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Jeudi 5 février 2009 4 05 /02 /2009 15:22

En ce début de millénaire, il est de bon ton de se poser en chantre de l’écologie. Cette cause mène aux prix Nobel, aux distinctions variées et diverses et au cœur des « bons » citoyens du monde. Les satisfécits unanimes qui ont accompagné la diffusion du docu-fiction écologiste Les temps changent, mercredi 4 février sur France 2, le prouvent.

Le long-métrage anticipe l’état de notre planète en 2075 si la température moyenne augmente de 3 °C d’ici là. Le scénario s’articule autour de personnages aux destins bouleversés par le réchauffement climatique : Idri et Faouzi, les réfugiés climatiques ; Julia, la viticultrice sans vigne ; Niels, le Cassandre de la biologie ; et Grace, l’écologiste désenchantée. L’anticipation se base sur des prévisions du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), prix Nobel de la Paix 2007.

S’il est difficile de critiquer le fond du message, la forme est horripilante. La voix grave et condescendante du narrateur, les longs plans soporeux de paysages désolés… Le scénariste – Philippe Dussau – joue la carte de la culpabilisation du téléspectateur. Les dialogues misérabilistes et lyriques rappellent les soap-operas anglo-saxons des années 1980. Le contenu scientifique est malheureusement brouillé par des sensibleries répétées.

On a coutume de dire que le cœur et la raison ne font pas bon ménage. Les temps changent en est la fidèle illustration.

Jean-Philippe Chognot

Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Culture
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Mercredi 5 mars 2008 3 05 /03 /2008 18:54

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Malgré tous les liens qui unissent la France aux pays et à la culture arabes, l’enseignement de la langue arabe dans l’Hexagone laisse à désirer. Synonyme d’extrémisme dans la tête de beaucoup de Français, l’arabe se trouve face à de nombreux obstacles qui l’empêchent d’acquérir une place de choix dans le système éducatif tricolore. Cette situation marque une rupture profonde avec la longue tradition des études arabes en France, qui remonte à la Renaissance et au règne de François Ier.

Plus de deux millions d’arabophones en France, des relations étroites avec les pays arabes, notamment maghrébins… mais seulement une cinquantaine de professeurs agrégés d’arabe et 250 établissements enseignant cette langue. Comment en est-on arrivé à un tel paradoxe ? L’histoire de l’enseignement de l’arabe en France ne laissait pas augurer d’un tel déséquilibre. « L’intérêt pour la langue et la culture arabes résulte d’une grande tradition qui remonte au XVIe siècle », rappelle Bruno Halff, inspecteur général honoraire d’arabe et membre de l’association France-Algérie, qui milite pour approfondir les relations franco-arabes. Dès 1530 fut créée la première chaire d’arabe au futur Collège de France. Plus récemment, en 2005, c’est le centenaire de la création de l’agrégation d’arabe – deuxième plus ancienne agrégation de langue en France après celle d’anglais –, qui a été célébré.

L’arabe est avant tout une langue de culture. « Ce n’est pas seulement la langue du Coran – ce qui n’est déjà pas rien. L’arabe a aussi transmis à l’Occident des connaissances scientifiques importantes, dans des domaines aussi divers que la médecine, la biologie, les mathématiques, l’astronomie, la botanique ou encore la physique, énumère Bruno Halff. Mais ce n’est pas tout. Des grands textes, grecs par exemple, sont parvenus en Occident grâce à l’arabe, traduits à Tolède, en Espagne. » De plus, l’arabe est une des langues officielles des Nations unies (Onu) et de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco).

Pourtant, selon Pierre Joxe, président de l’Association France-Algérie, la langue arabe n’est souvent pas vécue comme un atout, surtout par les jeunes générations originaires de pays arabes. Le membre du Conseil constitutionnel explique cela par deux raisons : « D’une part, dans l’inconscient collectif, l’arabe est la langue des prolétaires parce que, dans le temps, ceux qui parlaient arabe en France, c’étaient les ouvriers. D’autre part, l’arabe n’est pas assez présenté aux jeunes comme la grande langue de civilisation qu’elle est. »

 

Enseignement dans le cadre religieux

Ces mauvaises perceptions découlent en grande partie de la faiblesse de l’enseignement de l’arabe dans le système éducatif français. « Beaucoup de jeunes désirent apprendre cette langue, il y a un vrai engouement. Mais l’offre ne suit pas. Les élèves abandonnent rapidement l’idée de poursuivre son apprentissage », remarque Bruno Halff. Concrètement, dans quarante-cinq départements français, l’enseignement de l’arabe est totalement absent du système scolaire. C’est le cas par exemple dans l’académie de Corse où, pourtant, 13 % de la population en âge d’aller à l’école est marocaine.

La situation dans l’enseignement supérieur est légèrement plus favorable même si elle est loin d’être idéale : 3,5 % des étudiants suivent des cours d’arabe. Cela place cette langue en 5e position des langues étudiées dans le supérieur, encore loin derrière l’anglais (63 %), l’espagnol (28 %), l’allemand (13 %) et l’italien (6 %). Ce qui empêche les effectifs d’augmenter, c’est le manque de professeurs. « On diminue le nombre d’enseignants agrégés. Cela entraine une diminution du nombre d’étudiants. Alors, comme il y a moins d’étudiants, on diminue de nouveau le nombre d’agrégations et ainsi de suite. C’est le serpent qui se mord la queue », dénonce Pierre Joxe.

Face à tous ces problèmes non résolus dans les circuits traditionnels d’enseignement, beaucoup de déçus se rabattent sur le milieu associatif pour apprendre l’arabe. Cela cause d’autres maux non moins préoccupants. « Les associations, religieuses ou non, réunissent des publics très importants. Mais, malgré toute la bonne volonté qu’elles mettent pour enseigner l’arabe, elles ne disposent pas des outils nécessaires pour un bon apprentissage », note Bruno Halff. Pierre Joxe poursuit : « En plus, cet enseignement se fait la plupart du temps dans un cadre religieux. Cela apporte de l’eau au moulin de ceux qui font l’amalgame entre arabe et intégrisme. »

Pour mettre un terme à ces amalgames et replacer l’enseignement de l’arabe à une place privilégiée en France, l’Association France-Algérie prévoit d’organiser un colloque sur le sujet au mois d’octobre 2008. « Il réunira des universitaires français et étrangers, des chercheurs, des intellectuels et des artistes », annonce Pierre Joxe. Ce rassemblement aura probablement lieu à Marseille. Tout un symbole : presqu’un quart de la population de cette ville est d’origine maghrébine.

Jean-Philippe Chognot


Pour Médias France Intercontinents : http://www.rfi.fr/fichiers/MFI/CultureSociete/2409.asp
Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Culture
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Vendredi 22 février 2008 5 22 /02 /2008 15:37

9782020962292.jpg En 2003, dans la chaleur suffocante de l’été rwandais, des milliers d’anciens prisonniers sortent en rangs serrés du pénitencier de Rilima. Tous génocidaires en 1994, ils viennent d’être graciés par un décret du président Paul Kagamé pour repeupler les campagnes et prêter main forte dans les champs.

Sous le prétexte de réconciliation nationale, les anciennes proies tutsies voient défiler devant eux les prédateurs repentis qui avaient sauvagement coupé leurs parents, leurs frères, leurs enfants dans les marées de Nyamata. A défaut d’être jugés, les assassins devront faire le récit de leurs crimes devant les gaçapas, des tribunaux traditionnels.

L’ancien journaliste du quotidien Libération Jean Hatzfeld est allé recueillir de nombreux témoignages auprès des rescapés tutsis et des hutus réhabilités. Il utilise ainsi le même mode opératoire que dans ses deux précédents ouvrages consacrés au génocide du Rwanda : Une saison de machettes (2003) et Dans le nu de la vie (2005).

Sans jouer la carte de la sensibilité superflue, comme le font beaucoup d’auteurs actuellement, les récits épurés, sobres et pudiques des acteurs d’une des plus grosses tragédies du XXe siècle se suffisent à eux même pour tenir le lecteur aux entrailles.

Jean Hatzfeld ne tombe pas dans le piège d’une vision manichéenne des évènements. Il parvient au contraire à transmettre toute la complexité de ce pays partagé entre ressentiment et nécessité de vivre ensemble, dix ans après un génocide qui a fait près d’un million de victimes.

Jean-Philippe Chognot


La stratégie des antilopes, de Jean Hatzfeld. Editions Seuil. 303 pages. 19 euros.
Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Culture
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Mardi 22 janvier 2008 2 22 /01 /2008 19:46

undefined Jean-François Probst publie, en ce mois de janvier 2008, son dernier livre : Les dames du Président, aux éditions du Rocher. En fin connaisseur de la vie politique française, l’ancien collaborateur de Jacques Chirac, Charles Pasqua, Alain Juppé et Michèle Alliot-Marie, notamment, tente de percer la personnalité et les ambitions de cinq femmes influentes de l’entourage de Nicolas Sarkozy : Cécilia Ciganer, Rachida Dati, Ramatoulaye Yade, Fadela Amara et Christine Lagarde.

« Les traits communs qui lient Cécilia, Rachida, Rama, Fadela et Christine sont sans doute leur ambition, leur courage, leur ténacité et surtout leur goût pour la conquête rapide du pouvoir à l’image du Kaiser Sarkoko (sic). » C’est en ces termes que Jean-François Probst, ancien collaborateur des grandes figures du Rassemblement pour la République (RPR), résume le fil conducteur de son livre « Les dames du Président », une série de portraits féminins tout juste publiée aux éditions du Rocher. « Ce qui m’intéressait, c’était de savoir ce que ces femmes pouvaient apporter à la vie politique française » : l’ancien maire de Bois-Colombes a voulu cerner l’étendue de leur influence sur l’actuel locataire de l’Elysée et a fortiori sur la France qu’il gouverne.

Qui mieux que Cécilia Sarkozy pour symboliser cette influence ? L’ancienne épouse de l’animateur Jacques Martin a joué un rôle prépondérant dans l’ascension inexorable de son second époux. « Mon approche pour traiter du couple que formaient Cécilia et Nicolas, c’est la conquête du pourvoir. » « L’Impératrice Céci » a soutenu son homme politique de mari jour après jour jusqu’au sommet. A ce sujet, le gaulliste de toujours rappelle les propos de celle qu’il qualifie de « dame de trèfle » : « Les hommes politiques, c’est comme les artistes, il faut leur tenir la main pour qu’ils montent les marches. »

C’est également l’éphémère première dame de France qui a introduit le « Kaiser Sarkoko » dans le monde du show-biz. Jean-François Probst l’affirme dans son ouvrage : « C’est là l’une des grandes forces de Cécilia : elle aura constamment et fortement contribué à élargir le cercle des amis, vrais ou faux, de Nicolas Sarkozy. » C’est bien grâce à ce nouveau réseau que le Neuilléen a acquis une nouvelle dimension, une dimension people et médiatique qui le caractérise encore aujourd’hui plus que jamais.

 

Fadela Amara, le coup de cœur

  Après la « dame de trèfle », l’auteur s’attarde sur la « dame de carreau » : Rachida Dati. Moins tendre qu’avec la précédente, il la décrit comme une grande opportuniste. « Elle a frappé à toutes les portes, elle a écrit à tout le monde. Il fallait bien que quelqu’un lui réponde. » Ce quelqu’un, ce fut Nicolas Sarkozy, alors maire de Neuilly-sur-Seine. Sa capacité à mettre de son côté le futur couple présidentiel lui a permis de gravir les échelons du pouvoir et de devenir ministre de la Justice. Cependant, Jean-François Probst n’est toujours pas convaincu par la protégée de Simone Veil : « Rachida Dati poursuit une carrière à la Edith Cresson : quelques gaffes, de l’arrogance, mais beaucoup de fulgurance. »

9782268064574.jpg A l’inverse, l’amoureux de l’Afrique semble estimer davantage Ramatoulaye Yade. La secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme est sa « dame de pique ». « Quand elle parle au parlement, elle a beaucoup de savoir-faire. Elle répond très précisément aux questions posées par la représentation nationale. Sur l’affaire de l’arche de Zoé, elle m’a subjugué face au très expérimenté Jean-Louis Bianco », s’enthousiasme-t-il. Selon lui, « si elle prend à bras le corps les problèmes qui se posent aux quatre coins du monde, elle peut apporter beaucoup à l’image de la France. »

Pour compléter son carré de dames, Jean-François Probst a choisi Fadela Amara, sa « dame de cœur ». Vraisemblablement aussi son coup de cœur. « Elle m’impressionne beaucoup dans sa faculté à s’exprimer avec un langage simple. Elle est comprise par 80 % de la population, ce qui n’est pas une mince affaire quand on sait que la plupart des Français ne comprennent pas bien le français. » L’analyste qualifie d’ailleurs de « coup de génie » l’entrée de la présidente de l’association Ni pute ni soumise au gouvernement.

Autre bonne pioche aux yeux de l’« ami de Chirac » : le ministre de l’Economie, des Finances et de l’Emploi Christine Lagarde. Puisqu’il ne peut y avoir que quatre dames, l’ambitieuse « dame de Chicago » – en référence à sa brillante carrière dans les cabinets d’avocats d’affaires de Windy city – sera son joker. « Ce qui m’intéresse chez elle, c’est comment elle va apporter, depuis Bercy, le pragmatisme, la rigueur et la technicité dont la France a besoin », argumente-t-il. Le consultant international conclut par un pressentiment à son sujet : « Si Lagarde est élue dans le XIIe arrondissement (de Paris, ndlr) en mars prochain, qui nous dit qu’elle ne remplacera pas Fillon à Matignon lors d’un prochain remaniement ? »

 

Jean-Philippe Chognot



Les dames du Président, Jean-François Probst, éditions du Rocher, janvier 2008, 16,90 euros
Pour Média France Intercontinents : http://www.rfi.fr/fichiers/MFI/PolitiqueDiplomatie/2364.asp
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Dimanche 9 septembre 2007 7 09 /09 /2007 16:25

STAGIAIRE-09092007-01.jpg Avec « Le stagiaire amoureux », son deuxième roman, Thierry du Sorbier raconte les pérégrinations hautes en couleurs d’Amory, jeune stagiaire en journalisme au Courrier d’Avesnes.

Chacun a une bonne raison de détester ce jeune homme : il est pistonné, il fait tourner la tête des filles, réduisant à néant des semaines de cour acharnée des coqs rivaux, … Bref, tout en lui irrite.

Croyant enfin tenir un remède miracle, le rédac’chef décide de placardiser l'impudent blanc-bec en l’envoyant à Saint-Paulin-sur-Morbier, village perdu entre deux sous-préfectures de canton, où rien n’est jamais venu troubler la tranquillité rurale.

Mais ce tyran de salles de rédaction ne sait pas encore qu’il est sur le point de provoquer un véritable tremblement de terre dans les existences, jusque là monotones et sans histoires, de son journal et de l’obscur bourg de Saint-Paulin-sur-Morbier…

Débordant de clichés, sur la France profonde notamment, et truffé d’allusions et de clins d’œil, ce roman est réjouissant de drôlerie. De portraits acides en descriptions croustillantes, l’auteur croque les personnages avec un humour décalé et très plaisant. Le résultat est surprenant. Un auteur à suivre assurément…

Jean-Philippe Chognot

 

« Le stagiaire amoureux », de Thierry du Sorbier. Editions Buchet/Chastel. 200 pages. 13 euros.

Article publié dans le journal l'union, dans toutes les éditions du dimanche 09/09/2007, dans les pages magazine.

Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Culture
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Mercredi 15 août 2007 3 15 /08 /2007 17:53

NOCTURNALES-14082007-01.JPG Samedi, une quinzaine de chanceux ont pu participer à une « Nocturnale » sur le thème du XIXe siècle. L'occasion de se mettre en appétit pour en découvrir encore plus sur Laon.

La « Nocturnale » de samedi dernier, organisée par l'office du tourisme, offrait l'opportunité de découvrir une époque peu connue des annales de la ville de Laon : le XIXe siècle, années cruciales, puisqu'elles ont permis à la cité de triompher face à un urbanisme sauvage, en imposant son patrimoine. C'est en effet la période où la majorité des quatre-vingts monuments historiques de la ville ont été édifiés, restaurés ou simplement recensés par l'écrivain et historien Prosper Mérimée.
Tout au long de la visite, allant de la cathédrale à la chapelle des Templiers, en passant par la rue Châtelaine, l'hôtel de ville, les remparts ou encore la citadelle, la quinzaine de curieux venue assister à la visite – des Laonnois pour la plupart – a été comblée par les récits historiques, hauts en couleurs et narrés avec brio, par la captivante Sabrina Moreau.
Pour chaque bâtiment, la charmante guide avait quelques anecdotes à raconter.
Par exemple, l'histoire hors normes de la citadelle a été très appréciée. Construite sous Henri IV pour surveiller de bien rebelles Laonnois, elle n'a jamais eu d'usage militaire. L'histoire de ce bâtiment, pleine de rebondissements, a vécu son principal fait marquant le 9 septembre 1870, avec l'explosion de sa poudrière, provoquée par Henriot Dieudonné, en résistance aux Prussiens.


Partager ses souvenirs
Au fil des anecdotes, des conversations se sont improvisées entre les Laonnois présents, tout heureux de se remémorer les péripéties de leur enfance.
L'une se souvenait de l'ancien tramway qui « ne parvenait plus à atteindre le plateau à cause du verglas. », quand une autre personne évoquait « les litres de sueur perdus sur les grimpettes, entre 1970 et 1989, quand il n'y avait plus de transport en commun entre la ville basse et la ville haute. ».
Finalement, tous ont été séduits par cette balade atypique, qui a débuté à la lumière du jour, pour se terminer dans la nuit, à la lueur des réverbères.
Cétait la seconde fois que la « Nocturnale » se déroulait sur ce thème, les touristes préférant généralement se faire conter le passé médiéval de la cité. Mais rien n'est moins grave, car, comme le disait Victor Hugo, au XIXe siècle justement : « Tout est beau à Laon, les églises, les maisons, les environs, tout… ».

Jean-Philippe Chognot


NOCTURNALES-14082007-02.JPG Tout savoir sur les « Nocturnales »
Tous les samedis, à partir de 20 h 30, les « Nocturnales », proposées par l'office de tourisme, sont l'occasion de redécouvrir Laon dans l'atmosphère toute particulière de la tombée de la nuit. Chacune de ces visites est une surprise dont le thème est tenu caché jusqu'au moment du départ.
Parmi les parcours déjà réalisés, et qui seront probablement reproposés un jour : « Congrégation, hôpital général, petit Saint-Vincent », « Les fontaines », « Les églises »
Alors, n'hésitez pas à vous inscrire, car, en plus, une petite surprise vous attend peut-être en fin de visite, qui sait ?
Par ailleurs, il est préférable de réserver son billet à l'avance. Mais ce n'est pas la peine de soudoyer les demoiselles de l'office de tourisme pour connaître le sujet à l'avance, car Sabrina Moreau l'affirme : « Même sous la torture, je ne le révélerais pas. ».
Rendez-vous samedi prochain à la tombée de la nuit.

J.-P.C.


Articles publiés dans le journal l'union, édition  de Laon, du 15/08/2007, en tête de page 2.
Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Culture
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Mardi 22 mai 2007 2 22 /05 /2007 19:11

Emmanuelle A. est étudiante en journalisme. Une passion lui tient tout particulièrement à cœur : l’Inde. Depuis sa découverte de ce pays, sa vision du monde a radicalement changé. Elle nous explique pourquoi.

 

Jean-Philippe Chognot : L’Inde est la grande passion de votre vie. Cet intérêt vous vient-il de loin ?

Emmanuelle A. : Non. Il y a peu, je n’avais pas encore d’attirance particulière pour l’Inde. Rien ne me poussait à m’intéresser à cet Etat plutôt qu’à un autre. En fait, j’ai été frappée d’un coup de foudre pour ce pays et pour sa population lors d’un voyage que j’ai réalisé là-bas en août 2006. Le choix de cette destination n’était d’ailleurs pas de mon ressort. J’avais le choix entre le Maroc et l’Inde. Il s’est finalement trouvé que je suis allée en Inde.

 

J.-P.C. : Ce voyage était-il programmé dans un but précis ou était-ce seulement un séjour de vacances ?

E.A. : Un peu des deux. La raison première de ce périple consistait en un déplacement journalistique. Je faisais partie d’une association de journalisme. Nous étions sponsorisés par quelques entreprises de Côte d’Or dont, par exemple, le journal régional Le Bien Public. Nous avions pour objectif de réaliser un magazine focalisé sur l’Inde. Mais on peut aussi considérer que c’était des vacances parce que j’y suis aussi allée pour le plaisir pendant mes congés.

 

J.-P.C. : Avant d’entreprendre ce voyage, quelle image vous faisiez-vous du pays ?

E.A. : J’avais les clichés que les media nous font passer. Par exemple, l’Inde me semblait être un pays très religieux où la population est très croyante. J’imaginais un pays chaud et pluvieux que la culture occidentale n’avait pas encore envahi. Je voyais aussi des gens très pauvres mais toujours chaleureux et souriants. A la télévision, l’Inde est toujours associée à la mendicité donc, évidemment, c’est l’image que je m’en faisais.

 

J.-P.C. : Vos premières impressions à l’aéroport ont-elles confirmé vos préjugés ?

E.A. : Quand j’ai posé le pied à Bombay, une partie de mes idées préconçues ont en effet été accréditées. L’idée que je me faisais de l’extrême pauvreté du pays a été entérinée. Dès ma sortie de l’avion, il m’a été donné à voir la misère et le dénuement de ce peuple. Des centaines de mendiants, adultes et enfants, passaient leurs mains à travers les grillages de sécurité pour demander de l’argent ou de quoi manger. Cela a vraiment été un choc considérable pour moi.

 

J.-P.C. : Le mode de vie des Indiens que vous avez côtoyés vous a-t-il marqué ?

E.A. : Nous étions en contact direct avec la population. A part nos familles d’accueil qui avaient un mode de vie relativement proche du nôtre, nous avons bien sûr été amenés à interroger de jeunes gens bien moins initiés à l’occident. Ma rencontre avec eux m’a profondément enrichie. Par exemple, j’ai découvert que les indiens de ma génération n’ont absolument pas les mêmes préoccupations que moi. Ils sont bien plus influencés que nous par les dogmes de leur religion.

 

J.-P.C. : Des sujets sont probablement revenus régulièrement dans vos conversations. Lesquels ?

E.A. : Nous avons évoqué de nombreux sujets qui nous tenaient à cœur. Mais le planning familial était un thème récurent. Cette institution n’a pas vraiment d’équivalent en France. C’est une sorte d’association qui se rend dans les foyers pour informer les femmes et les enfants en particulier. Ils sont alertés sur les recours en cas de violence conjugale ou encore sur l’usage du préservatif et des techniques d’avortement. C’est une volonté de l’Etat d’améliorer la vie de la femme et des enfants dans ce pays où les conditions de vie sont très compliquées.

 

J.-P.C. : A partir de ces rencontres, vous avez donc réalisé un magazine. Comment vous répartissiez-vous les rôles ?

E.A. : Tous les matins, nous nous réunissions à l’Alliance Française. C’est un lieu où les étudiants indiens apprennent la langue française. C’était notre quartier général. La salle de conférence nous était réservée et nous y tenions nos conférences de rédaction. C’est lors de ces réunions que nous nous répartissions les articles. Le reste du temps était consacré à la recherche d’informations et à leur rédaction.

 

J.-P.C. : Dans cette recherche d’informations, l’approche avec la population vous a-t-elle posé des problèmes ?

E.A. : Evidemment, nous ne parlions pas la langue donc ce n’est jamais simple de se comprendre dans ces conditions. Mais nous avions à nos côtés des traducteurs. Ils nous ont été d’une aide considérable. De ce fait, la barrière de la langue n’a pas été infranchissable. Au-delà de cet obstacle, l’accueil et la chaleur de nos interlocuteurs nous a énormément facilité les choses. Ils n’avaient pas de réticences particulières pour se confier à nous. Je pense que ces rencontres inattendues nous ont autant apporté qu’à eux.

 

J.-P.C. : Ce voyage semble avoir été très enrichissant. Que retenez-vous tout particulièrement de votre séjour ?

E.A. : Être confrontée à une culture différente pour la première fois, c’est évidemment très dépaysant. On ne ressort pas indemne d’une telle expérience. Ce qui restera à jamais dans ma mémoire, c’est la conception complètement différente qu’ont les jeunes indiens de la vie. Leurs mœurs et leurs principes sont à des années-lumière de notre morale occidentale. Ils ont une autre notion de l’amour qui me fait penser à celle qu’avaient nos ancêtres. Ces deux semaines en Inde m’ont ouverte au monde.

 

Propos recueillis par Jean-Philippe Chognot

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Vendredi 18 mai 2007 5 18 /05 /2007 19:47

    Le journal Libération est en réel déclin depuis les années 1980. Beaucoup cherche à comprendre cet affaiblissement d’un des plus connus des quotidiens nationaux. Chacun y va de sa thèse et de son explication. Celles-ci viennent souvent de personnalités extérieures au journal. Elles n’ont qu’une vision partielle du problème auquel est confronté le titre. Ce n’est pas le cas de Eric Aeschimann, l’auteur de « Libération et ses fantômes » paru en mars 2007 aux éditions Seuil. Son analyse est d’autant plus pertinente qu’il est journaliste dans la rédaction du périodique depuis 1990. Il vit cette régression de l’intérieur.

 

    Eric Aeschimann émet l’hypothèse que la chute de Libération est due à la combinaison de nombreuses causes. En fait, le titre connaît les mêmes problèmes que ceux auxquels est confrontée la gauche tout entière dont il se veut être la voix. Il souffre d’une profonde crise identitaire. Créé après les évènements de Mai 68 par l’éphémère Gauche prolétarienne de Jean-Paul Sartre, de Maurice Clavel ou encore de Serge July, Libération n’a pas su adopter une ligne éditoriale consensuelle susceptible de rassembler la gauche. Bien sûr, le « style libé » a connu son heure de gloire. Les titres accrocheurs et les unes attire-l’œil étaient le symbole de toute une gauche protestataire issue de Mai 68.

 

    Mais cette belle période n’a pas duré très longtemps. Le quotidien s’est vite trouvé face à un dilemme insoluble : comment concilier les lecteurs de deux gauches qui se haïssent ? Comment attirer à la fois la gauche radicale, de laquelle il est issu, et la gauche modérée vers laquelle il tend ? Le grande drame du journal est de ne pas avoir réussi – ou osé – à trancher entre ces deux camps. Il est resté protestataire dans sa forme mais nettement moins dans son fond. Ses fondateurs se sont institutionnalisés tout en gardant la nostalgie de leur jeunesse révoltée. L’éditorialiste Serge July a cultivé cette plume acerbe qui fait son succès tout en ne parvenant pas à s’opposer au tournant relativement libéral de sa rédaction dans les années 1980.

 

    Voila tout le problème que Eric Aeschimann tente d’illustrer dans ce livre. Cet essai sans concession à l’égard de son employeur montre un aspect des choses rarement dévoilé par les nombreux pseudo analystes qui ont précédé. Ouvrage très court et facile à lire, il est incontournable pour tout ceux qui s’intéressent de près ou de loin à la vie des media ou du monde des professionnels de l’information.

 

Jean-Philippe Chognot

Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Culture
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Vendredi 4 mai 2007 5 04 /05 /2007 12:06
    Steevy Boulay, David Beckham, les Queers, Vincent Macdoom… Les icônes de la féminisation de la société occidentale sont nombreuses. La mode masculine passe maintenant inévitablement par l’épilation, les cosmétiques et tous les autres accessoires de la féminité. Pis, le fond a rejoint la forme sur ce chemin : les jeunes hommes des années 2000 parlent du grand amour, de la « princesse charmante » et même de la fidélité absolue et inconditionnelle. Mais où va le monde ? Ces générations, élevées par des mères divorcées, ont le discours féministe profondément ancré dans leurs principes. C’est précisément ce que dénonce le journaliste Eric Zemmour dans son livre : « Le premier sexe ».

 

    Comme tout régime totalitaire, la dictature de la féminité dispose d’instruments de propagande : les media et la publicité en sont les plus néfastes exemples. Entre les mannequins efféminés qui font la Une de la presse et posent dans des campagnes publicitaires, l’image de l’homme moderne est totalement bouleversée. Tous ceux qui refusent de masquer leur virilité sont immédiatement stigmatisés par le lobby féministe. Traiter un homme de ringard ou de macho ; voila l’arme absolue pour coller à un pauvre bougre l’étiquette d’homme des cavernes infréquentable. Outil de répression imparable !

 

    « Le féminisme est un bloc. C'est une vision du monde, une volonté de changer la femme et l'homme. Une ambition prométhéenne. "Effacer cinq mille ans de distinction des rôles et des univers", comme l'a très bien écrit Élisabeth Badinter. En somme, détruire l'héritage judéo-chrétien. C'est justement en cela que le féminisme est un "-isme" du XXème siècle qui ne peut échapper à ses démons totalitaires. » Voila qui résume bien la problématique.

 

    Contrairement à ce que veulent faire croire les « chiennes de garde », Eric Zemmour n’a rien du macho primaire qui redoute plus que tout que les femmes prennent le pouvoir. Au contraire, il est pour l’émancipation de ses congénères du sexe opposé. Il leur reproche seulement de vouloir faire de l’homme une « femme comme les autres ». Son ouvrage n’est donc en aucun cas un pamphlet misogyne mais une attaque contre toutes celles qui tentent d’imposer aux hommes leur identité.

 

Jean-Philippe Chognot

Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Culture
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Mercredi 25 avril 2007 3 25 /04 /2007 15:07
        Le Mémorial de la Shoah à Paris présente jusqu’au 29 avril une exposition temporaire sur les archives clandestines du ghetto de Varsovie pendant l’occupation allemande. On y apprend entre autre l’ampleur de la presse clandestine dans la capitale polonaise entre 1939 et 1942 grâce à des documents collectés par l’historien Emmanuel Ringelblum.

L’activité journalistique constitue en quelques sortes le baromètre de la santé d’une société. C’est le cas pour la communauté juive de Pologne dans les années 1930 et 1940. En effet, avant l’abominable persécution que cette communauté a subit, la presse juive polonaise était très fournie. En 1939, avant l’invasion nazie, on recense deux cent titres dont trente à parution quotidienne et une cent cinquantaine en langue yiddish.

Comme toute domination, celle des nazis se caractérise par une prise de contrôle des média. Dès leur arrivée, les troupes allemandes confisquent tous les postes de radios et interdisent les journaux juifs. Les imprimeries juives sont mises sous scellés en juillet 1940. Toute cette presse est remplacée par de nouveaux journaux à la solde de l’occupant. La Gazeta Zydowska dont on peut voir le premier numéro dans l’exposition en fait partie.

Mais la presse juive ne disparaît pas totalement. A partir du début de l’année 1940, de nombreux journaux clandestins apparaissent et prennent le relais de leurs prédécesseurs. Ils sont la voix de la vie politique souterraine. Ils se font l’écho de deux grandes interrogations des partis politiques : Quelle position le peuple juif doit-il adopter dans la guerre en cours ? Quelle sera l’attitude de l’URSS à la lumière du pacte germano-soviétique ?

Au printemps 1942, on compte quarante-sept titres clandestins. Deux sur trois sont publiés par des mouvements de la jeunesse juive. Il fallait être bien courageux pour éditer de tels journaux. Ils étaient le plus souvent imprimés la nuit de façon artisanale dans des cantines populaires. Chaque exemplaire était lu en moyenne par vingt personnes. Undzer Veg (Notre Voix) est un exemple de cette presse. Celui-ci était publié par le parti Poale Zion Droite.

Cette presse a même réussi à survivre à la « nuit sanglante » du 17 au 18 avril 1942 qui a fait énormément de victimes dans le milieu des publications clandestine que les nazis ont tenté d’éradiquer. Malgré les exhortations du président du judenrate (conseil juif) pour y mettre fin, elles ont continué sur la même dynamique jusqu’en avril 1943 et la destruction du ghetto. Tant qu’il y a de la vie, il y a de la presse car malgré l’interdiction des journaux dans le ghetto, la presse n’a jamais cessé d’y exister.

Jean-Philippe Chognot


Les archives clandestines du ghetto de Varsovie.
Mémorial de la Shoah
17, rue Geoffroy l’Asnier
75004 Paris
Tél : 01 42 77 44 72
Fax : 01 53 01 17 44
Lien : http://www.memorialdelashoah.org/upload/minisites/ringelblum/shoah/index.htm

Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Culture
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