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Basketball

Dimanche 30 décembre 2007 7 30 /12 /Déc /2007 15:51

All-Star-Game-victoire-des-Francais-109388.jpg Nicolas Batum s’envole une dernière fois vers le panier et c’est tout Bercy qui chavire. La nouvelle pépite du basketball hexagonal vient d’assurer la victoire 94-82 de la sélection française sur celle des étrangers lors du 22e All Star Game de la ligue nationale. « On a répondu présent. On va pouvoir faire la fête maintenant », se réjouit-il. Voilà qui redonne un peu de fierté à la jeune garde tricolore après deux années de disette.

Mais le résultat n’est finalement qu’anecdotique à côté du spectacle donné par les différents acteurs de la soirée. « Ce soir tout le monde doit prendre beaucoup de plaisir, que ce soit les joueurs ou les spectateurs. », annonçait avant le match Yves Baratet, coach des vainqueurs. Et Jean-Luc Monschau, l’entraîneur vaincu, d’ajouter : « L’enjeu est de présenter un spectacle au public. »

Sur ce point, la soirée du 29 décembre a été réussie avec l’indéboulonnable George Eddy en maître de cérémonie. Cela avait démarré sous les meilleurs auspices avec le concours de meneurs remporté par le tenant du titre Jimmal Ball. C’est sous les hourras des quelque 15 000 spectateurs – dont le champion de taekwondo Pascal Gentil, l’athlète Ladji Doucouré et Tony Parker Sr. – que le Vichyssois convertit son ultime tir du milieu du terrain. Il prend ainsi le meilleur sur son adversaire villeurbannais Aymeric Jeanneau.

Autre Villeurbannais vaincu en finale d’un concours : l’international Yohann Sangaré. Lors de la compétition de tirs longue distance, il est surclassé par son concurrent palois Cédric Ferchaud. Celui-ci réalise une dernière série phénoménale en convertissant 18 de ses 25 tirs et provoque l’ovation du public.

 

Le triomphe de la jeunesse

Mais le clou du spectacle est comme chaque année le fameux concours de dunk, le plus spectaculaire dans le monde. Guy Dupuis, le jeune tenant du titre, et Max Kouguere, son challenger congolais, se sont livré un duel de très haute volée sous les yeux du maître de la discipline, Kadour Ziani. C’est finalement le deuxième qui remporte la mise à l’applaudimètre, grâce à la pointe d’innovation qu’il a su apporter à la compétition.

En fil rouge de cette soirée, le match des étoiles – entre les meilleurs Français et les meilleurs étrangers du championnat – a tenu le public en haleine. Truffé d’imprécision en première mi-temps, le jeu s’est éclairci au retour des vestiaires avec notamment des dunks et des contres en haute altitude. Les tricolores prennent finalement l’avantage, emmené par un Nando de Colo en état de grâce. Il sera d’ailleurs élu MVP (Most valuable player) – meilleur joueur – du match par un parterre de journaliste.

Les Français triomphent des étrangers, une fois n’est pas coutume, grâce aux jeunes – Batum (19 ans), De Colo (20), Pellin (20). Ils contredisent leur ainé Aymeric Jeanneau qui ironisait avant le coup d’envoi : « Nous, les Français, on est trop fair-play. On laisse trop les Américains gagner. » Peu habitués à la défaite, ceux-ci en ont perdu le leur comme en témoigne l’excuse de Jimmal Ball : « Jouer un match après neuf heures d’avion, c’est difficile. »

Jean-Philippe Chognot

Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Basketball
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Jeudi 29 novembre 2007 4 29 /11 /Nov /2007 19:54

Vincent2.JPG

Le basketball est sa passion et la nature lui permet d’en faire son métier. Vincent Coutin vit à fond son sport et se donne les moyens d’arriver au sommet. Tranche de vie « king size ».

Reims, complexe René-Tys, 22 heures. Une grande silhouette quitte les vestiaires des locaux et se dirige vers sa voiture d’un pas assuré. Il s’agit de Vincent Coutin, joueur d’avenir du Reims Champagne Basket. Une fois n’est pas coutume, son équipe a gagné sans frayeur face à Aix-Maurienne. Petit rayon de soleil dans ce début de saison bien morne. Le jeune basketteur ne cache pas son soulagement.

« On a enchaîné les défaites. Ca commençait à être dur dans les têtes. On jouait très mal et on ne défendait pas du tout. C’était d’une laideur !!! » Tout juste relégué en Pro B, le club marnais est déjà dans les bas-fonds du classement de l’antichambre. Un mal pour un bien puisque les mauvais résultats de l’équipe lui permettent de se faire une petite place dans la rotation.

Ainsi, le 9 novembre, contre Boulazac, Vincent Coutin marque ses deux premiers points en championnat. « Laurent (Gaudré, le directeur général, ndlr) m’a fait entrer en jeu en fin de premier quart-temps. J’ai tout de suite pris un rebond défensif. Sur l’action suivante, je marquais mon premier panier. Tout s’est passé très vite. » Une performance qui en appelle bien d’autre.

 

Une vie XXXL

« Il m’étonne. Il arrive à résoudre les problèmes que lui posent les adversaires, par petites séquences, dit de lui Laurent Gaudré. C’est un garçon très déficitaire dans la lutte dessous, mais il sera adroit. » Prévision prometteuse pour ce natif de la région parisienne. S’il n’est pas encore très étoffé physiquement, il possède un petit avantage de taille sur beaucoup de ses vis-à-vis.

D’ailleurs, du haut de ses 2m07, Vincent voit l’existence différemment par rapport à la plupart de ses congénères. Pour cause, la vie quotidienne est loin d’être adaptée aux personnes de très grandes dimensions. Mais le jeune homme de 19 ans s’y fait bien. Par exemple, c’est instinctivement qu’il baisse la tête pour passer les portes. « Ca fait longtemps que je n’y fais plus attention. C’est devenu une habitude. »

Vêtements XXXL, chaussures pointure 50, rations de nourriture à son échelle, Renault Scénic… Même l’immeuble où il loge, en périphérie de la ville, semble dans ses proportions. Un ami parisien raconte : « La dernière fois que je lui ai rendu visite, il sortait de l’entrainement. Dans l’ascenseur de son immeuble, on était avec deux de ses coéquipiers. Un instant, j’ai eu peur que l’ascenseur ne se bloque. ».

 

Une vraie passion

Cette anecdote n’est qu’une histoire parmi des centaines d’autres. Mais Vincent Coutin ne s’en plaint pas. En plus d’une vision panoramique appréciable, son physique hors-norme lui offre de vivre à fond son sport de prédilection. Car, plus qu’un métier, le basketball représente pour lui une véritable passion. En réalité, pas un jour ne passe déconnecté de la « planète basket ».

« Comme disent les ricains (sic), I love this game !!! » Une fois les entrainements terminés, Vince, comme on le surnomme, ne quitte toujours pas l’univers de la « balle au panier ». Après une douche réparatrice bien méritée, le géant se plonge tranquillement dans la lecture de son magazine préféré : BasketNews. Un jour sans doute, il pourra y lire les récits de ses exploits, qui sait ?

Jean-Philippe Chognot

* « J’adore ce jeu. » C’est la devise des passionnés de basket.

 

Vincent en 5 dates :

14 mars 1988 : naissance à Saint-Cloud (92).

Septembre 2003 : entrée en « sport et études » au Lycée Marie-Curie de Sceaux, (92).

Août 2005 : signature au Reims Champagne Basket.

Eté 2007 : préparation avec l’équipe de France -20 ans.

9 novembre 2007 : premiers points en professionnel.

 

Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Basketball
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Vendredi 5 octobre 2007 5 05 /10 /Oct /2007 19:53

JMac-President-Bush.jpg Probablement pas. Pourtant, cet adolescent avait ému la planète entière, voilà un an et demi, en réalisant une performance hors du commun. Cela ne vous revient pas ? Petit flash back.

Nous sommes le 16 février 2006, en soirée, en banlieue newyorkaise. Dans le gymnase du lycée de Greece Athena, l’équipe receveuse accueille les Rangers du lycée Spencersport pour son dernier match à domicile de la saison. A la 36e minute de jeu, le coach des locaux, Jim Johnson, profite de l’avance confortable de son équipe pour lancer son douzième homme dans l’arène.

Une grande première pour l’intéressé. Et pour cause, il est autiste et n’a pas le talent de ses coéquipiers. L’entraîneur tient à lui montrer sa gratitude en lui offrant de jouer les dernières minutes de la rencontre. Le jeune homme de 19 ans entre donc sur le parquet sous les hourras du public. C’est alors que Jason sort de sa boite tel un beau diable. En quatre minutes, J-Mac met la salle en ébullition en enchaînant les paniers à trois points et atteint les 20 points marqués. autism.jpg

  Quand retentit le buzzer qui annonce la fin du match, le jeune autiste est porté en triomphe par ses partenaires entourés par une foule aux anges. La scène est filmée et photographiée par des témoins de ce moment magique et les images font alors le tour du monde. Emu par un tel dénouement, le président George W. Bush aurait même essuyé quelques larmes en visionnant la cassette de ses exploits.

 

Un film en cours de réalisation

S’en suit toute une série d’honneurs pour ce héros d’un soir. Rencontres présidentielles, émissions de télévision, récompenses multiples et variées – dont le « meilleur moment de sport » décerné par la chaîne ESPN –, accords avec les studios Columbia Pictures pour réaliser le film de sa vie, … Alvin Sargent, lauréat de deux oscars, écrit actuellement le script de ce dernier projet.

Mais alors, que fait cette jeune star maintenant ? Son heure de gloire l’a-t-elle mené dans les couloirs d’Hollywood ? Est-il devenu une de ces vedettes richissimes du basket ? Non, rien de tout ça. Jason McElwain est revenu à une vie paisible loin du star-system. Il travaille pour une grande chaîne de supermarchés. Entre deux encaissements, il se remémore sûrement souvent son heure de gloire, ces quelques instants de rêve que seuls les Etats-Unis savent nous servir et qui constituent les dernières fragrances du rêve américain.

Jean-Philippe Chognot

Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Basketball
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Vendredi 29 juin 2007 5 29 /06 /Juin /2007 12:51

Joahkim-627-070628.jpg Dans la nuit du 28 au 29 juin a eu lieu l’édition 2007 de la draft NBA. Comme chaque année, elle s’est déroulé au mythique Madison Square Garden, l’antre des New York Knickerbockers. L’occasion pour les équipes de rafraîchir leurs rangs avec une des fournées les plus denses de l’histoire de la NBA.

« Avec le neuvième choix dans la draft NBA 2007, les Chicago Bulls sélectionnent Joakim Noah de l’université de Florida. » A l’appel de son nom par le commissionnaire David Stern, Joakim Noah exulte et tombe dans les bras de sa mère Cécilia Rhode (Miss Suède 1978) et de son grand-père venu spécialement du Cameroun Zacchari Noah. « C’est une joie différente que les deux titres de champion universitaire parce que là, cela ne dépend pas de moi, a affirmé le jeune new-yorkais. Je viens de vivre l’heure la plus longue de ma vie. »

En effet, le fils de Yannick Noah a dû patienter avant d’entendre son nom. Avant lui, il a vu monter sur l’estrade ses deux ex-coéquipiers des Florida Gators : Al Horford en troisième position coiffé de la casquette des Atlanta Hawks et Corey Brewer au septième rang chez les Minnesota Timberwolves. Ce trio magique qui a fait le bonheur de la faculté de Gainesville entre dans l’histoire de la NBA : c’est la première fois que trois joueurs d’une même université sont sélectionnés dans les dix premiers.

Finalement il n’y a eu que très peu de surprises. Les deux premiers choix étaient annoncés de longue date par toutes les prévisions de draft. Les deux superstars Greg Oden et Kevin Durant ont été respectivement choisies par Portland et Seattle en première et deuxième positions. Ces deux joueurs de 19 ans sont promis à un très grand avenir dans la « grande ligue » dans des styles diamétralement opposés. Greg Oden est un gabarit hors normes muni de capacités défensives de très haut niveau tandis que Kevin Durant est un talent offensif à l’état pur amené à dominé la NBA au scoring dans un futur proche.

 

Gros contingent international

« Le travail acharné bat le talent quand le talent oublie de s’acharner au travail. » Voilà la citation favorite du jeune natif du Maryland. De labeur Seattle en aura énormément besoin. Car cette draft ne résout pas tous les problèmes de la modeste franchise. L’arrivée du scoreur des Texas Longhorns dans l’Etat de Washington pousse Ray Allen vers la sortie. En effet, les Supersonics ont créé l’évènement en réalisant le gros échange de la nuit. En envoyant leur arrière all-star à Boston en échange de Wally Szczerbiak, Delonte West et Jeff Green fraîchement drafté, ils font le pari de la jeunesse. Mais sera-t-il payant ? Il est permis d’en douter fortement car le point faible de l’équipe - le secteur intérieur -  n’a pas été renforcé.

Par ailleurs, comme chaque année, une ribambelle de jeunes joueurs est venu s’ajouter au contingent international de la NBA. S’il n’y a pas eu de Français sélectionné - Joakim Noah n’est pas encore naturalisé et Ali Traoré, attendu en fin de deuxième tour, n’a pas été pris – treize joueurs non américains ont fait leur entrée dans la NBA. Parmi eux deux Chinois dont le très prometteur Yi Jianlian et deux Espagnols. Phoenix réalise le gros coup de la draft en attirant dans ses filets le ravageur Rudy Fernandez qui a déjà tout prouvé en Europe à seulement 22 ans.

Avec tous les talents qui se sont succédés pour aller serrer la main de David Stern, cette draft 2007 est déjà considérée comme l’une des plus denses de l’histoire. Après trois ans de relative disette, les experts considèrent unanimement que cette loterie est la plus relevée depuis celle de 2003. Il y a quatre ans, Lebron James, Dwayne Wade, Chris Bosh et Carmelo Anthony avait éclos. Tous les quatre ont désormais fait leurs preuves. Tout prometteur qu’il soit, le présent millésime tiendra-t-il également toutes ses promesses…

 

Jean-Philippe Chognot
Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Basketball
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Mercredi 28 février 2007 3 28 /02 /Fév /2007 19:47
A l’heure où les basketteurs professionnels se « starifient » et prennent de plus en plus facilement la grosse tête, le souvenir de l’humilité d’un joueur incroyable comme James Banks a de quoi nous rendre nostalgique. Retour sur la carrière d’un homme qui est resté dans le cœur de nombreux supporters lorrains…

Ces petits yeux malicieux, cette moustache fine qu’il a gardé depuis qu’il n’est plus un adolescent imberbe, et ce sourire chaleureux qui met ses interlocuteurs tout de suite à l’aise ; oui, c’est bien lui. Il n’a pas changé depuis qu’il nous a quitté en juin 1994. Si l’on excepte les quelques kilogrammes en plus qu’il arbore sous le polo de la Athens Academy. James Banks est resté le même. Ce n’est en tout cas pas l’accumulation des années qui vont lui enlever sa simplicité. Joueur emblématique du SLUC de la saison 1990-1991 à la saison 1993-1994, il peut symboliser à lui seul l’atmosphère familiale qui régnait à l’époque dans l’entourage de l’équipe. Une autre époque…

A l’aube d’une belle aventure

Le premier contact du SLUC Nancy avec ce scoreur hors normes fut assez douloureux : évoluant alors à l’AS Berck, James avait marqué les esprits en inscrivant quelques quatre-vingt points en deux confrontations contre les lorrains de Pierre Jouvenet. Les anciens en étaient restés sous le choc et se souviennent sans doute encore de cet épisode déroutant. Ces mêmes supporters furent aux anges lorsque James Banks posa pour la première fois ces chaussures sur le parquet de Gentilly première version à la fin de l’été 1990 sous le maillot rouge et blanc du SLUC. Le début d’une belle aventure dans les rangs des couguars.

Dès sa première année en Meurthe-et-Moselle, Banks eut un rôle déterminant dans l’équipe entraînée par Fred Sarre. En grande difficulté en championnat, le club dut son maintien en deuxième division en grande partie à son ailier américain. En effet, tout au long de la saison, le grand James fut l’homme providentiel du SLUC et lui permit d’arracher les onze victoires nécessaires cette année-là pour rester dans la division. Pour le club de Jean-Jacques Eisenbach, une descente aurait probablement signifié un gros coups d’arrêt dans son ascension. Comment ne pas lui en être reconnaissant encore maintenant ?

Une pointe à 53 points !!!

Les deux saisons suivantes sous les ordres de Reed Monson furent nettement plus calmes pour le SLUC. Sur les épaules d’un James Banks toujours aussi flamboyant et « inarrêtable », les couguars traversèrent deux années plutôt tranquilles assurant des bilans positifs. Le rendement irréprochable de son ailier vedette permit à l’équipe de se maintenir facilement et ainsi de continuer à se développer paisiblement. De nombreux supporters prirent leur premier abonnement au palais des sports et rejoignirent la famille à cette époque. L’équipe pouvait se vanter de jouer en deuxième division devant 2500 à 3000 supporters tous les soirs de match et Banks n’y était bien sûr pas étranger. Un certain 4 novembre 1991, les spectateurs en eurent plus que jamais pour leur argent puisqu’ils assistèrent à une performance surréaliste de ce scoreur magnifique : James Banks enquilla ce soir-là 53 points contre de pauvres ébroïciens médusés.

Mais c’est sans doute la saison 1993-1994 qui marqua l’apogée du passage de Banks à Nancy : cette dernière saison fut la plus belle avec une montée à la clé. Une nouvelle fois portée à bout de bras par son ailier américain, l’équipe atteignit enfin le sommet dont elle rêvait tant : la Pro A. Sans ce titre de champion de Pro B, Mister James Banks n’aurait sans doute pas la même place de le cœur des supporters. Un titre a toujours une saveur très particulière et irremplaçable. C’est d’ailleurs le moment le plus marquant de ses quatre saisons dans la capitale des ducs de lorraine.

« Le moment où j’ai pris le plus de plaisir […] au SLUC est le titre de champion de Pro B […] devant Strasbourg. »
, affirme l’intéressé.

Une fin au goût amer

James Banks avait une telle importance dans les succès de ses quatre années passées au club que ce fut un choc pour tous les supporters lorsque le club se sépara de lui. Rares sont ceux qui ne versèrent pas une petite larme à l’annonce de son départ pour Caen. Certains supporters regrettent aujourd’hui encore son départ et tous attendent son successeur. Olivier Veyrat, coach du SLUC au moment des faits, a même reconnu récemment dans Basketnews que le fait d’avoir laisser partir l’homme aux 3000 points sous le maillot du SLUC était la plus grosse erreur de sa carrière.

« Je regrette que James n’ait pas été là. C’était un mec extraordinaire. »
Le joueur aurait probablement encore pu rendre de fiers services à l’équipe pour sa première saison en Pro A.

Mais bon, ce qui est fait est fait. Et cette fin aux allures de queue de poisson ne fera oublier à aucun supporter l’ayant vu évoluer la classe à l’état pure de ce joueur d’exception. Ce maître du scoring qui réalisa quatre saisons entre 25 et 30 points de moyenne ne sera sans doute jamais égalé. Les anciens se rappellent sans doute encore de sa grâce féline, de sa gentillesse et de son humilité. James a permis au SLUC de prendre une nouvelle dimension et de rentrer dans la cour des grands. C’est pour toutes ces bonnes raisons que James Banks se place au plus haut du panthéon nancéen comme l’un des joueurs les plus emblématiques de l’histoire du club. Thank you Mister James Banks !

Banks terminera finalement sa carrière à Evreux en Pro A avec qui il remit pour la dernière fois les pieds dans l’enceinte de Gentilly le 24 janvier 1998 pour des adieux émouvants. Il marqua au passage ses 16 derniers points au palais des sports. A 35 ans, il tira donc sa révérence pour se lancer dans une nouvelle carrière qui lui avait toujours tenu particulièrement à cœur : le coaching d’équipes de jeunes. Ce passionné ne s’est donc pas éloigné du monde du basket-ball et a pris en main la destinée de l’équipe de la Athens Academy en Géorgie, état qui l’a vu naître. La boucle est donc bouclée. Mais qui sait ?

« Peut-être qu’un jour, j’entraînerai l’équipe… »
, conclut le jeune entraîneur, à propos du SLUC.

 

Jean-Philippe Chognot

Interview de James Banks :

James Banks revient sur son parcours en tant que joueur et donne son impression sur l’évolution du basket-ball.

- Quels moments vous ont marqué lors de votre passage au SLUC Nancy ?
Je dois dire que le moment où je me souviens avoir pris le plus de plaisir lorsque je jouais au SLUC est le titre de champion de Pro B que l’on a obtenu devant Strasbourg.

- Qu’avez-vous fait après votre départ de Nancy ?
Je suis rentré chez moi et j’ai commencé à me préparer à ma carrière d’entraîneur. En ce moment, j’entraîne l’équipe masculine principale de l’Académie de Athens en Géorgie.

- Quel a été le meilleur moment de votre carrière de joueur professionnel ?
Le moment le plus exceptionnel de ma carrière de joueur a été le Final Four NCAA à New Mexico en 1983.

- Vous ne jouez plus à présent. La décision d’arrêter votre carrière a-t-elle été difficile à prendre ?
Oui, cela a été dur de mettre un terme à ma carrière ; quoi qu’il en soit, il était temps de prendre un nouveau départ dans ma vie, de passer plus de temps avec ma famille et de travailler sur d’autres projets.

- Actuellement, vous coachez de très jeunes joueurs. Avez-vous toujours eu cette idée de reconversion en tête ?
Oui, j’ai toujours voulu devenir entraîneur, en particulier de jeunes enfants. C’est à cet âge que vous pouvez avoir le plus gros impact sur leur vie. C’est fondamental dans le basket-ball !

- Le métier d’entraîneur est-il aussi excitant que celui de joueur professionnel ?
Cela n’est pas plus excitant d’entraîner que de jouer. En effet, en tant que coach, vous devez préparer à jouer des joueurs qui n’ont pas toujours la passion que vous aviez pour le jeu. Et vous êtes responsable de 14 joueurs. Quand je jouais, ma seul préoccupation était de me préparer au mieux pour être performant le jour du match et j’étais toujours prêt à jouer.

- Quel conseil donneriez vous à un jeune joueur voulant devenir un jour basketteur professionnel ?
Il faut travailler dur tous les jours dans tous les domaines du jeu.

- Que pouvez vous dire de l’évolution du basket-ball par rapport à l’époque où vous jouiez ?
La physionomie du jeu a vraiment changé. Les joueurs sont plus grands, plus puissants, plus rapides et plus athlétiques. Le jeu est pratiqué plus au-delà de l’arceau.

- Que pensez-vous de l’évolution du basket-ball européen ?
Le basket-ball européen a vraiment progressé énormément. Ses joueurs ont rattrapé les athlètes américains.

- Et enfin, que voudriez-vous dire à vos fans qui se souviennent encore de vous en France ?
Je voudrais dire à mes fans français que j’ai apprécié leur appui envers moi et ma famille lorsque je jouais pour le SLUC et en France. Bientôt, nous allons venir rendre visite au SLUC et peut-être qu’un jour, j’entraînerai l’équipe…

- Je vous remercie beaucoup pour l’interview. Bonne continuation.

Propos recueillis par Jean-Philippe Chognot

Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Basketball
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Dimanche 25 février 2007 7 25 /02 /Fév /2007 19:42

Pour la septième fois dans son histoire, le Bourges Basket atteint le Final Four de l’euroligue grâce à sa victoire dans la double confrontation contre les redoutables lituaniennes du TEO Vilnius. Pas mal pour une équipe en reconstruction.

Organisation issue du Cercle Jean Macé de Bourges en 2003, le Bourges Basket est incontestablement le club en forme du Basket féminin français. Fondé en 1967 par René Aubrun, le CJM s’appuyait avant tout sur son équipe masculine qui atteignit son apogée en 1977 avec un titre de champion de Nationale 3. En 1987, le club négocia à la perfection un virage crucial de son histoire sous l’impulsion de Patrick Dorie qui mena l’équipe féminine au titre de Nationale 4. Avec trois montées en quatre ans, il mena ses protégées dans l’élite du basket féminin français en 1991. C’est sous la présidence de Pierre Fosset que Bourges gagna son premier titre de champion de France en 1995. Bourges se place ainsi sans conteste comme un des principaux moteurs de la professionnalisation du basket féminin en France.

« Un nouvel envol »

Deuxième de la ligue féminine derrière Valencienne et qualifiée pour le Final Four de l’euroligue, l’équipe du Cher continue de faire parler la poudre après une saison 2005-2006 en tout point remarquable, sans doute la meilleure de son histoire. Champion de France après six ans de disette et vainqueur de la coupe de France, le club se devait de confirmer sa nouvelle suprématie dès cette saison. Bourges avait donc à cœur de prendre, comme l’affirme son slogan pour cet saison, un nouvel envol. Challenge excitant à relever mais loin d’être chose évidente.

En effet, avec son effectif rénové de fond en comble à l’intersaison, Bourges ne démarrait pas la saison sous les meilleurs auspices. Seules Cathy Melain et Céline Dumerc restant au club, le staff berruyer dut tenter de  trouver un équilibre avec sept nouvelles joueuses. Il y est parvenu à merveille malgré les départs d’éléments « clé » du dispositif de l’année précédente : Laia Palau, Anete Jekabsone et Elodie Godin notamment. Pour palier ces départs, le club a opté pour un savant mélange d’expérience et de jeunesse qui porte maintenant ses fruits. Ainsi, les inconditionnels berruyers assidus du palais de sports du prado peuvent continuer de se régaler tous les soirs de matchs.

Un effectif complet

Les tangos basent leurs succès sur une défense intraitable qui n’encaisse que 57 points par match. Plus généralement, l’équipe possède des qualités athlétiques au-dessus du lot. Bourges est d’ailleurs la meilleure équipe de France au rebond et au contre. Cette faculté lui permet de se procurer un grand nombre de deuxièmes chances. D’autre part, l’effectif est très équilibré : la combinaison Melain/Dumerc est sans doute le meilleur duo extérieur français du championnat et fait très bien tourner le collectif. La fougue de la tarbaise est le parfait complément de l’expérience de l’ex-internationale Cathy Melain. A l’aile, on retrouve deux pointures fraîchement arrivées dans le Centre : l’internationale grecque Evanthia Maltsi et l’internationale américaine Viki Hall. Très précieuses, elles assurent le scoring à tour de rôle. Enfin, à l’intérieur, la croate Sonja Kireta et la jeune internationale Emmeline Ndongue constituent un secteur intérieur solide.

Le tout est coaché par Pierre Vincent, ancien coach du CEP Poitiers en Nationale 3 masculine et réputé pour ses énormes qualités de formateur et ses multiples expériences dans les équipes de France de jeunes. Sa philosophie convient bien à l’équipe : en appliquant son credo de développer les qualités de chacunes avant de penser à leurs défauts, il parvient à exploiter au mieux le gros potentiel de ses filles. Il constitue un élément clé du succès de Bourges. Depuis son arrivée il y a quatre ans, le bordelais s’inscrit dans un projet de développement de l’équipe qui fait à nouveau du club une des deux places fortes de la ligue féminine.

La municipalité ne suit pas

Mais l’ambition de Bourges de s’inscrire dans la durée est quelque peu contrecarrée par l’équipe municipale de Serge Lepeltier. En effet, le club a incontestablement besoin d’un nouveau palais des sports pour pouvoir continuer à se développer : Le prado est vétuste et indigne d’un club à ambitions comme le Bourges Basket. Le choix de l’ancien maire Jean-Claude Sandrier de se contenter d’une rénovation était une grave erreur. Mais, pourtant conscient du manque, le maire actuel applique une politique timorée. La municipalité craint en fait de suivre le mauvais exemple du stade de football Jacques Rimbault dont l’entretien a un coût démesuré par rapport à l’usage que l’on en fait. En réalité, le problème est plus profond :Bourges n’a pas de véritable politique sportive et le basket féminin semble délaissé par la commune. Le club pourra-t-il continuer sur sa lancée s’il n’est pas soutenu par la mairie ? Malheureusement, il est permit d’en douter.

Jean-Philippe Chognot

Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Basketball
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Samedi 24 février 2007 6 24 /02 /Fév /2007 19:38

Après Red Auerbach, coach légendaire des Celtics, Boston perd un nouveau personnage emblématique de sa belle époque en la personne de Dennis Johnson. Ni doué comme Michael Jordan, ni flashy comme Dominique Wilkins, DJ n’était pas programmé pour toucher les sommets qu’il a atteints.

L’homme qui vient de s’éteindre aurait pu mourir dans un parfait anonymat sans une incroyable persévérance et sans un cœur énorme. Il aurait pu expirer son dernier souffle dans la misère la plus totale comme beaucoup d’oubliés du rêve américain qui peuplent la minorité noire des Etats-Unis. En effet, huitième d’une famille de seize enfants, fils d’un maçon et d’une travailleuse sociale, il n’était évidemment pas prédestiné à réaliser une telle carrière. Il n’a jamais été une vedette adulée par les foules ; l’image de travailleur de l’ombre lui va au contraire comme un gant. Sans talent donc, mais avec un mental hors du commun, il a su bouger des montagnes.

Des débuts laborieux

« Si j’avais écouté toutes les personnes qui disaient que je ne pouvais pas y arriver, j’aurais abandonné. »
, se rappelait le retraité californien. Et c’est vrai qu’en se remémorant ses débuts, il y avait de quoi douter d’un possible avenir dans le basket. Au lycée, il cirait le banc et son entraîneur ne daignait le récompenser pour ses loyaux services que par une à deux minutes de jeu par match. C’est donc tout logiquement qu’à sa sortie de lycée, il dut mettre entre parenthèses son rêve de devenir un jour joueur professionnel. Mais c’est sur les playgrounds qu’il fut remarquer par le coach du Harbor Junior College et il obtint finalement un bourse de scolarité dans la faculté de Pepperdine. C’est ainsi que débuta son conte de fée.

Joueur bon sans plus en université, c’est avec étonnement qu’il apprit sa sélection au deuxième tour de la draft 1976 par les Seattle Supersonics. Il réalisa une première saison honorable mais c’est l’année suivante qu’il explosa grâce à un bon concourt de circonstance. Suite au départ de Bill Russel, l’équipe réalisa un début de saison catastrophique qui provoqua l’arrivée d’un nouveau coach : Lenny Wilkens. Celui-ci transféra son meneur titulaire et fit confiance au jeune Dennis. Bien lui en prit puisque Seattle redressa vite la barre avec une série de treize victoires et obtint une qualification inespérée pour les playoffs. Seattle atteignit même les Finals mais les perdit face aux Washington Bullets de Wes Unseld. Ce ne fut que partie remise. En effet, les Sonics continuèrent sur leur lancée la saison suivante et sortirent cette fois vainqueurs des Finals 1979 dont Johnson fut élu MVP.

Une carrière exceptionnelle

Enfin reconnu à sa juste valeur, DJ quitta Seattle pour Phoenix en échange du meneur all-star Paul Westphal. Johnson resta trois saisons dans l’Arizona. Mais, bien que émaillé de nombreuses distinctions individuelle, son passage à Phoenix fût un demi-échec dans la mesure où son jeu avait du mal à coexister avec la philosophie des Suns. Il fut d’ailleurs transféré à Boston en échange de l’obscur Rick Robey. A cette époque beaucoup d’observateur doutait de la capacité de Johnson à cohabiter avec des joueurs comme Robert Parish, Larry Bird et Kevin McHale. Mais il fit vite taire les mauvaises langues en devenant le joueur de l’ombre qui apporte tout ce dont son équipe a besoin au bon moment. Bird et Johnson se trouvaient les yeux fermés. Les nostalgiques se souviendront de son panier victorieux suite à une interception de Larry Bird au match 5 de la finale de la conférence Est en 1987 face à Detroit.

Ses sept saisons à Boston terminèrent d’écrire sa légende et furent les plus belles de sa carrière. Elles lui permirent d’obtenir deux nouvelles bagues de champion en 1984 et 1986. Dans une équipe composée de nombreux joueurs de talent, Dennis Johnson punissait les équipes qui osaient le laisser ouvert dans les moments clés. Parmi ses principaux faits d’armes, il éteignit littéralement le grand Magic Johnson lors des Finals 1984. Le MVP de ces Finals, Larry Bird, dira plus tard :

« Dennis Johnson est le meilleur joueur aux côtés duquel j’ai évolué. »
DJ mis un terme à sa carrière à la fin de la saison 1989-1990 après treize ans au plus haut niveau, trois titres de champions, un titre de MVP des Finals, cinq sélections au All Star Game, six apparitions dans la All-Defensive First Team et bien d’autres distinctions.

Après sa carrière de joueur, Johnson est resté dans le milieu en tant que scout puis assistant coach des Celtics à partir de 1993 tout d’abord et des Clippers en 2000. Il a pris les rênes de l’équipe de NBA Development League des Austin Toros affiliée aux Boston Celtics. Il prenait beaucoup de plaisir à faire évoluer les jeunes pousses de la ligue pour les aider à atteindre leur but ultime d’évoluer comme lui en NBA. C’est après avoir dirigé un entraînement des Toros que Dennis Johnson a perdu la vie suite à un arrêt cardiaque.

« Un gagneur »

Dennis Johnson laissera au monde l’image d’un joueur au mental exceptionnel et d’un homme qui a su faire sa place à force de courage et d’acharnement.

« Je suis un gagneur. Je me donne corps et âme dans le basket. Je déteste la défaite. Je l’accepte quand elle arrive, mais je la déteste quand même. C’est ma manière d’être. »
, expliquait Johnson. Sa mort a ému tous les gens qui l’ont côtoyé et les hommages sont unanimes :
« Dennis était un homme au caractère extraordinaire avec une énorme passion pour le Basket. »
, se souvient David Stern.
« Il était un coéquipier exceptionnel avec qui il était agréable de passer du temps. »
, conclut son ancien coéquipier Kevin McHale.

Jean-Philippe Chognot
Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Basketball
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Vendredi 23 février 2007 5 23 /02 /Fév /2007 19:31


    Potentiel illimité, joueur hors norme et surdimensionné, …
Kevin Durant peut être résumé en ces termes. Sûrement le meilleur joueur évoluant en NCAA cette saison, il fait saliver plus d’un General Manager dans la grande ligue.

    Si Kevin Durant évolue actuellement sur les parquets de la Big 12 conference en NCAA, c’est en grande partie grâce à David Stern, le commissionnaire de la NBA. En effet, le freshman des Texas Longhorns n’a pas pu accéder à la NBA dès cette saison uniquement en raison du nouveau règlement fixant à dix-neuf ans l’âge minimum pour se présenter à la draft. Mais le jeune basketteur a la tête sur les épaules et n’aurait probablement pas franchi le cap même s’il en avait eu le droit. Il est conscient que passer par la case « université » lui est indispensable afin de s’étoffer physiquement, d’acquérir une plus grande maturité et d’être prêt pour la draft où il est attendu en deuxième position.

« Il est mobile, il est vif, il est rapide. »

    On peut tout de même se demander s’il n’aurait pas pu intégrer la NBA à sa sortie du Montrose Christian High School tant il domine ses adversaires dans toutes les salles du pays. Les entraîneurs des équipes dévastées par l’ouragan Durant sont sans doute de cet avis.

« Envoyez-le dans la ligue, il a besoin d’aller dans la ligue. »
, s’est exclamé Mike Anderson le coach de Missouri après que Durant a totalisé 34 points et 13 rebonds face à son équipe. Il est encensé par des grands noms du milieu comme le coach recordman de victoire en NCAA Bob Knight :
« Il est mobile, il est vif, il est rapide, […], c’est un athlète exceptionnel qui peut vraiment jouer au Basket. »
C’est en effet une vraie tornade comme en témoigne sa ligne statistique : il tourne à 24,4 points, 11,4 rebonds, 1,5 passes, 1,7 interceptions, 1,7 contres pour une évaluation de 27,4 en 35 minutes !

    Comment ne pas être impressionné par un joueur aussi phénoménal. La presse spécialisée est dithyrambique à son sujet. De l’avis général, Durant est le meilleur joueur des dernières années en NCAA. Il est notamment comparé à des joueurs comme Tracy McGrady ou Dirk Nowitzki. Joueur extrêmement athlétique et spectaculaire, il surprend surtout par une technique de shoot hors du commun pour un joueur de sa taille, 2m08. Sa panoplie technique a bien d’autres arguments à faire valoir : en plus de son shoot, Durant possède un très bon jeu dos au panier qui lui permet de bien alterner en phase offensive. C’est cette faculté à être aussi adroit dos au panier que face au panier qui le rend si « inarrêtable ». Il est véritablement capable de tout faire sur un terrain.

« C’est dur de définir son poste car il peut jouer n’importe où sur le parquet. »
, assure son coach Rick Barnes.

Une seule lacune, la défense

    Cependant, Kevin Durant a une faiblesse majeure à gommer dans son jeu : la défense. Pour l’instant, il ne s’implique pas autant des deux côtés du terrains. Grisé par son talent offensif, il a souvent tendance à délaisser les tâches défensives. Pourtant, son corps athlétique lui confère un potentiel défensif à ne pas négliger. Ce serait un gâchis de ne pas l’exploiter. Il possède une envergure de bras tout simplement ahurissante ; jugez plutôt : ses 2m30 d’envergure devraient lui octroyer une force d’intimidation digne des plus grands défenseurs que la NBA a connu.

    Mais pour pouvoir ajouter cette facette à son jeu, il va devoir prendre du poids et soulever de la fonte. En effet, Durant est encore un peu tendre physiquement. Il devra incontestablement s’étoffer afin d’exister dans les joutes intérieures à l’étage supérieur. Le préparateur physique de l’université, Todd Wright, se charge de muscler son poulain. Depuis que Durant a posé les pieds à Austin, il va à la salle de musculation au moins quatre fois par semaine et cet acharnement commence à porter ses fruits, en témoignent les dix livres qu’il a gagnées en deux semaines sous les ordres de Todd Wright.

« Quand je suis passé de 205 à 215 livres, j’ai regardé autour de moi pour vérifier si quelqu’un était avec moi sur la balance, mais j’étais bien seul. »
, s’étonne Kevin Durant.

« Le potentiel d’un all star. »

    Même s’il reste encore quelques imperfections à effacer dans son jeu, nul ne doute de sa capacité mentale à surmonter cet obstacle. En effet, les challenges ont toujours été le moteur de l’américain pour progresser. Dès son plus jeune âge, le jeune Kevin se mesurait à des adultes au Seat Pleasant Activity Center.

« C’est ici que j’ai appris à jouer. Je venais ici à 6 heures du matin, je travaillais dur. Je jouais contre des joueurs plus âgés qui m’envoyaient dans le décor. »
Quel que soit le niveau de son adversaire, il voulait toujours le dépasser. C’est cette mentalité qui fera sans doute de lui un des joueurs sur qui il faudra compter dans la prochaine décennie en NBA.
« Kevin sera un de ces joueurs atypiques qui peuvent jouer aussi bien à l’intérieur qu’en périphérie. Non seulement, il peut devenir un joueur NBA, mais en plus il a le potentiel pour devenir un all star. »
, prophétise son ancien coach à Montrose, Stu Vetter. Mais pour cela, il faudra encore patienter un peu, peut être le temps d’atteindre le final four…

Jean-Philippe Chognot
Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Basketball
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Jeudi 22 février 2007 4 22 /02 /Fév /2007 19:26
    La Pro A accueille de plus en plus d’américains et ce processus ne semble pas prêt à s’inverser. La mondialisation a-t-elle supplanté l’exception française même dans le basket ?

    Attention ! Envahisseurs !!! L’élite du basket en France subit de plein fouet, comme de nombreux secteurs, une forte américanisation. La ligue nationale de Basket Ball ne fait rien pour endiguer ce phénomène et y souscrit même volontiers. En effet, tous les nouveaux règlements de la ligue sur les nationalités vont nettement dans ce sens. Le passage à quatre états-uniens par équipe à l’intersaison 2005 a changé totalement la physionomie de notre championnat. La Pro A, dans sa configuration actuelle, ressemble plus à une succursale de la « grande ligue » qu’à un championnat domestique. Le « A » de Pro A serait-il devenu l’initiale de « Américain » ?

    Cette évolution s’est-elle faite totalement au détriment de nos joueurs nationaux ? Ce n’est pas si évident que cela.

La carte française, un atout ?

    A l’heure où certains clubs hexagonaux ne comptent que sur des joueurs majeurs américains, les joueurs français apportent une certaine garantie d’adaptation dont les clubs sont bien conscients. En effet, les quatre clubs « phares » du début de saison (Nancy, Roanne, Chalon-sur-Saône et Villeurbanne) sont également en tête au classement des équipes à forte influence tricolore. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si certaines grosses écuries ont mal démarré la saison. Les cas de Pau et Strasbourg, deux gros budgets du championnat, sont particulièrement représentatifs de ce phénomène. La très faible influence des joueurs français dans leur effectif n’est sans doute pas totalement étrangère à leur piètre début. Les coachs de ces deux équipes n’accordent respectivement que 31,3% et 33% du temps de jeu total à leurs français.

    Malgré cela, l’américanisation des effectifs devient la norme dans la plupart des équipes. La part du temps de jeu des américains (45,37%) dans le temps de jeu total sur l’ensemble de la Pro A a dépassé pour la première fois en 2006-2007 celle des français (40,18%). Le règlement de l’été 2005 évoqué plus tôt a fait passer le temps de jeu des américains de 24% sur la saison 2004-2005 à 42% en 2005-2006. Peut-on considérer un championnat où les joueurs nationaux jouent moins que les joueurs étrangers comme un championnat national ? La question mérite d’être posée.

Un phénomène, plusieurs causes.

    Mais le débarquement américain ne nuit-il qu’aux joueurs français ? Non, pas seulement. Sur les trente-six minutes de temps de jeu gagnées par les américains, seules neuf ont été soustraites aux tricolores, soit en moyenne le temps de jeu d’un joueur de fond de rotation. Ce sont en fait les « bosmans », joueurs ressortissants de pays ayant signé des accords avec l’union européenne, qui subissent davantage cette nouvelle donne. En effet, ils ont perdu vingt minutes de temps de jeu moyen entre juin et septembre 2005.

    En fait, le temps de jeu des français suit une baisse linéaire depuis une dizaine d’année et c’est ce phénomène qui semble le plus préoccupant. Ce serait profondément réducteur d’en limiter la cause à la seule loi de 2005 sur les quatre américains par équipe. On doit inévitablement y adjoindre les ouvertures successives des frontières accompagnant l’élargissement de la zone Europe, le changement de statut des « bosmans » en 1995 et celui des ressortissants des pays ayant signé des accords « cotonous » avec l’Europe en 2004. Avant la saison 1998-1999, les français représentaient approximativement 60% du temps de jeu soit trois postes sur cinq totalement tenus par eux. Il est loin le temps où toutes les équipes étaient moulées sur le même modèle avec deux « superstars » étrangères, le plus souvent américaines, entourées uniquement de joueurs français. La période prospère pour les jeunes pousses françaises connue dans les années 1980 est donc désormais irrémédiablement révolue…

Un handicap à l’échelle internationale.

    Le phénomène s’accompagne d’un autre, très préjudiciable pour l’équipe nationale : l’exil des meilleurs joueurs français vers les championnats étrangers (surtout vers la NBA et l’Espagne). Ce problème est récurent. Tous les ans, nous observons de nombreux départs de jeunes français prometteurs qui préfèrent souvent à notre bonne vieille Pro A les championnats européens que l’on pourrait qualifier de mineurs ou encore les deuxièmes divisions espagnoles ou italiennes bien plus rémunératrices. Les exemples ne manquent pas : en vrac, Luc Arthur Vebobe à Saragosse (LEB), Guillaume Yango à Sassari (Lega2), Cyril Akpomédah à Charleroi (Belgique), etc.

    Ceci est d’autant plus préjudiciable que, quand on observe la scène internationale, on s’aperçoit que les pays majeurs de la « planète Basket » sont ceux dont une bonne partie des joueurs dominants jouent encore dans leur championnat national. Les deux derniers vainqueurs de compétitions internationales majeures, l’Espagne championne du monde et la Grèce championne d’Europe, ont su garder leurs « stars » malgré les sirènes (et les dollars ?) extérieures. Les Navarro, Fernandez et autres Reyes foulent encore les parquets de la Liga espagnole et les autres « ninos de Oro » – Gasol, Calderon entre autres – n’ont quitté leur championnat que tardivement et après avoir été prophètes en leur pays.

    De même, de nombreux internationaux hellènes portent encore la tunique des deux clubs grecs légendaires : les « Reds » de l’Olimpiakos et les « Greens » du Panathinaikos. Six argentés jouent dans ces deux clubs : Vasilopoulos et Schortsianitis chez le premier cité et Hatzivrettas, Dikoudis, Tsartsaris et Diamantidis dans l’équipe au trèfle. Ce n’est ni plus ni moins que la moitié de l’équipe nationale. Cela fait réfléchir quand, en comparaison, Claude Bergeaud, le sélectionneur national de l’équipe de France, peine à aligner quatre joueurs évoluant en Pro A.

    Mais les clubs français ont-ils les moyens financiers d’en faire autant ? Probablement pas. Les budgets français plafonnant à 6M€ quand ce même chiffre est le budget moyen d’un club espagnol, il devient donc extrêmement difficile voire impossible de rivaliser. Ceci étant la dure réalité du marché, il est bien sûr très tentant d’engager un américain à la place d’un français quand il demande, à niveau équivalent , un salaire nettement plus bas : le basketteur américain serait-il en train de devenir le « plombier polonais » de la « balle au panier » ? L’avenir nous le dira…

Jean-Philippe Chognot

Cette Saison en Pro A:
La situation des différents clubs français est très hétéroclite:

- Le SLUC Nancy est l’équipe à plus grande coloration tricolore en accordant 56,2% du temps de jeu aux français de son équipe.
- Dans le trio de tête on trouve également l’ASVEL, 54,2%, et Gravelines, 50,3%. Ces deux équipes ont fait le choix de s’appuyer sur une “french team” en début de saison. Cependant, Villeurbanne a dû partiellement y renoncer à cause de nombreuses blessures de ses cadres hexagonaux (Foirest, Sy, Jeanneau) remplacés par des pigistes étrangers.
- Le cas de Roanne est particulier: son trio majeur - Dewarick Spencer, Aaron Harper et Marc Salyers - est américain et a un impact sur son équipe sans égal en pro A. Pourtant, son effectif est des plus francophones (49%).
- Le cas des promus est également remarquable: l’un - Orléans - a joué la carte française avec succès pendant que l’autre - Besançon - nage dans les bas-fonds du championnat en n’attribuant que 29,5% du temps de jeu aux joueurs français, soit le plus faible pourcentage de ProA.
- Enfin, les trois derniers champions de France - Pau, Strasbourg et Le Mans - leur accordent moins de 40% du temps de jeu.


Situation des autres championnats européens:
En Europe, les différents championnats sont plus ou moins hermétiques au débarquement étranger:

- Les premiers de la classe se trouvent à l’est: en Baltic Basketball League, ligue regroupant les meilleures équipes estoniennes, lettonnes et lithuaniennes, les joueurs nationaux sont ultra-majoritaires puisqu’ils s’approprient pas moins de 78% du temps de jeu.
- Toujours à l’est, en Adriatic Basketball League, composée des meilleurs clubs croates, serbes, slovènes, bosniaques et monténégrains, sur 100 minutes de jeu, 70 sont attribuées aux joueurs locaux.
- Mais ces deux ligues font figure d’exceptions; en effet, les championnats occidentaux, du fait de frontières plus ouvertes, sont passés depuis bien longtemps en dessous de la barre des 50%: c’est la cas en Liga ACB hibérique, 37%, et en Lega A1 italienne, 30%. Cependant, si ces deux championnats sont rudes pour les joueurs nationaux, les meilleurs d’entre eux évoluent encore dans leur pays.
- Enfin, le cancre se situe outre-rhin où les américains ont totalement investit les lieux, ne laissant aux allemands que 14% du temps de jeu.
Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Basketball
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