Depuis quelques semaines, l’Italie et la France accaparent les projecteurs. Derrière les deux favoris, quatre outsiders fourbissent leurs armes. Mais pour l’instant, aucun n’impressionne. Leurs préparations respectives font ressortir plus de doutes que de certitudes. Petit panorama.

 

Finlande : la grosse cote

Les nordiques sont le petit poucet de l’Additional Qualifying Round et ce ne sont pas les matches amicaux qui vont faire évoluer ce constat. En sept rencontres, les hommes d’Henrik Dettmann n’ont emporté que deux maigres victoires, contre l’Angola et les Pays-Bas. Pis encore, les Finlandais se sont agenouillés à deux reprises devant le Portugal, autre outsider du tournoi additionnel. Face aux Lusitaniens, ils n’ont pas atteint la barre des 60 points.

Mais c’est surtout en défense que le bât blesse. La Finlande a été incapable de contenir des adverses abordables, encaissant 81,3 points par match. Pour ne rien arranger, le meneur Teemu Rannikko s’est blessé à la main le week-end dernier.

Seules petites lueurs d’espoir : le retour du retraité Hanno Mottola, bien en jambe, et la montée en puissance du meneur Petteri Koponen, sevré cette saison à la Virtus Bologne. Ce dernier s’est mué en leader offensif (14,3 pts en préparation) au côté d’un Shawn Huff consistant à la marque et au rebond.

 

Belgique : préparation tronquée

« Une fois de plus, notre préparation a été perturbée », regrette Jacques Ledure, le manager de la sélection belge. Jusqu’à présent, le coach Eddy Casteels a dû se passer de l’intégralité de son secteur intérieur. Retenu par les Lakers, Didier Mbenga était attendu mercredi. Axel Hervelle s’est blessé lors d’un entraînement avec son préparateur physique personnel et devait revenir mardi. Christophe Beghin, touché au mollet, reprend ce week-end. Enfin, opéré au doigt, Tomas van den Spiegel reste incertain. « La situation n’est pas très encourageante aujourd’hui pour Tomas », lâche le manager.

Il est dur dans ces conditions de tirer quelque enseignement sur le niveau de l’équipe. Handicapés, les Belges ont été irréguliers au tournoi de Strasbourg le week-end dernier : vaillants mais trop justes face aux Tchèques (75-67), piétinés par les Bleus (82-44), et dominateurs face à de faibles Autrichiens (81-51). Pas de quoi rendre pessimiste Jacques Ledure : « Nous sommes persuadés de pouvoir réaliser une bonne campagne avec notre groupe au complet. »

 

Bosnie : en proie au doute

Mensur Bajramovic est face à un casse-tête. Le coach bosniaque doit monter une équipe compétitive malgré les désistements de la majorité de ses cadres – Mirza Teletovic, Jasmin Hukic, Goran Suton, Henry Domercant, J.R. Bremer… – et la non-qualification d’Emir Preldzic. Énième obstacle : le technicien ne dispose que de quatre matches amicaux pour forger un collectif, la faute à une fédération nationale exsangue financièrement.

Les rencontres de préparation n’ont pas calmé le pessimisme ambiant. Les Bosniaques ont dérapé à deux reprises contre de modestes Hongrois. Ils ont été balayés (60-87) lors de la première confrontation avant de se montrer plus combatifs le lendemain (85-91). « Nous n’avons pas été nous-mêmes. Tout est allé de travers pour nous », se lamentait coach Bajramovic après la double-opposition. Lundi, son équipe a perdu une troisième rencontre contre le Monténégro (58-73). Dans ce paysage de désolation, le soliste talentueux Nihad Djedovic a enfilé le costume de leader. Mais, pour l’instant, seuls Ivan Opacak et Kenan Bajramovic lui ont emboîté le pas, tant bien que mal.

 

Portugal : rebond d’Achille

Contrairement à leurs homologues bosniaques, les Portugais ne lésinent pas sur les matches amicaux. Au moment de notre bouclage, ils avaient déjà disputé neuf rencontres de préparation (5v-4d). L’occasion de se forger des certitudes et de cerner ses points faibles. Au rang des doutes, les Lusitaniens se font systématiquement dominer au rebond, par manque de taille. Samedi dernier face à la Nouvelle-Zélande (défaite 91-98), ils n’en ont gobés que 21, contre 36 pour les Tall Blacks. Face aux tours belges, cela ne pardonnera pas.

Coté satisfactions, la selecção a remporté deux victoires de prestige face à l’Angola (81-72) et au Brésil (95-71). Lors de ces deux sorties, les hommes de Moncho Lopez ont proposé un jeu collectif particulièrement huilé, autour de leurs deux leaders offensifs : l’ailier d’origine capverdienne Carlos Andrade et l’intérieur fuyant Joao Santos.

Jean-Philippe Chognot

 

Article publié dans le BasketNews du 30/07/2009, en page 13.

Parmi les joueurs français évoluant en Espagne, Stéphane Dumas est sans doute celui qui connaît le mieux la patrie de Cervantès. L’ex-Limougeaud y use ses sneakers depuis bientôt dix ans. À la reprise, il va redécouvrir la Liga ACB avec le club de Valladolid, sa ville d’adoption.

 

Tu vas retrouver l’ACB après quatre ans en LEB…

C’est une grande chance pour moi. J’ai déjà goûté à l’ACB il y a quelques années et je suis content de pouvoir y goûter de nouveau avec Valladolid. À bientôt 31 ans, c’est peut-être ma dernière opportunité de jouer au meilleur niveau en Europe, dans le meilleur championnat et contre de grandes équipes. C’est ce que tout le monde rêve de faire. Et puis, c’est une récompense de la saison qu’on a réalisée l’année dernière.

 

Comment as-tu vécu cette montée ?

C’était une saison parfaite ! Ça fait plaisir quand tu te sens important, que tu gagnes et que tu arrives à monter. L’équipe était super, on jouait bien au basket et toute la ville était derrière nous. Les joueurs y mettaient beaucoup de coeur donc ça a tout de suite plu, les gens ont accroché. Ils étaient nombreux à venir à la salle pour nous soutenir. En plus, j’ai réalisé ma meilleure saison sur le plan statistique depuis que je suis en Espagne (9,1 points à 48,3% au tir, 3,7 passes en 22 minutes, ndlr).

 

Quel est le niveau de la LEB ?

C’est une belle compétition. En haut de tableau, il y a des très grosses équipes qui ont beaucoup d’argent. Par exemple, Alicante, l’année dernière, c’était une équipe qui, avec deux ou trois retouches, pouvait être en ACB. L’année d’avant, à Saragosse, c’était impressionnant. Il y avait énormément d’argent. En bas de tableau, les clubs sont moins riches mais ils jouent quand même bien au basket. Ce n’est pas évident de les battre. La LEB est un championnat assez ouvert.

 

Elle a attiré beaucoup de Français (*) ces dernières années. Pourquoi ?

Le championnat est intéressant. On est bien payé et on est sûr de toucher son salaire. La vie en Espagne est agréable. Difficile de trouver beaucoup mieux. J’ai testé l’Italie (à Avellino en 2005, ndlr), j’ai fait 24 heures en Grèce… Je préfère rester dans une division inférieure et savoir que ma famille est bien, que je vais toucher mon argent, plutôt que de partir en mission n’importe où et de galérer toute l’année pour gagner trois cacahuètes de plus sans savoir si je vais les toucher. Et puis, ce que j’ai gagné cette année en Espagne, je le gagnerais en deux ans en France par exemple.

 

Après avoir beaucoup bougé, tu sembles te fixer à Valladolid…

C’est ma deuxième ville, ma deuxième maison. Ma femme est de Valladolid, mes deux filles sont nées et commencent à aller à l’école à Valladolid. Toute ma belle famille habite ici. Je connais pas mal de gens que j’avais rencontrés lors de mon premier passage (en 2002-03, ndlr). Pour moi, il n’y a pas mieux. En plus, le club est plutôt « familial ». S’il y a un problème, on peut en faire part au président ou au directeur général. Il y a une très, très bonne ambiance.

 

Comptes-tu revenir un jour en France en tant que joueur ?

Je ne sais pas. Cette année, pour la première fois, j’ai eu des offres concrètes en France. J’ai discuté sérieusement avec un club de Pro A qui était en playoffs ou à la porte des playoffs – je ne sais plus – tout en sachant que ma première option, c’était Valladolid. Ma priorité, ça a toujours été l’Espagne et je pense que ça le sera jusqu’à la fin de ma carrière C’est là que je me sens le mieux. Mais si, plus tard, j’ai du mal à trouver un job ici, peut-être que je serais tenté de revenir en France plutôt que de partir ailleurs.

 

Quel regard portes-tu sur la situation de l’équipe de France ?

Pour moi, la France a peut-être le plus gros potentiel en Europe, avec l’Espagne. À mon avis, il ne manque pas grand-chose pour que l’équipe de France décolle complètement comme le fait l’Espagne depuis trois ou quatre ans, avec une génération de joueurs qui a tout gagné. En France, il manque peut-être la volonté de jouer ensemble. En Espagne, que ce soit Pau Gasol, Juan Carlos Navarro ou les moins connus comme Alex Mumbru, ils vont en sélection pour s’éclater et surtout pour gagner. Quand je vois jouer les Français, je n’ai pas l’impression qu’ils s’éclatent sur le terrain.

 

Propos recueillis par Jean-Philippe Chognot

 

(*) Cette saison, Francis Koffi (La Palma), Carl Ona Embo (Rosalia), Bill Philips (Leche Rio) et Nouha Diakité (Illiesca) ont aussi foulé les parquets de LEB.

 

Article publié dans le BasketNews du 23/07/2009, en page 9.

Éliminé en demi-finale des playoffs par l’ASVEL, Nancy perd son titre. Un échec de plus dans la saison frustrante du SLUC. Pour sauver un exercice décevant et obtenir une place en Euroleague, les Lorrains tentent de remettre le ranking au goût du jour. Sans doute un des feuilletons de l’été.

« On avait déjà un pied à Bercy. » Lorsque John Cox donne dix points d’avance (56-46) au SLUC à sept minutes du buzzer du match d’appui, Jean-Luc Monschau et ses joueurs s’imaginent déjà en finale. Pendant plus de trois quart-temps, ils interprètent une partition sans fausse note, avant de déchanter. Sous l’impulsion d’Aymeric Jeanneau et de Laurent Foirest – 8 points en trois minutes pour « Lolo » –, l’ASVEL inflige un 16-0 au champion de France, le déchéant de son titre. Lors de la demi-finale retour, déjà, Nancy avait traversé un trou d’air similaire en fin de rencontre. Menant 46-45 à la 25e minute, les Nancéiens avaient encaissé un 24-4 rédhibitoire.

Deux scénarios inexplicables au regard du holdup réalisé à l’aller à l’Astroballe. « La mécanique s’est enrayée », regrette l’aîné des Monschau. « On a continué à prendre les tirs ouverts que l’on réussissait avant, mais ils ne sont plus rentrés. Chacun peut l’interpréter comme il veut. » Cette double défaillance dans le money time est symptomatique de la saison du SLUC. Durant l’exercice qui s’achève, les Lorrains ont souvent calé dans la dernière ligne droite, retombant dans les travers d’un jeu stéréotypé. En Euroleague, ils ont eu deux occasions d’accrocher le Top 16, en vain. La pole de la saison régulière a échappé aux couguars lors de l’ultime journée à Villeurbanne. La coupe de France s’est dérobée à l’issue d’une finale à sens unique face au Mans. De quoi laisser un « sentiment de frustration et d’inachevé » au président Christian Fra.

« Le vrai regret, c’est de ne pas avoir disputé tous les matches décisifs au complet », déplore Jean-Luc Monschau. « Au niveau des blessures, on a eu une poisse comparable à nul autre club. » Dernier pépin en date, une entorse qui a écarté Victor Samnick des parquets pendant les six dernières semaines de compétition. « Quand on voit l’impact qu’il avait avant de se blesser, son absence a été dramatique. Dans ce contexte-là, je pense vraiment que l’on a fait le maximum », relativise l’entraîneur alsacien.

« En plus, on a atteint l’un de nos objectifs prioritaires de la saison : la première place au ranking », ajoute-t-il. En écartant Roanne en quart de finale des playoffs, le SLUC s’est en effet assuré le leadership du ranking. Un non-événement ? Ce classement, qui prend en compte les performances des trois dernières saisons, offre théoriquement une place en Euroleague pour les trois prochaines saisons. Cependant, la future mouture de la compétition européenne, voulue par son président Jordi Bertomeu, condamne ce mode de qualification.

 

Cinq joueurs sous contrat

Les Nancéiens campent toutefois sur leurs positions. « On est qualifié en Euroleague. Le règlement est clair et quiconque voudrait le modifier tricherait », lance le technicien nancéien. Le règlement évoqué est celui de la Ligue Nationale de Basket. Il stipule qu’« une place sera attribuée au club qualifié pour trois ans sur la base du meilleur « ranking Euroleague » (…) » Cependant, la LNB a indiqué lundi à l’AFP que l’ASVEL, Orléans et Le Mans joueraient la compétition reine la saison prochaine.

« On se sent dépossédé de quelque chose qui nous appartient », s’offusque le président Fra. Très remonté, le dirigeant nancéien envisage d’intenter un procès à l’Euroleague rejoignant dans sa lutte « la ligue espagnole (ACB, ndlr) et certains clubs italiens et grecs ». « On utilisera tous les recours possibles mis à notre disposition », prévient Christian Fra, qui a d’ores et déjà fait appel à un avocat spécialisé dans le droit du sport.

En attendant le dénouement de cette affaire, le club nancéien s’attelle au recrutement. L’incertitude quant à la compétition européenne que jouera le SLUC pourrait être un handicap au moment de modeler l’effectif 2009-10. Le président Fra ne s’en formalise pas : « Ce n’est pas un problème puisqu’on s’apprête à constituer, comme tous les ans, la meilleure équipe possible. » Pas sûr toutefois que le SLUC ait la même force d’attraction s’il joue l’EuroCup, hypothèse la plus probable.

Au sein de la cuvée 2008-09, seuls cinq joueurs majeurs sont toujours sous contrat. Il s’agit des frères Greer, de Lamayn Wilson, de John Cox et de Steed Tchicamboud. Parmi eux, Wilson et Ricardo Greer disposent d’une clause de départ activable jusqu’au 30 juin. Tous les autres contrats arrivent à échéance. Quant au jeune néo-Français Saidou Njoya, auteur de bonnes séquences cette saison, il sera intégré au groupe pro. « Il aura un rôle plus important que ce qu’on peut imaginer dans notre effectif », assure JLM. « Ce garçon a vraiment des qualités et on le voit tous les jours à l’entraînement. »

Parmi les joueurs en fin de contrat, Christian Fra assurait en début de semaine dans L’Est républicain que Michel Morandais et Victor Samnick ne seraient plus nancéiens. Le président est depuis revenu sur ses propos : « Rien n’est gravé dans le marbre. Mon souhait est de garder mon personnel qui m’a donné satisfaction. » Une continuité également prônée par son entraîneur qui conclut : « On va essayer de garder une grande partie de ce groupe pour aller au bout de son potentiel, ce qu’on n’a pas pu faire cette saison. »

Jean-Philippe Chognot

 

Article publié dans le BasketNews du 18/06/2009, en page 10.

Cette saison, Thomas Heurtel a su tirer partie de la débâcle paloise pour exploser. Sous contrat avec l’Élan Béarnais, désormais en Pro B, le meneur de vingt ans hésite à activer sa clause de départ de 150.000 euros. L’enjeu : ne pas freiner une carrière qui démarre en trombe.

Meilleur espoir, deuxième progression, deuxième meneur français... Pour sa première saison complète en Pro A, Thomas Heurtel a brillé. À vingt ans, le Palois a même obtenu trois votes dans la course au titre de MVP français du championnat. Un paysage idyllique terni par le parcours cataclysmique de l’Élan Béarnais, rétrogradé en Pro B. Ce bémol entache ses belles performances et pose une question : est-il capable de les rééditer au sein d’un club de niveau supérieur ? « Il est bon, qu’il soit dans une équipe qui joue les premières places ou une qui a fini dernière », répond Alain Weisz, l’entraîneur d’Hyères-Toulon. Erman Kunter, son homologue choletais, est plus réservé : « Je pense qu’il n’est pas prêt physiquement. »

Le coach turc met le doigt sur la principale réserve émise vis-à-vis de Thomas Heurtel. Celui-ci est bien conscient de cette faiblesse. « J’ai un physique encore jeune, inférieur à la Pro A », admet-il volontiers. « Il faut qu’il commence à travailler sa musculature, qu’il prenne un peu de volume », conseille Erman Kunter. « Pour l’instant, il est en retard. Il perd beaucoup trop d’énergie parce qu’il n’est pas assez costaud. »

Cette lacune se fait particulièrement sentir en défense. Cette saison, les adversaires de Pau ne se sont pas gênés pour exploiter ce manque. « Quand on les a joués, Shawnta Rogers a eu pour consigne de le jouer, de l’attaquer », indique Alain Weisz, le technicien toulonnais. « Il manque de jambes et de puissance musculaire et surtout, il faut qu’il acquière la mentalité défensive. On ne peut pas jouer au très haut niveau sans une défense décente. »

De l’autre côté du terrain, le natif de Béziers s’est montré bien plus convaincant. Ses statistiques parlent d’elles-mêmes : 10,0 points (47,5% aux tirs dont 38,6% à trois-points), 6,2 passes pour 12,0 d’évaluation. « Il est très talentueux », complimente Erman Kunter. « Il est capable de passer la balle, de créer pour les autres. » Heurtel est en effet le meilleur passeur français devant Laurent Sciarra. Seuls le Vichyssois Kareem Reid et le Chalonnais Zack Wright ont distribué plus de caviars cette saison.

Alain Weisz est dithyrambique à son sujet : « Il a été fabuleux contre nous. Au match aller, il a joué contre Pierre Pierce. Il l’a bouffé complètement. Au retour, il a fait une évaluation énorme (29, ndlr) contre Shawnta Rogers en marquant des points (18 unités, ndlr), en donnant douze passes décisives. »


« L’Espagne en tête »

Conscient des qualités de son meneur de jeu, Pau souhaite le conserver la saison prochaine dans l’antichambre. Le premier concerné n’a pas encore pris sa décision. Heurtel est encore lié à l’Élan Béarnais pour deux saisons mais dispose d’une clause libératoire de 150.000 euros. Deux solutions s’offrent à lui : rester à Pau en Pro B ou partir dans un club, français ou étranger, capable de payer son bon de sortie. « J’ai pas mal de contacts mais je prendrai ma décision d’ici la fin juin », indique le point guard.

« S’il était mon fils, je lui dirais de faire une année de plus à Pau », confie Alain Weisz. Le coach varois donne en exemples Matjaz Smodis et Dirk Nowitzki qui ont débuté dans des clubs « de niveau moyen » – respectivement Novo Mesto et Wurzburg – pour « prendre leur pleine mesure ». « Jouer contre des joueurs comme Jimmal Ball, Justin Ingram, Terry Williams ou Errick Craven, ce n’est pas une perte de temps », renchérit-il. Erman Kunter partage cet avis : « Passer une saison en Pro B peut l’aider à durcir son jeu et à gagner de l’expérience. »

Dernier avantage, à Pau, Thomas Heurtel serait le leader de l’équipe, situation qu’il ne retrouverait probablement pas dans l’immédiat en haut de tableau de Pro A. « Les grands clubs qui ont la possibilité de l’acheter ont-ils aujourd’hui du temps de jeu à lui proposer ? Je n’en suis pas persuadé », lâche Didier Gadou, président du club palois. Un présage qui ne refroidit pas Thomas Heurtel : « Ça ne me dérange pas du tout de jouer moins si je suis dans une équipe qui gagne. »

Le numéro 5 n’écarte pas non plus l’idée d’un départ à l’étranger. « Si un gros club italien ou espagnol me propose un bon projet, pourquoi pas. Ça ne me fait pas peur », salive-t-il. « Depuis toujours, Thomas a l’Espagne en tête », révèle Alain Weisz. De son côté, Erman Kunter met en garde contre un départ prématuré : « C’est beaucoup trop tôt. Il ne faut pas tenter un tel pari. C’est bien de découvrir un basket différent mais aujourd’hui, je ne pense pas qu’un club étranger lui donnera une place de titulaire. »

S’il ne traverse pas la frontière pyrénéenne dès cette année, son talent ne devrait pas tarder à affoler les radars ibériques. Thomas Heurtel semble en effet promis à un bel avenir. « C’est un futur joueur de très haut niveau, de niveau Euroleague », prophétise Alain Weisz, qui le qualifie de « petit prodige ». Erman Kunter abonde dans ce sens : « Il est talentueux. Parmi les joueurs nés en 1989 que j’ai vu jouer, il est le meilleur meneur. » Ne reste plus qu’à confirmer ce potentiel.

Jean-Philippe Chognot


Article publié dans le BasketNews du 28/05/2009, en page 18.

Nicolas Sarkozy a soutenu le projet de collaboration entre collectivités franciliennes initié par le maire de la capitale. Le Grand Paris institutionnel est remis à plus tard.

Assis face au chef de l’Etat, Bertrand Delanoë buvait du petit lait. « Je souhaite voir réunis tous les élus dans une agora du Grand Paris en partant de ce que vous avez imaginé, monsieur le maire de Paris, cher Bertrand, avec Paris-Métropole. » En adoubant cet embryon de communauté urbaine lors de son discours sur le Grand Paris, Nicolas Sarkozy a offert une belle victoire politique au maire socialiste de la capitale. Contraint et forcé.

Pour Nicolas Sarkozy, il s’agissait d’éteindre définitivement l’incendie allumé début mars par Edouard Balladur et sa proposition de fusion de Paris et des trois départements de la petite couronne. Le projet avait ulcéré les élus locaux, y compris à droite. Signe de sa mauvaise humeur, le très sarkozyste président du conseil général des Hauts-de-Seine, Patrick Devedjian, avait annoncé dans la foulée son intention de rejoindre Paris-Métropole.

Les élus de la majorité pourront désormais adhérer sans crainte. « L’oracle nous a donné son blanc-seing », sourit Philippe Laurent, maire divers droite de Sceaux et l’un des cofondateurs du projet.

 

Un climat de confiance

Tout a commencé en 2001, lorsque Bertrand Delanoë a voulu casser le complexe de supériorité parisien et renouer le dialogue avec ses collègues de la petite couronne. « Il y avait beaucoup à se faire pardonner. Ces cinquante dernières années, Paris avait méprisé la banlieue et amené toute une série de nuisances », explique Philippe Laurent. Huit ans plus tard, l’organisation regroupe déjà 87 collectivités franciliennes sur les 174 susceptibles d’adhérer (région, départements, communes, etc.).

Neuf maires de droite se sont déjà laissé tenter. « C’était la première initiative à l’échelle francilienne, j’ai donc adhéré tout de suite et sans réserve », justifie Jean-Christophe Fromentin, maire de Neuilly-sur-Seine. « Pierre Mansat, l’adjoint de Delanoë chargé de Paris-Métropole, nous a mis dans un climat de confiance. Et nous sommes solidaires de l’agglomération. Si Paris se cassait la gueule, nous tomberions avec », renchérit Philippe Laurent.

Pour l’instant, Paris-Métropole est un simple syndicat d’études où les élus discutent de transports, de développement économique ou d’urbanisme. « C’est une structure d’échange et de réflexion, pas de gouvernance », précise Jean-Christophe Fromentin.

Mais le pouvoir de Paris-Métropole pourrait se renforcer, surtout après l’onction présidentielle. « Cela doit devenir une véritable intercommunalité puissante avec à sa tête des élus locaux », plaide Philippe Laurent.

 

Réunion début juin

Jamais une communauté de communes aussi grande n’a vu le jour en France. Mission impossible ? Pour Damien Christiany, spécialiste de l’intercommunalité, un tel mastodonte ne pourrait fonctionner qu’après un grand Yalta francilien où les élus s’entendraient sur le partage du pouvoir. Si l'on appliquait à la lettre la loi sur les communautés urbaines, « Paris disposerait d'un nombre de sièges disproportionné par rapport aux autres villes », met en garde l’expert.

Paris-Métropole n’en est pas encore là. En effet, le « syndicat mixte d’étude » n’est qu’un nouveau-né. L’organisation a obtenu le feu vert du préfet de Paris le jeudi 30 avril, au lendemain du discours présidentiel. Paris-Métropole doit désormais constituer son bureau et élire son président en assemblée générale. Cette réunion est prévue début juin à Clichy-sous-Bois.

Jean-Philippe Chognot

 

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