Partager l'article ! Le plan Géode au secours des seniors dénutris: On en parle rarement. Pourtant, nombreuses sont les personnes âgées qui ne mangent pas à ...
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On en parle rarement. Pourtant, nombreuses sont les personnes âgées qui ne
mangent pas à leur faim. A l’initiative de l’hôpital de Villiers, l’Omois s’attaque au problème.
« Dans le sud de l’Aisne, beaucoup de personnes âgées ne mangent pas à leur faim. Il faut que tout le monde en ait bien conscience. » Jean-François Bouteleux, angiologue (spécialiste des vaisseaux sanguins) à l’hôpital de Villiers-Saint-Denis, tire la sonnette d’alarme. Selon les régions, la dénutrition des seniors varie entre quatre et dix pour cent de la population. Dans l’Omois, le chiffre n’est pas connu car aucune instance ne se charge de le calculer.
Pour connaître l’ampleur du problème, un projet est en cours de mise en œuvre : Gériatrie Omois Dénutrition (Géode). « Ce plan est une initiative du comité de liaison alimentation nutrition (Clan) de l’hôpital de Villiers-Saint-Denis. Il a été retenu au niveau de la région Picardie », explique le praticien.
Géode n’a pas pour seul but de comptabiliser les cas. Il vise par un ensemble de mesures à lutter contre le fléau. « On a recensé les acteurs qui entourent les personnes âgées — médecins, infirmières, familles… — pour établir les besoins en formations. Une fois cette étape terminée, on devra construire ces formations et évaluer leur coût afin de trouver des financements », synthétise le docteur Bouteleux.
Il s’agit de sensibiliser l’entourage des seniors pour faire connaître et généraliser les moyens de dépistage.
Présenté au ministère
« Le Clan de Villiers-Saint-Denis a réalisé un CD de dépistage qui sera diffusé par un laboratoire pharmaceutique », explique Jean-François Bouteleux.
Ne reste plus qu’à trouver des financements. « On frappe un peu à toutes les portes », confie-t-il. Des demandes ont été envoyées au Groupe régional de santé publique (GRSP), aux Caisses nationales de solidarité contre l’autonomie (CNSA), à la Fondation de France, à l’association « Bien Vieillir » et aux administrations. Le plan a été présenté au ministère de la Santé le 11 juin.
« L’intérêt de Géode a été vivement reconnu. Si le projet marche, on pourra le cloner et il deviendra un projet de santé publique à l’échelon national », prédit Jean-François Bouteleux.
Jean-Philippe Chognot
Comment dépister un cas de dénutrition
La première étape pour lutter contre la dénutrition des seniors est le dépistage. Pour ce faire, il existe des critères de deux ordres :
Premièrement, il y a des facteurs Anthropométriques (relatifs aux proportions du corps humain). L’indice de masse corporel (IMC) est l’un d’eux. « Il se calcule en divisant le poids — en kilogrammes — par le carré de la taille — en mètres. Pour un individu de plus soixante-quinze ans, en dessous de 22, il y a dénutrition », explique le docteur Bouteleux.
Autre moyen de dépistage anthropométrique : le pourcentage de perte pondérale.
On parle de dénutrition si une personne perd 5 % de son poids initial en un mois ou 10 % en six mois.
Deuxièmement, il y a des critères biologiques. Lors d’une prise de sang avec dosage, si le taux d’albumine est inférieur à 35 grammes par litre, le patient est considéré comme dénutri.
Deux causes peuvent entraîner une dénutrition. « Soit la personne ne mange pas assez pour toutes sortes de raison — isolement, pauvreté… —, soit la personne mange normalement mais son corps consomme beaucoup à cause d’une maladie par exemple », détaille Jean-François Bouteleux.
J.-P. C.
Article publié dans le journal l'union, édition de Soissons, du 07/08/2008, en tête de page B.