L’explosion d’une bombe sur un quai de métro a tué douze personnes et en a blessé plus de cent, lundi dans la capitale biélorusse. Le président Alexandre Loukachenko a ordonné aux services de renseignements de « retourner tout le pays » pour trouver les auteurs, tout en évoquant un « cadeau de l’étranger ». Une journée de deuil national est prévue aujourd’hui.
Que s’est-il produit à Minsk ?
Une déflagration a eu lieu lundi, à 17h54, à la station de métro Oktiabrskaïa, à une centaine de mètres de la présidence biélorusse. Elle a été provoquée par un engin de cinq à sept kilos d’équivalent-TNT, qui était caché sous un banc et contenait des billes en métal d’un centimètre de diamètre. Environ 300 personnes se trouvaient près de la bombe lors de l’explosion, survenue à une heure de pointe. Un train arrivait au même moment sur le quai d’en face et a reçu l’instruction de ne pas s’arrêter pour éviter un mouvement de panique. Douze personnes sont décédées et vingt-deux ont été blessées, selon les enquêteurs du KGB biélorusse. L’explosion a laissé un cratère d’environ 80 centimètres de diamètre sur le quai.
Connaît-on les auteurs de l’attentat ?
L’attentat n’a pas été revendiqué. Le parquet de Minsk a annoncé hier l’interpellation de plusieurs personnes, dont le nombre et l’identité n’ont pas été révélés. Le procureur général adjoint, Andreï Chved, a indiqué que des portraits-robots de suspects avaient été préparés et seraient rapidement publiés. Alexandre Milinkevitch, l’un des principaux opposants au président Loukachenko, a pour sa part exclu toute implication de l’opposition.
« Les coupables doivent être retrouvés dans les plus brefs délais. Retournez tout le pays », a ordonné Alexandre Loukachenko au KGB dès lundi soir, ajoutant qu’il n’excluait pas « que ce ‘‘cadeau’’ vienne de l’étranger ». Celui qui gouverne le pays d’une main de fer depuis seize ans avait déjà dénoncé un « complot de l’étranger » lors d’un précédent attentat non élucidé en juillet 2008 et, en décembre dernier, quand des opposants avaient manifesté pour contester sa réélection. « C’est une accusation qu’il lance à tout bout de champ », commente Jean-Charles Lallemand, spécialiste du régime biélorusse, qui n’exclut pas que l’attentat soit « un coup monté par le pouvoir pour se donner un prétexte pour remanier son régime ». En revanche, le politologue récuse l’hypothèse islamiste : « La situation n’est pas la même que dans le Caucase. Il n’y a jamais eu d’attentats islamiques en Biélorussie. »
Comment réagit le pouvoir ?
L’opposant Alexandre Milinkevitch redoute que la tragédie n’entraîne une « nouvelle spirale de répression politique ». « On peut effectivement s’attendre à un régime d’exception sécuritaire renforcé avec des arrestations arbitraires et généralisées », prédit Jean-Charles Lallemand. De fait, l’attentat intervient dans un contexte de tensions politiques. « En décembre, après l’élection présidentielle, la répression est montée à un niveau jamais atteint en seize ans », poursuit l’expert. Plus de six cents opposants ont été arrêtés après la réélection controversée d’Alexandre Loukachenko. Vingt-deux sont encore en détention et cinq ont fui à l’étranger, dénonçant des tortures. Plusieurs candidats à la présidentielle ont été inculpés d’« organisation de troubles massifs » et encourent jusqu’à quinze ans de prison.
Jean-Philippe Chognot
Article publié dans le journal La Croix, du 13/04/2011, en page 11.
Soirée en
apparence ordinaire au Corso, un bar parisien du 13e arrondissement. Des grappes de jeunes gens affluent ce 8 mars des trois lycées voisins. Ce soir-là pourtant, l’ambiance est singulière. Ni
alcool, la plupart des clients n’ont pas l’âge légal, ni débat enflammé, ni commérage futile. Tous n’ont qu’une idée en tête : leurs futures études. Le bistrot se transforme en « café de
l’orientation » le temps d’une soirée. Il a été privatisé, sur l’initiative du groupe L’Etudiant et du Biop, le centre d’orientation de la chambre de commerce et d’industrie de Paris.
Les trois ex-employés de Renault, accusés injustement, négocient des compensations pour
le préjudice moral, et un quatrième cadre soulève une autre affaire.
Son inexpérience aurait pu être une faiblesse, elle est devenue sa
principale force. Le curriculum vitae politique de Michel Martelly, tout juste élu président d’Haïti, est vierge. « Je n’ai jamais été impliqué dans la politique. J’ai les mains propres
», scande-t-il, tel un slogan. Le néophyte de 50 ans s’est posé en candidat de la rupture avec le « vieux système ». « Je suis le changement et le changement est en train de gagner
les élections », avait-il clamé entre les deux tours.