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Dimanche 17 août 2008 7 17 /08 /Août /2008 21:49

Soucis économiques, familiaux, peur… Nombreuses sont les raisons qui poussent une famille à abandonner son chien. À la Picoterie, on s’inquiète de l’ampleur du phénomène.

« Lui, c’est Gouache, il porte bien son nom parce qu’il est très nerveux. Eux, c’est Blacky et Buck, ils s’entendent très bien. Là, c’est Owen, il cherche toujours les caresses… » Stéphanie, du refuge de la Picoterie à Crogis, connaît parfaitement le caractère de chacun de ses pensionnaires à quatre pattes. Derrière chaque museau, il y a une histoire, rarement reluisante. Tous ont été abandonnés par leur maître.

« Pour le chien, la séparation d’avec son maître est toujours très dure. Il y en a qui restent pendant des semaines dans leur coin, effrayés », relate Françoise Sémof, présidente de l’Association de défense des animaux de l’Omois (Adao), en charge du refuge. Les scènes déchirantes se multiplient ces derniers temps. Elles se sont répétées trente-sept fois depuis le début de l’année 2008. « C’est de plus en plus fréquent depuis deux ans, confie la présidente. À les écouter, les gens qui abandonnent leur chien ont toujours une bonne raison. »

 

Quarante-trois chiens hébergés

Parfois, quand un couple divorce, l’animal de compagnie en fait les frais. Tantôt, l’arrivée d’un nouveau-né précipite le départ du meilleur ami de l’homme devenu indésirable. De plus en plus, des problèmes économiques poussent souvent à se séparer de son fidèle compagnon.

« Depuis la série d’agressions par des chiens de catégorie 1 ou 2 il y a un an, les gens ont aussi beaucoup cédé à la psychose », ajoute Françoise Sémof. Les gros chiens en sont les premières victimes.

Autre conséquence de cette panique, les adoptions d’animaux du refuge sont en très forte baisse. Elles ont pratiquement diminué de moitié depuis l’année dernière. « Certains chiens restent des années à la Picoterie et ne trouvent jamais de nouvelle famille », regrette Stéphanie.

Par conséquent, les effectifs atteignent des sommets. « Nous hébergeons actuellement quarante-trois chiens. Nous sommes amenés à refuser des abandons », prévient Françoise Sémof, tout en cajolant une gentille boule de poils qui vient de faire irruption dans son bureau.

Elle précise : « Nous n’essayons pas de faire adopter nos chiens quoi qu’il en coûte. Nous nous assurons bien à chaque fois que le foyer est adapté à l’accueil d’un animal. Trop de gens adoptent à la légère sans penser aux conséquences. » Ces personnes finissent souvent par ramener au refuge le chien adopté, le traumatisant encore davantage.

Jean-Philippe Chognot

 

Trente-sept abandons en 2008

 

La Picoterie dispose d’une section fourrière. Elle dépend de la Direction des services vétérinaires du ministère de l’Agriculture. Son mode de fonctionnement est bien réglé.

« Quand on retrouve un chien sur la voie publique, il y a deux cas de figure. S’il est identifié — par une puce électronique sous l’épaule ou par un tatouage —, nous retrouvons son propriétaire et nous le lui restituons. S’il n’est pas identifié et pas réclamé, le refuge l’adopte au bout de dix jours », détaille François Sémof. L’animal est alors disponible à l’adoption.

Dans la plupart des SPA (Société de protection des animaux), les animaux sont euthanasiés au bout de dix jours. « Ici, ce n’est pas le cas », rassure la présidente de l’Adao.

Depuis le 1er janvier, soixante-huit chiens ont été retrouvés sur la voie publique. Trente et un ont été restitués et trente-sept ont été adoptés par le refuge.

J.-P.C.

 

Article publié dans le journal l'union, édition de Soissons, du 16/08/2008, en tête de page 6.

Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Local
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