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Mercredi 6 juin 2007 3 06 /06 /Juin /2007 14:32

Chaque année, des milliers d’étudiants cherchent à se loger dans la capitale française. En moyenne, seule une recherche sur dix aboutit. Aides mal distribuées, marchands de sommeil et pénurie de studios,… Comment venir à bout de ce véritable parcours du combattant ?

Le premier souci d’un jeune adulte, lorsqu’il se lance dans des études supérieures à Paris, est sa recherche d’un logement. Dans cette quête, les familles les plus aisées n’ont souvent aucun mal à trouver leur bonheur. Face aux très nombreux postulants, les bailleurs privilégient bien évidemment les plus offrants et ceux qui fournissent la plus grande sécurité de paiement. Rive gauche, le loyer d’un petit studio peut atteindre 800 à 900 euros.

Dans les familles aux revenus les plus modestes, il est bien sûr hors de question de débourser de telles sommes. La Caisse d’allocation familiale (CAF) leur propose deux aides : l’Aide personnalisée au logement (APL) et l’Allocation de logement à caractère social (ALS). La première est versée au bailleur et la seconde à l’étudiant. Elles ne sont pas cumulables et ne s’adressent qu’aux demandeurs ayant déjà trouvé une location privée.

Finalement, ce sont les classes moyennes qui pâtissent le plus de la pénurie immobilière. Ils ne bénéficient ni des aides ni des logements publics parce que leurs revenus sont trop élevés. Ils ne parviennent pas à obtenir une location privée non plus car ils n’apportent pas de garantie financière suffisante. En d’autres mots : « trop riches pour être pauvres et trop pauvres pour être riches » selon les termes d’un rapport de l’Observatoire de la vie étudiante (OVE).

 

Dans l’attente d’une réponse politique

Pour tous les recalés des filières traditionnelles, il ne reste que des logements de fortunes insalubres. Des marchands de sommeil investissent dans des chambres de bonne qu’ils louent « de la main à la main » à des prix exorbitants. Ces habitats atteignent rarement les 9 m² requis pour avoir droit à l’APL ou à toute autre allocation. Si la surface légale était abaissée à 7 m², beaucoup plus d’étudiants pourraient bénéficier des aides de l’Etat.

Mais que se passe-t-il lorsqu’une famille n’obtient pas de bourses ? « Nous avons un fils de vingt ans et une fille de dix-sept ans et nous n’avons droit à aucune aide ni bourse. Deux enfants en même temps, c’est très dur, se lamente Thomas, un père de famille, Il faudrait que l’Etat fasse quelque chose. » Et justement, que fait l’Etat ?

Pour l’instant, pas d’action, que des discours. Le nouveau président de la République, Nicolas Sarkozy, promettait en octobre 2006 à Paris : « Il faut (créer) des résidences dans les grandes villes et (inciter) les bailleurs à louer leurs biens à des étudiants. » Comme souvent, cette annonce n’est pas accompagnée des modalités de mise en action. Le ministre du Logement, Christine Boutin, devra faire plus que des propositions pour aider sensiblement les futures générations d’étudiants.

 

Jean-Philippe Chognot

Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : France
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