Partager l'article ! Les pigeons ennemis publics n°1: Dans la cité castelle, les pigeons pullulent et provoquent de nombreuses nuisances. Consciente du problèm ...
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Dans la cité castelle, les pigeons pullulent et provoquent de nombreuses
nuisances. Consciente du problème, la mairie tente de réduire leur nombre à tout prix.
« Les pigeons posent un véritable problème de santé publique à Château-Thierry », avertit Isabelle Jacob, 1er adjoint au maire. L’élue compte réguler le nombre de ces oiseaux qui double chaque année. Elle espère ainsi atténuer les dégradations qu’ils causent dans la cité.
Nombreuses sont les nuisances occasionnées par les fientes de ces volatiles. « Les résidus azoteux contenus dans leurs déjections abîment les toitures en ardoises et la peinture des voitures. En plus, les fientes alourdissent les greniers et amènent des maladies », détaille Isabelle Jacob.
Trois quartiers castels sont particulièrement touchés. « On observe de grosses concentrations de ces nuisibles dans la rue Carnot près de la banque de France, autour de la Mafa (Maison de l’amitié franco-américaine), et dans la rue Vallée », énumère le 1er adjoint. Le clocher de l’église Saint-Crépin est également une vraie volière.
Un pigeonnier est pourtant installé au bord de la Marne. Celui-ci se révèle inefficace et pour cause : « Les pigeons préfèrent se réfugier dans des greniers des alentours où ils ont leurs habitudes », explique Isabelle Jacob. « Il faut absolument que les Castels nettoient leurs greniers et surtout qu’ils en bouchent tous les accès. Sinon, tous nos efforts seront vains », ajoute-t-elle.
Depuis quelques mois, la municipalité a décidé de tester une nouvelle méthode pour s’attaquer au problème. Elle a fait appel à une société de Provins spécialisée dans l’élevage de rapace et l’éviction d’oiseaux nuisibles. Trois fauconniers sont venus en mai dans la cité pour repérer la zone.
Des rapaces pour effrayer les pigeons
Le modus operandi est déjà élaboré : « D’abord, on appâte les pigeons avec de la nourriture pour les endormir. On en capture ainsi un grand nombre. Ensuite, on envoie les rapaces pour leur faire peur. La combinaison des deux opérations est censée les désorienter et faire partir ceux qui n’ont pas été capturés », décrit Isabelle Jacob.
Une fois en cage, les oiseaux sont confiés à une société habilitée pour leur euthanasie.
La municipalité compte passer à l’action dès la fin de l’année dans la rue Carnot. « Au bout de deux ou trois mois, si la technique est efficace, on décidera peut-être de former notre propre fauconnier », prévoit le 1er adjoint.
Toutefois, cette technique ne fait pas l’unanimité : « Je ne crois pas que les rapaces auront un réel impact, prédit Ludovic Jésu, des espaces verts. C’est sûr que les pigeons auront peur sur le coup, mais ils reviendront dès que les rapaces seront partis. »
Jean-Philippe Chognot
2.258 pigeons capturés depuis janvier
« On a divisé le nombre de pigeons par trois à la Mafa », affirme Ludovic Jésu. Depuis 2007, le service des espaces verts de la mairie a installé des cages adaptées à la capture de ces nuisibles. Celles-ci sont situées à l’église Saint-Crépin et à la Maison de l’amitié franco-américaine.
Sur l’année 2007, ce système a permis d’attraper 820 oiseaux pour un montant de 1.346 euros. Concrètement, éliminer un pigeon coûtait 1,64 euro. Le rendement des cages a sensiblement augmenté cette année.
2.258 pigeons ont été piégés en six mois, entre le 22 janvier et le 18 juillet 2008.
6.557 euros en 2008
Pour obtenir de tels résultats, les cages sont implantées dans des endroits clés totalement investis par les pigeons. Quatre grandes cages et une petite sont installées dans la tour de l’église Saint-Crépin depuis le 22 janvier. À la même date, deux grandes cages et deux petites ont été posées à la Mafa.
Mais ces captures sont très chères. Si l’on ajoute les 456 euros dépensés pour les sacs de grains, les 3.109 euros facturés pour l’enlèvement et l’euthanasie des oiseaux par une société spécialisée, les 2.992 euros pour la location des cages à cette même entreprise, on atteint une facture de 6.557 euros, soit 2,90 euros l’animal. « À aucun moment, on ne peut relâcher la pression, conclut Ludovic Jésu. Sinon, les pigeons en profitent et se reproduisent de plus belle. »
J.-P. C.
Article publié dans le journal l'union, édition de Soissons, du 29/07/2008, en tête de page B.