Partager l'article ! La presse clandestine du ghetto de Varsovie: Le Mémorial de la Shoah à Paris présente jusqu’au 29 avril ...
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Le Mémorial de la Shoah à Paris présente jusqu’au 29 avril une exposition temporaire sur les archives clandestines du ghetto de Varsovie pendant
l’occupation allemande. On y apprend entre autre l’ampleur de la presse clandestine dans la capitale polonaise entre 1939 et 1942 grâce à des documents collectés par l’historien Emmanuel
Ringelblum.
L’activité journalistique constitue en quelques sortes le baromètre de la santé d’une société. C’est le cas pour la communauté juive de Pologne dans les années 1930 et 1940. En effet, avant l’abominable persécution que cette communauté a subit, la presse juive polonaise était très fournie. En 1939, avant l’invasion nazie, on recense deux cent titres dont trente à parution quotidienne et une cent cinquantaine en langue yiddish.
Comme toute domination, celle des nazis se caractérise par une prise de contrôle des média. Dès leur arrivée, les troupes allemandes confisquent tous les postes de radios et interdisent les journaux juifs. Les imprimeries juives sont mises sous scellés en juillet 1940. Toute cette presse est remplacée par de nouveaux journaux à la solde de l’occupant. La Gazeta Zydowska dont on peut voir le premier numéro dans l’exposition en fait partie.
Mais la presse juive ne disparaît pas totalement. A partir du début de l’année 1940, de nombreux journaux clandestins apparaissent et prennent le relais de leurs prédécesseurs. Ils sont la voix de la vie politique souterraine. Ils se font l’écho de deux grandes interrogations des partis politiques : Quelle position le peuple juif doit-il adopter dans la guerre en cours ? Quelle sera l’attitude de l’URSS à la lumière du pacte germano-soviétique ?
Au printemps 1942, on compte quarante-sept titres clandestins. Deux sur trois sont publiés par des mouvements de la jeunesse juive. Il fallait être bien courageux pour éditer de tels journaux. Ils étaient le plus souvent imprimés la nuit de façon artisanale dans des cantines populaires. Chaque exemplaire était lu en moyenne par vingt personnes. Undzer Veg (Notre Voix) est un exemple de cette presse. Celui-ci était publié par le parti Poale Zion Droite.
Cette presse a même réussi à survivre à la « nuit sanglante » du 17 au 18 avril 1942 qui a fait énormément de victimes dans le milieu des publications clandestine que les nazis ont tenté d’éradiquer. Malgré les exhortations du président du judenrate (conseil juif) pour y mettre fin, elles ont continué sur la même dynamique jusqu’en avril 1943 et la destruction du ghetto. Tant qu’il y a de la vie, il y a de la presse car malgré l’interdiction des journaux dans le ghetto, la presse n’a jamais cessé d’y exister.
Jean-Philippe Chognot
Les archives clandestines du ghetto de Varsovie.
Mémorial de la Shoah
17, rue Geoffroy l’Asnier
75004 Paris
Tél : 01 42 77 44 72
Fax : 01 53 01 17 44
Lien : http://www.memorialdelashoah.org/upload/minisites/ringelblum/shoah/index.htm