Partager l'article ! Émouvant témoignage à la stèle de Fossoy: De nombreux élus et citoyens se sont réunis mardi autour de la stèle de Fossoy en hom ...
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De nombreux élus et citoyens se sont réunis mardi autour de la stèle de Fossoy en hommage aux victimes du régime de Vichy. L’occasion de tirer des enseignements pour l’avenir.
« Je vous adresse un appel à la vigilance pour sauvegarder la mémoire et pour combattre les révisionnistes et les négationnistes. » C’est par cette phrase que Michel Rudloff, président castel de la Fédération nationale des Déportés, a interpellé le parterre d’élus locaux réuni mardi autour de la stèle de Fossoy.
La Journée nationale commémorative des persécutions racistes et antisémites du régime de Vichy était, cette année encore, l’occasion de mettre en garde contre l’oubli et la haine. Faut-il le rappeler, entre 1940 et 1945, la France collaborationniste a, entre autres, été complice du meurtre de 75.000 juifs dont 11.000 enfants. Comme le soutenait Primo Levi : « Cela est arrivé et cela peut arriver encore. »
Quoi de plus marquant que l’histoire du jeune Maurice Zélis pour toucher les esprits ? Son frère cadet, Jacques Céliset témoigne : « Le 16 juillet 1942, deux policiers français nous arrêtèrent, mes parents, mon frère et moi, lors de la rafle du Vel d’Hiv. Cédant aux supplications de ma mère, l’un deux me laissa m’échapper. Trois jours plus tard, Maurice fut conduit au camp d’Auschwitz. Du train qui l’emmenait, mon frère griffonna un message à mon intention au verso d’une punition scolaire. C’est grâce aux époux Carron qui ramassèrent cette lettre à Fossoy que celle-ci put me parvenir. »
Tirer les enseignements
Dans ce courrier, l’adolescent donnait à son jeune frère des nouvelles de leurs parents encore à Drancy. Il terminait par l’espoir de se revoir un jour, signant : « Un jeune de seize ans qui écrit à son frère de onze ans. » Maurice Zélis mourut le 28 septembre 1942, soit seulement 10 semaines après son message.
« Un sort identique attendait mes parents. Ma mère décéda le 8 août 1942 et mon père le 3 septembre de la même année. Jusqu’à la Libération, je dus échapper aux rafles toujours menaçantes. En 1945, il fallut se rendre à l’évidence, aucun des miens ne reviendrait », conclut Jacques Céliset.
Comparant la stèle de Fossoy à une « balise lumineuse pour éclairer l’avenir », le maire de Château-Thierry, Jacques Krabal, a tiré les enseignements de ce témoignage : « Restons vigilants, enseignons la mémoire, empêchons l’oubli pour que plus jamais le fascisme, le racisme, l’antisémitisme ne prennent le pas sur les droits et la dignité de l’Homme. »
Jean-Philippe Chognot
Article publié dans le journal l'union, édition de Soissons, du 17/07/2008, en tête de page C.