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Le mouvement citoyen Moultazimoun organise un rassemblement le 3 août à 18 heures dans le jardin Samir-Kassir, à Beyrouth. Objectif : soutenir le Tribunal spécial pour le Liban.
« Si tu veux la paix, prépare la justice. » Les membres de Moultazimoun remettent au goût du jour ce proverbe millénaire, hérité de la Rome antique. Le mouvement citoyen organise un rassemblement le 3 août à 18 heures au jardin Samir Kassir, dans le centre-ville de Beyrouth, près du siège d'an-Nahar, en soutien au Tribunal spécial pour le Liban (TSL). Sous mandat onusien, cette cour est chargée de faire la lumière sur l'assassinat de feu le Premier ministre Rafic Hariri et ses compagnons. Le rassemblement est également placé sous le signe du rejet de la guerre.
« Tant que les coupables ne seront pas punis, les criminels pourront continuer à tuer en toute impunité », dénonce Gloria el-Khazen, l'une des fondatrices de Moultazimoun. Cette mère de famille s'est chargée de mobiliser le plus de monde possible, envoyant par SMS le mot d'ordre suivant : « Non à la guerre ! Oui au tribunal international pour la vérité, pour le droit à la vie et pour la paix ! »
Ce soutien intervient dans un climat de tensions politiques entourant le tribunal. Selon des fuites, le TSL pourrait impliquer le Hezbollah. Depuis cette révélation, le parti chiite conteste la légitimité de la cour internationale, et son secrétaire général, Hassan Nasrallah, demande la création d'une commission libanaise. Le mouvement Moultazimoun dénonce cet acte de défiance. « Le tribunal est international, insiste Gloria el-Khazen. Les hommes politiques libanais n'ont pas leur mot à dire, qu'ils soient du Hezbollah ou du bloc du 14 Mars. »
Les membres de Moultazimoun et leurs sympathisants attendent le verdict du tribunal spécial pour le Liban avec gravité. Ils estiment qu'il en va de l'avenir du Liban. « Nous militons pour un Liban souverain, un Liban indépendant, un Liban libre, martèle Gloria el-Khazen. Or nous pensons que ce Liban libre est face à un danger mortel. Sans justice, la paix n'est pas possible. »
Cependant, la militante est consciente que le TSL n'est sans doute pas un remède miracle. Elle craint même que son verdict n'attise les tensions politiques au Liban. « Bien sûr, nous avons peur de ce qui va se passer. Nous savons très bien que les coupables ne reconnaîtront pas leurs torts, regrette-t-elle. Nous estimons malgré tout qu'il vaut mieux savoir la vérité, avec tous les risques que cela implique. »

Jean-Philippe Chognot

 

Article publié dans le quotidien libanais L'Orient-Le Jour, du 30/07/2010.

665963_86960660748.jpegDepuis 2004, Karim al-Khatib a fait de son Écovillage du Chouf, dans la vallée de Dmit, un laboratoire écologique à ciel ouvert. Il veut convaincre que l'homme peut se créer un cadre de vie en harmonie avec la nature.
Il est un pionnier de la cause écologique au Liban. Depuis six ans, Karim al-Khatib prêche pour la protection de l'environnement dans son Écovillage du Chouf. Dans ce petit sanctuaire à flanc de montagne, tout est respectueux de la nature : de l'énergie verte aux maisons durables en passant par l'agriculture biologique. Chaque année, le site accueille quelque cinq mille visiteurs, dont environ mille cinq cents étudiants. C'est ces derniers que l'écologiste cible en priorité : « Il faut s'adresser aux jeunes pour changer les mentalités. »
L'aventure débute en 2004. À l'époque, la famille al-Khatib tient un restaurant dans le quartier Monnot à Beyrouth. Au menu, des plats végétariens et bio. « Au début, nous nous fournissions chez un fermier mais cela coûtait cher, se souvient Karim. Nous avons donc décidé, avec un groupe d'amis amoureux de la nature, de produire nos propres aliments. » L'Écovillage est né.
Le hameau héberge désormais une vingtaine de personnes, dont la plupart travaillent sur place. Régulièrement, des bénévoles y séjournent gratuitement. « Depuis le début de l'aventure, des centaines de volontaires se sont succédé en provenance de nombreux pays, déclare le fondateur du village. Nous accueillons toutes sortes de profils de personnes qui veulent apporter leur pierre à l'édifice : des ouvriers, des cuisiniers, des artistes, des ingénieurs... »
Tout ce petit monde loge dans des maisons construites avec des matériaux naturels et recyclables. « Il y a trois types d'habitations : des tentes, des "treehouses" construites dans les arbres et des "mudhuts", des cabanes faites de bois et de boue », explique Zena Zahredine, qui gère l'Écovillage. À l'intérieur des maisons, tout est pensé pour éviter les gaspillages. Par exemple, l'eau des toilettes est remplacée par des copeaux de bois qui servent ensuite d'engrais.

34637_10150232514395296_741005295_13538834_331929_n.jpgTransposable à plus grande échelle ?
La logique est la même pour l'énergie. Le village est en effet entièrement alimenté grâce au système « microhydro ». Une turbine installée sur une cascade transforme le courant en énergie hydraulique. Un modèle plus perfectionné d'une valeur de 10 000 dollars sera bientôt installé. Tous les surplus sont stockés dans des batteries. « Cela nous permet de combler les manques lorsque les productions baissent », indique Karim al-Khatib. Par ailleurs, quelques panneaux solaires seront ajoutés prochainement afin de convaincre les futurs visiteurs des bienfaits de l'énergie photovoltaïque.
Désormais à l'étroit, l'équipe de l'Écovillage a décidé de repousser les murs. Une extension est en construction à environ un kilomètre. « Les maisons y seront plus spacieuses pour permettre aux gens d'y habiter pour de longues périodes, précise Karim. Elles seront disponibles à la location pour une durée d'un an renouvelable. » La première bâtisse est déjà sortie de terre.
Il s'agit d'un chalet sur deux niveaux avec balcon. Son toit isolant est composé de sept couches superposées : une charpente en bois, deux bâches de plastique, de petits cailloux, de gros cailloux, du bambou, de la terre et de la végétation.
Ce laboratoire écologique à ciel ouvert, unique au Liban, a récemment suscité la curiosité de l'Association des architectes. Cette organisation dépend de l'ordre des ingénieurs et des architectes de Beyrouth. Une trentaine de ses membres ont visité le site dimanche dernier. « Nous assistons souvent à des conférences sur l'architecture durable mais, cette fois, nous voulions voir un exemple réel et palpable », explique la présidente Divina Abou Jaoudé.
Conclusion des professionnels : les techniques utilisées sont intéressantes, notamment pour l'énergie, mais le modèle n'est pas transposable, en l'état, à plus grande échelle. « Pour un petit village, cela peut convenir mais, pour construire un immeuble par exemple, cela ne suffirait pas », estime Divina.
De son côté, Karim al-Khatib est convaincu que ces techniques ne sont pas incompatibles avec des projets plus vastes. « La seule chose qui manque, conclut-il, c'est la volonté politique. »

Jean-Philippe Chognot

 

Article publié dans le quotidien libanais L'Orient-Le Jour, du 28/07/2010.

664983_90958572929.jpegUn groupe de trente et un volontaires, dont vingt-trois Brésiliens, est installé à Feytroun, dans le Kesrouan, jusqu'au 24 juillet. Son objectif principal est de faciliter la vie des personnes handicapées.
Feytroun, capitale de la philanthropie. Le 14 juillet, trente et un volontaires ont posé leurs valises sur les hauteurs du Mont-Liban. Âgés de seize à vingt-cinq ans, ils ont été envoyés par le ministère des Affaires sociales et sont financés en partenariat avec l'ambassade d'Italie. Avant de s'installer à Feytroun, les jeunes bénévoles avaient déjà passé dix jours à Arbet Kozhaya, près de Ehden. Le camp revêt un double objectif altruiste et culturel, puisque le groupe se compose de huit Libanais et de vingt-trois Brésiliens d'ascendance libanaise.
« Le projet a été initié par Mgr Edgar Madi, évêque de la communauté libanaise du Brésil, indique Émilie Kassis, la directrice du camp. Cela s'est finalisé lorsqu'une délégation du ministère des Affaires sociales s'est rendue sur place, il y a quelques mois. » Les vingt-trois volontaires sud-américains découvrent la terre de leurs ancêtres pour la première fois. « Je rêvais de respirer l'air du Liban depuis l'enfance », confie Charles Samaha, 24 ans.
Ce retour aux sources ne doit pas faire oublier le mot d'ordre du camp : « créer un environnement sain et amical pour les personnes handicapées ». Dans ce cadre, les volontaires ont construit quatre rampes pour rendre accessibles aux chaises roulantes deux trottoirs de Feytroun. « Cela peut aussi rendre service aux personnes âgées et aux mères avec des poussettes », souligne Émilie Kassis.
Dans la même optique, les volontaires côtoient au quotidien huit handicapés - moteurs et mentaux - et quatre aveugles, à Kfardebian, leur lieu de résidence. « Tous les matins, nous organisons des activités communes avec eux, explique Michel Zakhia, 17 ans, un des volontaires libanais. Par exemple, nous faisons des jeux, des dessins, des sculptures ou encore des photos. »

Renouveler l'expérience
En marge du thème principal, les bénévoles travaillent aussi sur d'autres projets depuis début juillet. Ils ont notamment ramassé des ordures dans un champ, repeint la grille d'une église et restauré un mur à Arbet Kozhaya, fleuri un jardin public à l'entrée de Feytroun. Après l'effort, le réconfort : le groupe assiste également à des soirées folkloriques et visite des lieux touristiques. Jeudi, les jeunes seront reçus à Baabda par le président Michel Sleiman.
Les nouveaux venus sont accueillis chaleureusement par les villageois. « Je suis très admiratif de ce qu'ils font, surtout pour les handicapés, s'enthousiasme Chadi Yammine, qui tient le salon de coiffure de Feytroun. De telles initiatives devraient être prises partout au Liban. » Le contact avec les Brésiliens lui a aussi donné des envies de voyage : « Maintenant que je les connais, j'aimerais beaucoup découvrir leur pays. Je suis sûr qu'ils m'accueilleraient comme si j'étais un membre de leur famille. »
Alors que ce tout premier camp multiculturel n'est pas encore terminé, son succès conforte déjà les organisateurs, qui comptent renouveler l'expérience dans les années à venir. « Nous aimerions étendre ce projet pilote aux expatriés libanais des autres continents comme l'Europe ou l'Amérique du Nord, confie la directrice. Nous voulons inciter les millions d'expatriés libanais à découvrir et à aimer leur terre d'origine. » Le prochain pays concerné n'est toutefois pas encore déterminé.

Jean-Philippe Chognot

 

Article publié dans le quotidien libanais L'Orient-Le Jour, du 20/07/2010.

Frédéric Chopin par Marie Madeleine Gerard

 

Les mélomanes fêtent cette année les 200 ans de la naissance de Frédéric Chopin. A cette occasion, sont organisées des commémorations en tous genres. Le compositeur polonais est notamment au cœur d'une exposition, depuis mars, à la Cité de la Musique :

 


Jean-Philippe Chognot

La science s'attaque à un monument. Deux chercheurs de l'Inra (Institut national de recherche agronome) ont publié une étude qui affirme que les aliments biologiques ne sont pas meilleurs que les autres pour la santé. Une conclusion qui confirme une précédente publication de l'Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) de 2003, comme l'explique Gérard Pascal, l'un des auteurs de l'étude de l'Inra :

 

ITV Gérard Pascal by JPC

 

Ce débat est bien loin des préoccupations des consommateurs bios. La preuve dans les rues de Neuilly-sur-Seine :

 

Nourriture Bio by JPC

 

Jean-Philippe Chognot

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  • : Book de Jean-Philippe Chognot, journaliste. Dans l'antiquité romaine, les Acta Diurna étaient placardés dans les lieux publics et permettaient au peuple de s'informer. Ce sont les ancêtres de nos médias contemporains. Bonne lecture.
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