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Le service culturel de la mairie d’Antony organisait samedi 12 mai la quatrième journée de la BD (Bande dessinée) de la ville. Dans cette commune du sud des Hauts-de-Seine, des gens de tous âges se sont déplacés dans le parc Bourdeau pour assister aux différentes animations. Parcours surprenant et dépaysant.
Les moments de tranquillité et de détente sont rares et précieux. L’exposition « Des bulles dans la ville » offre un de ces instants d’éternité. Passionnés du neuvième art ou simples curieux, toutes les générations d’antoniens se retrouvent dans l’atmosphère champêtre du parc Bourdeau. Les personnes âgées ont le plaisir rafraîchissant de côtoyer entre les marronniers et les tilleuls leurs très jeunes congénères. Seul le ronronnement d’une fontaine vient troubler la sérénité des lieux.
Sur les grilles du jardin public, quinze planches et dessins sont exposés. Ils nous font voyager de PyongYang à Yamoussoukro en passant par New York et Paris. Les observateurs attentifs décortiquent les scènes du regard. Leur imagination semble les faire voyager dans ces endroits inconnus. Ils vont de panneau en panneau et tentent d’interpréter ce que le dessinateur a voulu leur faire découvrir. Chacun leur donne une signification différente. Tous sont embarqués dans le monde fabuleux de la bande dessinée.
Les visiteurs, séduits, continuent leur promenade qui les mènent vers un petit pavillon rustique. Devant, une femme joue de la cithare vietnamienne et transporte l’auditoire dans son univers extrême-oriental. Ce bref récital illustre parfaitement la bande dessinée de Clément Baloup : « Un automne à Hanoi ». Le dessinateur est présent à l’intérieur de la maisonnette entouré d’autres artistes comme lui. C’est l’occasion pour les amateurs de les rencontrer et bien sûr d’obtenir une dédicace.
Paul Carali, créateur de Psikopat et de Paulot, fait partie des exposants. Il dessine ses albums « à la plume ou au pinceau selon ce que [sa] main [lui] demande ». Français né en Egypte, il a dû se démener avant d’atteindre le succès. « Au tout début, c’est difficile. On est obligé de faire autre chose à côté. En fait, le plus dur, c’est de se faire éditer. A partir de là, le reste suit. Maintenant, je vis de ma passion. » Les scènes de la vie sont la source de son inspiration : « Les sujets de mes livres viennent du quotidien. Je les romance ensuite. », conclut-il.
A l’extérieur, Thérésa Amoon et Rogo Coffi Fiangor racontent des récits tirés de leurs bandes dessinées. Ils sont allés à la rencontre des antoniens pour compiler ces histoires croustillantes. Tous les thèmes de la vie citadine à Antony sont abordés : la propreté, les problèmes conjugaux, la mendicité, ou encore les bénévoles de la protection civile. Les enfants et leurs parents sont comme hypnotisés par les deux narrateurs. Ils découvrent des facettes de leur ville dont ils n’avaient pas idée.
Une fois leur flânerie terminée, les promeneurs quittent l’enceinte du parc. Ils ont tous l’air serein et reposé. Les bruits de la rue leur font prendre conscience que cette parenthèse est bel et bien refermée. De retour dans leur logis, ils seront probablement nostalgiques de ce moment de calme et de rêverie qui leur a été accordé.
Jean-Philippe Chognot