Partager l'article ! Un chef d'entreprise au service de la diversité: Bruno Bianchetti est un chef d’entreprise très sensible à l’idée d’égalité des c ...
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Bruno Bianchetti est un chef d’entreprise très sensible à l’idée
d’égalité des chances. Il met cette notion en application dans son magasin tout naturellement.
« Ce qui fait la différence à l’embauche, ce n’est ni la race, ni l’ethnie, ni la religion du candidat. Il faut avant toute chose que le postulant présente bien face aux clients. » Telle est la philosophie de Bruno Bianchetti, le patron du magasin spécialisé dans la puériculture, Mimie la souris.
Ce ne sont pas que des paroles en l’air pour ce chef d’entreprise castel. Prisca, sa vendeuse d’origine guadeloupéenne, peut en témoigner. « Ma couleur de peau n’a pas posé le moindre problème. On n’y a même jamais fait allusion », affirme-t-elle avant de partir s’occuper d’une cliente et de son nouveau-né.
Les mentalités évoluent
Bruno Bianchetti approuve d’un hochement la tête et prend le relais de sa protégée : « Quand j’ai commencé à chercher une vendeuse pour mon magasin, je ciblais avant tout des femmes d’expérience de 50/55 ans, mères de famille ou même grand-mères. Je pensais que cela rassurerait ma clientèle composée à majorité de jeunes mamans. J’ai finalement trouvé l’inverse : une métisse de vingt-trois ans. À aucun moment, ça n’a été un souci pour moi. »
D’autant plus que la clientèle ne manifeste aucune hostilité à l’encontre de Prisca. « Il n’y a pas de difficultés particulières par rapport aux clients », confirme la jeune femme dans un grand sourire.
L’employeur abonde dans son sens : « Les mentalités ont beaucoup évolué depuis une vingtaine d’années. Et puis de toute façon, quand ils sont bien accueillis et surtout bien servis, les gens ne font plus du tout attention aux différences de couleur de peau ou d’origine. »
Un double engagement
En cohérence avec ses convictions, l’entrepreneur castel a signé en 2006 la convention territoriale pour l’Égalité des chances.
Cette charte, initiée par l’ancien maire de Château-Thierry, Dominique Jourdain, engageait ses vingt-deux signataires à éliminer toute discrimination à l’embauche. « J’ai signé la convention à deux reprises : une première fois au nom de mon entreprise, puis en tant que président de l’association des boutiques castelles, poste que j’occupais encore à l’époque. »
Bruno Bianchetti n’a toutefois pas attendu de parapher ce document pour croire en la diversité.
« Quand on signe ce genre de papier, c’est évident que l’on est déjà convaincu en amont. Si je ne m’étais pas engagé, j’aurais agi exactement de la même manière, explique-t-il avant de conclure, ça ne mérite pas une médaille, c’est juste normal. »
Jean-Philippe Chognot
Le député sonde les sociétés
Isabelle Vasseur, député de l’Aisne, a réuni 5 des 22 chefs d’entreprise signataires de la convention pour l’égalité des chances, lundi, à sa permanence castelle.
Cette rencontre s’est déroulée dans le cadre de la mission confiée à l’élue concernant « le recrutement et l’intégration des personnes issues des minorités. » (notre édition du 24 avril 2008)
Un tour de table a permis aux entrepreneurs d’exprimer des avis très similaires. Pour eux, la signature de la charte n’a rien changé sachant qu’ils étaient déjà sensibles à la question de la diversité.
« L’égalité des chances, c’est un état d’esprit. On l’a ou on ne l’a pas », a confirmé Idir Seker, de l’entreprise ARPHA spécialisée dans la réinsertion professionnelle des handicapés.
L’éventualité du CV anonyme a été abordée et unanimement désapprouvée. « Si quelqu’un veut faire de la discrimination, un CV anonyme ne l’en empêchera pas. Il aura toujours l’occasion de recaler un candidat lors de l’entretien d’embauche ou encore lors de sa période d’essai », a justifié Céline Faivre, directrice des ressources humaines (DRH) chez Bignat Fillaud matériaux.
En tout cas, le plus dur est à avenir pour Isabelle Vasseur : étendre toujours plus le cercle des convaincus.
J.-P.C.
Articles publiés dans le journal l'union, édition de Soissons, du 03/07/2008, en tête de page C.