1 » organisateur redouté pour son adresse à longue distance. Il mènera le jeu havrais pendant dix saisons, participant en 2000 à la montée du club en Pro A. À la fin de la saison suivante, il met un terme à sa carrière de joueur mais ne fait pas ses valises pour autant.

À l’époque, le club a une équipe espoirs mais ne dispose pas d’un centre de formation. Les dirigeants lui proposent d’en créer un de toutes pièces. Mission que le jeune retraité, brevet d’état en poche, accepte avec plaisir : « Je voulais rendre ce que l’on m’avait donné quand j’étais jeune en entraînant à mon tour des jeunes. » Malgré un budget serré et une notoriété à construire, le centre de formation normand grandit petit à petit. Au fil des ans, il devient même une référence grâce notamment à l’éclosion de Ian Mahinmi. Sous les ordres de Jean-Manuel Sousa, les jeunes pousses atteignent le sommet de leur catégorie en remportant les deux derniers titres de champion de France Espoirs. La recette du succès est simple : « Beaucoup de travail, beaucoup de suivi, beaucoup d’attention envers les jeunes. »

 

Des débuts compliqués

Une méthode que le technicien doit adapter cette année à l’équipe professionnelle. À la fin du mois de mai, Christian Monschau, encore sous contrat avec le club, annonce son départ pour le BCM Gravelines-Dunkerque. Jean-Manuel Sousa prend sa suite. « Les dirigeants m’avaient déjà demandé si j’étais intéressé par le poste après les départs de Michel Gomez (en 2002, ndlr) et d’Eric Girard (en 2004, ndlr). J’avais refusé car je débutais dans le métier », rappelle le coach seinomarin. « Cette fois, j’ai accepté parce que je me sentais prêt à me lancer dans l’aventure. En fait, je n’ai pas vraiment eu le temps de réfléchir. J’ai signé à la fin juin et il a fallu tout de suite que je m’occupe du recrutement. »

Un recrutement qui va s’avérer problématique et provoquer un début de saison délicat sur l’estuaire de la Seine. Quinzième avec 1 victoire pour 8 défaites, les Havrais peinent à se remettre de cette entame ratée. « On n’était pas du tout prêt à attaquer le championnat. On n’a fini notre recrutement qu’au bout de la 3e journée », fait remarquer Jean-Manuel Sousa. « En plus, on a des problèmes de rendement avec nos Américains Kentrell Gransberry (coupé depuis, ndlr) et Brian Laing. »

Pour pallier ces déficiences, l’entraîneur havrais peut compter sur de jeunes joueurs qu’il a formés lui-même : Fabien Causeur, Romain Duport et Rudy Jomby. « C’est sûr que je les connais bien. Mais c’est une arme à double-tranchant parce qu’eux-aussi me connaissent bien », confie-t-il. « Avant que je signe, on avait des relations d’adulte à adulte et non d’entraîneur à entraîné. Il a donc fallu recadrer certains choses. » Une illustration parmi tant d’autres du fossé qui sépare l’univers professionnel de celui de la formation. « La différence fondamentale, c’est l’obligation de résultat », conclut-il. « En Espoirs, tu peux te permettre de perdre un match ; chez les pros, non. »

Jean-Philippe Chognot

 

 

Article publié dans le BasketNews du 20/11/2008, en page 14.

Photo : Pascal Allée / Hot Sports

Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Basketball
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Vendredi 14 novembre 2008 5 14 /11 /Nov /2008 18:17

La dernière fois que Vasil Evtimov avait revêtu la tunique du Levski Sofia, c’était il y a une vingtaine d’années. Vasco n’était alors qu’un enfant. En ce début de saison, c’est en quelques sortes le retour de l’enfant prodigue qui se joue au pied du mont Vitocha. À trente-et-un ans, le Franco-Bulgare a en effet rejoint les terres de sa jeunesse. Une pause régénératrice en attendant de retrouver un club de standing supérieur. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a vite retrouvé ses marques.

En un mois, l’ancien international tricolore est déjà parvenu à imposer son physique dans les raquettes bulgares. Jugez plutôt : 18,0 points à 75% et 8,7 rebonds en 23 minutes en championnat (3 matches) ; 19 points à 7/13 et 16 rebonds en 30 minutes lors de son premier match en Balkan League. De quoi retrouver un peu de leadership et de sensations après une saison mi-figue mi-raisin à Valladolid (5,3 pts et 6,1rbds), ponctuée par un descente en LEB Oro (2e division espagnole).

« Bien sûr, ici, le niveau est loin de celui des championnats d’Espagne, d’Italie ou de Grèce mais Vasco est incontestablement en grande forme. Il devrait retourner sur le circuit européen d’ici la fin de la saison », anticipe Vladi Lazarova, une journaliste locale. Peut-être d’ici les mois de décembre et janvier lorsque le marché sera plus ouvert.

En attendant, le globe-trotter – il a parcouru les parquets américains, français, grecs, italiens, russes, et slovènes – rappelle de glorieux souvenirs aux fans du BC Levski. Dans le passé, son père, Ilia Evtimov, fut une véritable légende du club et du basketball bulgare. Il endossa notamment le maillot national à deux cent cinquante reprises !

Ce retour au source a d’ailleurs été facilité par les bonnes relations qui lient Vasco au coach du Levski et directeur de l’équipe nationale, Titi Papazov. « Vasco Evtimov et Titi Papazov ont décidé de s’entraider », explique Vladi Lazarova. « Papazov permet à Vasco de rester en forme pendant qu’il aide l’équipe qui a un fort potentiel mais peu d’expérience. »

Jean-Philippe Chognot

 

 

Article publié dans le BasketNews du 13/11/2008, en page 14.

Photo : Pascal Allée / hot Sports

 

Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Basketball
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Vendredi 7 novembre 2008 5 07 /11 /Nov /2008 18:08

Jean-Pierre de Vincenzi, directeur technique national depuis 1997, quittera prochainement ses fonctions sur décision du ministère de la Jeunesse et des Sports. Le cas du président Mainini a également été évoqué.

Dans Le Parisien du 30 octobre dernier, Bertrand-Régis Louvet a annoncé que « Jean-Pierre de Vincenzi, directeur technique national (DTN) du basket depuis 2000, va se voir déplacé », ajoutant que « le ministère de la Jeunesse et des Sports souhaite faire en sorte que les DTN ne restent pas au-delà de huit ans dans la même fédération. » Nous avons contacté vendredi le secrétariat d’État aux Sports. Vincent Parra, conseiller presse et communication au cabinet de Bernard Laporte, nous a confirmé cette information : « Le DTN du basket quittera ses fonctions car le ministère veut renouveler les instances dirigeantes en limitant les mandats. »

Selon la brève parue dans Le Parisien, Jean-Pierre de Vincenzi payerait en réalité les mauvais résultats de l’équipe de France senior, notamment les deux non-qualifications consécutives pour les Jeux olympiques d’Athènes (2004) puis de Pékin (2008). « Pas du tout », dément vivement Vincent Parra. La décision concernant JPDV dépasse en effet sa seule personne. Trois autres DTN sont également concernés et devraient donc faire leurs valises sous peu : Patrick Cluzaud (cyclisme), Philippe Bouedo (taekwondo) et Jean-Claude Jacquetin (gymnastique).

Jean-Pierre de Vincenzi, le principal intéressé, affirme pourtant ne pas avoir été prévenu de sa destitution. « Très honnêtement, je ne sais pas ce qu’il en est. J’ignore quelle est l’intention du ministère et d’où sort cette information. J’ai l’impression que l’on jette une bouteille à la mer pour voir comme ça réagit », confie le DTN. « Tout cela est extrêmement flou. J’attends que le ministère se manifeste car ça fait bientôt huit mois que je n’ai pas pu joindre le cabinet. » Premier concerné, dernier averti.

De son côté, Yvan Mainini, président de la Fédération française de basketball (FFBB), qui partage le pouvoir de désignation du DTN avec le ministère n’a pas beaucoup plus d’éléments à sa disposition : « Je n’ai aucune information officieuse ou officielle à ce sujet. Pour le moment, je n’ai été contacté par personne. » Très remonté, « Dieu », comme on le surnomme à la FFBB, lance : « Si notre ami Bernard Laporte veut se battre avec le mouvement sportif, il a raison, c’est une bonne solution. »

 

Les présidents aussi visés

Car le ministre n’entend pas en rester là. Les présidents de fédération seraient également visés par la volonté du secrétariat d’Etat de rajeunir les dirigeants sportifs. Le quotidien sportif L’Équipe a indiqué dans son édition du 31 octobre qu’« un décret du Conseil d’État dont la publication interviendrait d’ici la fin de l’année devrait (leur) interdire d’effectuer plus de deux mandats d’affilée. » Selon le journaliste Patrick Issert, Yvan Mainini ne serait pas concerné à court terme : « Certains présidents sont en place depuis le début des années 1990 (le basketteur Yvan Mainini par exemple) et devraient prochainement postuler pour un cinquième mandat. Pas question de le (lui) interdire, mais désormais, le compteur tournera. » Informations également confirmées officieusement samedi par une source très proche du dossier du côté politique.

Si Yvan Mainini, favori à sa propre succession lors des élections fédérales qui auront lieu le 13 décembre prochain, n’est pas le premier visé, ceux qui prendront sa suite ne pourront pas rester en place plus de huit ans. Cinglant, l’actuel patron du basketball français tacle : « On parle de limiter les mandats des présidents pour donner, soit disant, un coup de jeune. J’ai l’impression que dans l’entourage de l’État, on a peut-être aussi besoin d’un peu de nettoyage de temps en temps. » Ambiance, ambiance…

Si elles se concrétisent, les mesures pourraient avoir l’effet d’une bombe dans le paysage fédéral, d’un « tsunami », selon L’Équipe. Des règnes comme ceux de Francis Luyce (Fédération de natation), Jacques Rey (gymnastique) ou encore Yvan Mainini, terminant tous trois leur quatrième mandat, devraient désormais appartenir au passé. Voilà qui sonne peut-être le glas des monopoles et des mainmises.

Jean-Philippe Chognot

 

 

Article publié dans le BasketNews du 06/11/2008, en page 4.

Photo : Pascal Allée / Hot Sports

Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Basketball
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Vendredi 31 octobre 2008 5 31 /10 /Oct /2008 16:47

-30 contre Nancy dimanche, -17 contre l’ASVEL et, plus grave, -13 à la maison contre Besançon et -11 au Havre. Deux jokers ont déjà été grillés (JamesOn Curry et Omar Thomas) et le pivot américain, Hiram Fuller, n’est que l’ombre de lui-même. L’Élan Béarnais Pau-Lacq-Orthez est en grand danger.

« On s’attendait à un début de saison compliqué mais pas à ce point-là », soupirait, dans une litote, Frédéric Moncade, avant la dérouillée reçue au Palais, dimanche, des mains du SLUC Nancy (59-89). Inexorable naufrage (-10 après un quart-temps, -18 à la mi-temps, etc.). Jamais l’écart n’a été aussi grand entre le nonuple champion de France et l’actuel détenteur du sceptre. Pas de quoi remonter le moral au meneur béarnais. La réalité est sans pitié : zéro victoire, quatre défaites, et la dernière place en compagnie de Vichy. Avec un déplacement à Roanne samedi prochain, puis la réception de Vichy, match le plus important du club depuis… depuis quand ?

Il y a seulement cinq ans, le Pau des Diaw, Lukovski, Julian et autres Piétrus avait terminé la saison 2002-2003 avec trois petites défaites au compteur. Il y a seulement deux ans, l’Élan atteignait le Top 16 de l’Euroleague et soulevait la Coupe de France. Cette ère est désormais révolue. « On souffre beaucoup de la comparaison avec le Pau de la grande époque », regrette Claude Bergeaud, directeur exécutif depuis l’été. « Cette saison, on est reparti d’une feuille blanche. » Et la page est toujours blanche.

Depuis l’entame du championnat, Pau-Lacq-Orthez développe un jeu d’une pauvreté jamais vue sur les bords du Gave. La défense est aux abonnés absents – 90 points encaissés en moyenne – tandis que, de l’autre côté du terrain, l’attaque manque cruellement de créativité et de collectif. « Au niveau offensif, on n’est pas assez patients sur certaines actions parce qu’on manque de liant et d’expérience. Défensivement, on doit régler une somme de détails. On accumule les petites erreurs qui font gonfler le score », précise Moncade le meneur formé au club.

L’une des explications de cette gabegie est incontestablement le manque d’impact des joueurs américains recrutés à l’intersaison. Ceux-ci semblent branchés sur courant alternatif, pour être indulgent, et surtout ne sont pas en mesure d’encadrer efficacement les jeunes pousses. Premier match contre Besançon, seul Omar Thomas surnage (20 points et 5 rebonds) alors que ses trois compatriotes – Josh Duncan, JamesOn Curry et Hiram Fuller – ne cumulent que 13 d’évaluation. Rencontre suivante à l’Astroballe, le contingent plafonne à 24. Face à ce constat, des changements s’imposent et c’est Curry (-1 d’éval moyenne !) qui en fait les frais au profit d’Andre Emmett. « JamesOn n’a jamais réussi à s’adapter à notre type de jeu », constate le direx. « C’est une déception car il devait être un de nos leaders. »

 

Fuller prochain coupé ?

L’arrivée d’Andre Emmett se fait immédiatement sentir au Havre et face à Nancy où il inscrit 28 puis 18 points. « Notre jeune équipe avait bien besoin d’un joueur expérimenté comme Emmett qui a déjà joué à rytas (Vilnius, ndlr) et en Belgique (à Liège, ndlr) où il a terminé top-scorer », note Moncade. Après la défaite aux Docks Océanes, Omar Thomas, pourtant pas le plus mauvais, fait à son tour ses valises. L’international iranien Samad Nikkhah, qui s’entraîne depuis deux semaines avec l’équipe, lui succède. « On s’est vite aperçu qu’Emmett et Thomas avaient le même profil et qu’ils auraient du mal à jouer ensemble », explique Claude Bergeaud. « On s’est alors orienté vers Samad, un joueur plus ‘‘basket’’ capable de mettre la balle à l’intérieur, de tirer extérieur… »

Ces deux arrivées n’ont pas empêché les Béarnais de subir la loi des Normands puis des Lorrains. « Le calendrier ne nous est pas favorable. On affronte coup sur coup deux équipes le niveau Euroleague, une qui la joue, Nancy, et une qui la jouait l’année dernière, Roanne », déplore Frédéric Moncade. La réception de Vichy, également fanny, s’apparentera donc déjà à un match de la mort.

 

L’éclaircie Heurtel

Si jamais les choses tournaient mal, un troisième Américain pourrait être mis sur la sellette : l’intérieur Hiram Fuller. L’ancien Bulldog de Fresno State n’a pas encore réussi à aboyer cette saison. Il est très loin de son niveau entrevu il y a deux ans à Pau : 13,4 points et 6,9 rebonds pour 15,7 d’évaluation à l’époque contre seulement 6,5 points, 5,0 rebonds et 2,5 balles perdues pour 6,2 d’évaluation cette saison. Pour l’instant, Fuller ne remplit pas le rôle de leader intérieur qui lui est dévolu. « Cette année, il a eu deux grosses douleurs familiales et il en est très perturbé », révèle Claude Bergeaud. Il ajoute : « Le coach travaille en ce moment pour qu’Hiram devienne efficace. Si le garçon n’y arrive pas, on envisagera de le couper. »

Le pivot US n’est toutefois pas le seul big man dans le collimateur. Son compère dans la raquette, Ludovic Vaty, ne montre également pas toute l’étendue de son potentiel. « Ludo a un peu la tête dans le seau. Il joue comme quelqu’un qui est en fin de carrière. Il est méconnaissable : pas d’énergie, pas de gaz », désespérait l’Ariégeois avant la réception du SLUC. Face au champion de France, Vaty a relevé la tête (14 points et 11 rebonds).  Performance à confirmer.

Autres déceptions : l’ex-Rémois Antoine Mendy et le jeune Portugais Fernando Raposo. L’ailier n’a jamais confirmé dans le Béarn ses performances marnaises. En ce début de saison, il souffre d’une grosse panne d’adresse (5/20 en quatre matches) et force souvent ses tirs. Son évaluation est éloquente : 1,0 en 15 minutes ! De son côté, l’intérieur de dix-neuf ans a bien du mal à concrétiser les promesses entrevues la saison passée, souvent handicapé qu’il est par les fautes (3,2 en 13 minutes). Mais, au fond, fallait-il attendre monts et merveilles de ces joueurs cette année ?

Seule éclaircie dans la grisaille paloise : Thomas Heurtel. Aperçu 38 minutes seulement sur les parquets de Pro A la saison passée, le jeune meneur assume parfaitement ses nouvelles responsabilités. À l’évaluation (12,5), le Montpelliérain est même l’un des meilleurs à son poste. Son culot, sa clairvoyance – 4,0 passes par rencontre – et sa sélection de tir – 58% de réussite dont 52% derrière l’arc – font merveille. Dans une moindre mesure, l’arrière novice Lamine Sambe parvient également à profiter du marasme béarnais pour se mettre en valeur bien que l’arrivée d’Andre Emmett ait sensiblement réduit son temps de jeu.

« Nos jeunes ont montré qu’ils ont de très belles capacités. Maintenant, il faut que les joueurs étrangers et de complément apportent de la stabilité pour leur permettre de se développer », préconise Frédéric Moncade. « On doit rester optimiste. On est encore très loin de notre niveau potentiel mais l’équipe est construite pour progresser au fil des matches. À nous de jouer beaucoup plus collectivement, de prendre de l’expérience. Les victoires suivront. » Plus facile à dire qu’à faire.

Jean-Philippe Chognot

 

 

Article publié dans le BasketNews du 30/10/2008, en page 6.

Photo : Pascal Allée / Hot Sports

Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Basketball
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Vendredi 24 octobre 2008 5 24 /10 /Oct /2008 16:38

« Quand le bateau coule, les rats quittent le navire », dit le proverbe. Le naufrage du champion lituanien en fournit une parfaite illustration. Depuis dix jours, les désertions s’enchaînent à un rythme plus que soutenu à tous les étages du club. Joueurs, dirigeants, staff… C’est le sauve-qui-peut.

Dernier départ en date, et non des moindres : le vétéran Marcus Brown. Le recordman de points dans l’histoire de l’Euroleague s’est envolé dimanche pour le Maccabi Tel-Aviv. Ce transfert permet au Zalgiris de faire d’une pierre deux coups : il se déleste de son plus gros salaire – environ 1,2 million de dollars la saison – tout en percevant une belle indemnité – la presse israélienne parle de 2 millions d’euros.

Deux jours plus tôt, le 17 octobre, l’entraîneur Rimantas Grigas et le club ont rompu à l’amiable le contrat qui les liait. Le technicien balte a été remplacé dans la foulée par son adjoint Gintaras Krapikas, ancien joueur du club et compagnon de chambrée d’Arvydas Sabonis à la grande époque.

Ce dernier, ainsi que la totalité du board du Zalgiris (neuf personnes) ont également déposé leur démission en début de semaine dernière. Au même moment, le manager général du club, Gediminas Navikauskas, a fait de même. Paulius Motiejunas lui a immédiatement succédé.

Sur le parquet, la situation n’est guère plus reluisante que dans les coulisses. C’est l’hécatombe chez les cadres de l’équipe. Le meneur Mantas Kalnietis n’est pas encore remis d’une blessure à la main gauche, Paulius Jankunas souffre toujours de sa cheville et, pour couronner le tout, le serbe Ratko Varda s’est blessé à l’épaule.

Les résultats s’en font évidemment ressentir. La semaine dernière, nous avions quitté le club sur deux défaites consécutives en Baltic League face à des clubs lettons (Valmiera et ASK Riga). La série a continué lors d’une troisième déroute chez les Barons de Riga avant de s’achever enfin à Ventspils après prolongation. Pas l’idéal avant d’affronter le grand Panathinaikos (le 22, hors délais de bouclage) en Euroleague.

Jean-Philippe Chognot



Article publié dans le BasketNews du 23/10/2008, en page 13.

Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Basketball
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Vendredi 17 octobre 2008 5 17 /10 /Oct /2008 17:11

Arvydas Sabonis nage en plein cauchemar. Depuis le début du mois, son club, le Zalgiris Kaunas, traverse la plus grave crise de son histoire. Jour après jour, les ennuis s’accumulent. La mauvaise nouvelle tombe le 7 octobre : le champion lituanien, déjà criblé de dettes, n’a toujours pas payé ses joueurs. Depuis des semaines, le club attend en vain une subvention de 1,4 million d’euros promise par la municipalité de Kaunas.

Dans le même temps, l’équipe, déstabilisée par cette situation, enchaîne deux défaites en ligue baltique face à des formations lettones. Loren Woods en vient même aux mains avec un adversaire, récoltant deux matches de suspension et une amende. Comme si cela ne suffisait pas, l’équipe déplore dans la foulée les blessures de ses cadres Paulius Jankunas, Mantas Kalnietis et Willie Deane. Pour couronner le tout, le meneur américain et ses compatriotes Marcus Brown et Loren Woods refusent de jouer tant que leur salaire n’est pas versé. Excédés, Deane et Brown annoncent leur intention de quitter le club par l’intermédiaire de leur agent Craig McKenzy. Ratko Varda, le quatrième étranger du Zalgiris, pourrait lui aussi avoir pris la décision de partir.

Face à la crise, Sabonis endosse en urgence son uniforme de pompier et tente de renflouer les caisses. En attendant un éventuel repreneur, il fait le tour des banques en quête de liquidités. La légende du basket balte fait même monter le dossier jusqu’au président lituanien lors d’un déjeuner le 10 octobre. À l’heure de boucler ces lignes, le vainqueur de l’Euroleague 1999 cherche encore un moyen de se sortir de la crise et survit tant bien que mal sous perfusion. Vers quoi se dirige-t-on ? Un retrait de l’Euroleague ? Une équipe 100% lituanienne ? Ou le recrutement d’étrangers au rabais pour faire le joint ?

Jean-Philippe Chognot



Article publié dans le BasketNews du 16/10/2008, en page 15.


Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Basketball
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Vendredi 17 octobre 2008 5 17 /10 /Oct /2008 15:53

Comme dit le proverbe : l’union fait la force. Les fédérations d’Europe de l’Est sont de plus en plus nombreuses à suivre ce précepte à la lettre. Pour preuve, deux nouvelles ligues font leur apparition cette saison : la « Balkan League » et celle « d’Europe de l’Est ».

La première est plutôt anecdotique. Elle a été fondée cet été par George Vassilakopoulos, le bouillant président de la fédération grecque et de la FIBA Europe. La « Balkan International Basketball League (BIBL) » regroupe des équipes serbes, grecques, macédoniennes, bulgares et roumaines de milieu de tableau. Le principe est de permettre à des clubs de seconde zone de participer à une compétition internationale. Cette Adriatic League du pauvre a débuté les 8 et 9 octobre.

De son côté, la ligue d’Europe de l’Est se veut nettement plus ambitieuse. Sergey Chernov, président du basketball russe, en est l’initiateur. À terme, elle vise à rassembler les meilleurs clubs russes, lituaniens, lettons, estoniens, polonais et ukrainiens. Pour commencer, elle se résumera, cette saison, à un tournoi expérimental, qui sera organisé du 20 au 22 décembre à Moscou. Il regroupera le CSKA, le Dynamo et le Khimki, le Zalgiris (ou ce qu’il en reste), Kiev et Mariupol, Sopot et Riga.

La ligue passera ensuite à la vitesse supérieure, la saison prochaine. Les huit équipes se rencontreront de nouveau lors de trois Final Eight à Kiev, Moscou et Kaunas. En 2012-2013, la ligue d’Europe de l’Est devrait se muer en championnat traditionnel suivi de playoffs. Seize équipes y prendront part. Voilà pour le plan. « La ligue d’Europe de l’Est n’a pas vocation à nuire aux championnats nationaux », a assuré Sergey Chernov dans la presse russe. « Son objectif est d’offrir une opposition plus solide aux meilleures équipes russes et d’être attractive pour les médias. » Des diffuseurs israéliens et d’Europe occidentale auraient déjà manifesté leur intérêt pour l’achat des droits de diffusion. Il est tout de même permis de s’interroger sur l’utilité d’une telle ligue sachant que l’élite balte s’affronte déjà au sein de la Baltic League.

Jean-Philippe Chognot

 

Article publié dans le BasketNews du 16/10/2008, en page 15.
Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Basketball
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