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Basketball

Samedi 18 septembre 2010 6 18 /09 /Sep /2010 12:13

basket-feminin.jpg Malgré les bonnes performances de son équipe nationale, le basket féminin français peine à attirer de nouvelles licenciées.

Le basket féminin français est à la fête. Championne d’Europe l’année dernière, l’équipe nationale aborde avec ambition le prochain championnat du monde (23 septembre au 3 octobre). Pourtant, cette dynamique positive ne provoque aucune émulation chez les amateurs. La preuve en chiffres : le nombre de licenciées stagne à environ 178.000 depuis deux ans. La proportion de féminines est même en légère baisse par rapport au total des licenciés de la Fédération française de basket-ball (FFBB).

« Les résultats des Bleues n’ont absolument aucun impact sur nous, confirme Agnès Sylvestre, présidente du Paris Basket 18, club féminin du XVIIIe arrondissement. D’ailleurs, la plupart de nos jeunes ne connaissent pas l’équipe de France et beaucoup n’ont même jamais regardé de match à la télévision. »

La structure dirigée par Agnès Sylvestre accueille 85 joueuses. Parmi elles, peu suivent l’actualité de la balle orange. « Bien sûr, quelques-unes s’intéressent au basket professionnel mais c’est une minorité, témoigne Assitan Diarra, 17 ans, ailière de l’équipe cadette. Dans l’ensemble, entre coéquipières, nous avons le même type de conversations que les autres filles de notre âge. »

Les seules Bleues que les joueuses du Paris Basket 18 suivent avec intérêt sont les moins de seize ans. Cette sélection compte en effet dans son effectif deux de leurs anciennes coéquipières. Désormais en centre de formation, Awa Sissoko et Olivia EpOùpa ont remporté cet été la médaille de bronze au championnat d’Europe.

Jean-Philippe Chognot

 

La fédération affiche complet

Selon le dernier décompte, la Fédération française de basket-ball compte 456 036 licenciés. En hausse sur les dernières années, cette statistique devrait stagner dans les années à venir, par manque de place. « Nous pouvons difficilement accueillir plus de monde, assure Julien Guérineau, de la FFBB. Il n’y a pas assez de salles. En plus, dans les installations actuelles, nous sommes déjà en concurrence avec d’autres sports comme le futsal et le handball pour obtenir des créneaux. » La situation est particulièrement mauvaise à Paris. « A chaque fois que nous demandons plus de créneaux, la mairie de Paris nous les refuse », regrette Julien Guérineau, qui dirige un des 52 clubs de la capitale.

Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Basketball
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Vendredi 3 septembre 2010 5 03 /09 /Sep /2010 17:58

http://www.zezel.net/blog/images/Divers/Liban_basket.jpg

Le basketball est le sport numéro un au Liban. Qualifiée pour son troisième Championnat du monde consécutif, l’équipe nationale est pourtant l’arbre qui cache la forêt.

23 août 2006, Sendai-City Gymnasium (Japon). Dans une arène dégarnie, Rony Fahed, Fadi El Khatib, Joe Vogel, Brian Beshara… – soit autant de David – terrassent les Goliath français made in NBA. Score final : 74-73. Pour la délégation tricolore, la défaite est inquiétante mais sans conséquences. Côté libanais, cette soirée nipponne est bien plus significative. Elle est historique. Grâce à cet exploit, le pays du Cèdre se révèle aux yeux de la planète basket. « Désormais, le Liban est respecté par les autres équipes », assure Ghassan Sarkis, ancien coach de la Sagesse et de la sélection, actuellement en poste à Champville.

Au-delà de ce fait d’armes, le basket libanais s’impose dans la durée. L’équipe nationale va participer à son troisième Championnat du monde consécutif cette année. La dernière qualification n’a cependant pas été gagnée sur le terrain, contrairement aux précédentes. Les Levantins ont échoué à la quatrième place du championnat d’Asie 2009 et doivent leur présence au Mondial à une wildcard de la FIBA. L’invitation a coûté 500.000 euros à la fédération libanaise. Si cette dernière s’en félicite, au Liban, nombreux sont les détracteurs de ce mode de qualification. À commencer par Fadi El Khatib, le héros national. Elie Nassar, chef des sports au quotidien al-Balad, est du même avis : « Avec les 500.000 euros, on aurait pu détecter et former une centaine de joueurs de talent. »

Le journaliste pointe ainsi le problème majeur du basketball libanais : la formation. « Cela doit être le chantier prioritaire de la fédération », insiste Ghassan Sarkis, dont les qualités de pédagogue sont reconnues. Fadi El Khatib abonde dans le même sens : « Le Liban recèle beaucoup de jeunes talents mais on ne se donne pas les moyens de les découvrir. » La faille ? Une quasi-absence de compétitions de jeunes. « La saison passée, il n’y avait qu’un championnat pour les moins de 18 ans, c’est tout », regrette Coach Sarkis. « Il faut absolument pérenniser des compétitions dans toutes les catégories d’âge, comme à l’époque de la grande Sagesse. Si les jeunes ne jouent pas de matches, ils ne progressent pas et se détournent du basket. »

 

Sans-titre-copie-12.jpgDifficile de s’exporter

Cette formation défectueuse est d’autant plus dommageable qu’il existe un vivier de basketteurs talentueux au Liban. Cette année, l’équipe nationale juniors a terminé le championnat d’Asie de l’Ouest U18 invaincue. Cette génération 1992 est tirée vers le haut par Ahmad Ibrahim. Le jeune extérieur suit un cursus américain au sein de la Patterson High School. Il s’est révélé lors du championnat d’Asie U18 en 2008, tournant à 32,5 points de moyenne à seulement 16 ans. « Il est très talentueux mais les deux prochaines années vont être cruciales pour lui », estime Ghassan Sarkis, qui entraîne la sélection juniors. En septembre, Ibrahim pourrait accompagner ses aînés en Turquie.

« Si l’on prend en charge ces jeunes correctement, le Liban a le potentiel pour devenir la place forte du basketball asiatique », garantit Elie Nassar. Comme lui, la majorité des acteurs locaux sont convaincus que leur pays est capable de dépasser la Chine et l’Iran à court ou moyen terme. La sélection libanaise aura l’occasion de confirmer ce pronostic dès l’été 2011, lors du prochain championnat d’Asie. Beyrouth est un candidat sérieux pour organiser la compétition. « Si nous jouons à domicile, nous avons entre 60 et 70% de chances de remporter notre premier titre continental l’année prochaine », anticipe Fadi El Khatib, optimiste.

Malgré leurs qualités et leur potentiel, les joueurs libanais peinent à s’exporter dans des ligues majeures. Parmi les Libanais de naissance, seul El Khatib a récemment évolué en Europe, en 2007 aux Cherkassy Monkeys (Ukraine). « C’est très difficile pour nous à cause de notre statut d’extracommunautaires », explique le joueur. « Les clubs européens préfèrent souvent prendre des Américains qui sortent de l’université plutôt que des Libanais. » Ghassan Sarkis partage cette analyse : « C’est aussi pour cette raison que les agents se désintéressent du marché libanais. De nombreux joueurs pourraient jouer en Europe s’ils avaient un passeport européen. »

Cette situation est peut-être un mal pour un bien. « Cela nous permet de conserver nos meilleurs joueurs dans notre ligue », positive Georges Barakat, président de la fédération libanaise. Sur les vingt-deux internationaux de la première présélection pour le Mondial turc, quatorze ont porté un maillot libanais toute la saison passée. Cela donne la possibilité aux clubs locaux d’affronter les yeux dans les yeux leurs homologues jordaniens, iraniens ou chinois dans les compétitions continentales. Au printemps, le Sporting Riyadi Beyrouth a par exemple remporté le championnat panarabe et terminé troisième du championnat d’Asie. « Les deux meilleures équipes libanaises, Riyadi et Champville, pourraient clairement remporter l’EuroChallenge et aller loin en Eurocup », défend Fadi El Khatib.

 

Instabilité financière

Sur le plan économique, la ligue est très hétérogène. Les budgets des huit équipes de première division s’étalent de 200.000 à 2 millions de dollars, essentiellement alloués à la masse salariale. Grâce au soutien de la famille Hariri, Riyadi est le club le plus nanti. Suivent des équipes comme Champville ou le Moutahed Tripoli, aux alentours du million de billets verts. Du côté des joueurs, le Libanais le plus rémunéré est Fadi El Khatib qui touche « entre 250 et 300.000 dollars par saison sans les bonus » à Champville. Derrière lui, son compatriote le mieux payé culmine autour de 100.000 dollars. Quant aux étrangers – maximum trois par équipe dont deux sur le terrain –, ils signent généralement des contrats de courte durée dont le salaire mensuel peut atteindre 30.000 dollars pour les meilleurs. « Comme il n’y a pas de loi sur le sport professionnel, ils touchent leur argent au noir et ne payent pas d’impôts », déplore Elie Nassar.

Pour beaucoup d’observateurs, l’instabilité financière est l’obstacle majeur qui empêche le basket de progresser davantage. Les clubs libanais reposent quasiintégralement sur le mécénat de leur président. « Le problème, c’est que nous n’avons pas de sponsors », explique Ghassan Sarkis. « En Europe et en Amérique, les concessionnaires automobiles, les banques, etc. aiment investir dans le sport. Pas au Liban. Les sponsors sont le chaînon manquant pour atteindre des budgets plus élevés, de meilleurs salaires et un niveau supérieur. »

Ces lacunes économiques vont de pair avec un manque de professionnalisme. L’Américain Tab Baldwin en est témoin. Le nouveau sélectionneur de l’équipe nationale apporte son regard extérieur : « Ici, la plupart des clubs ne s’entraînent pas deux fois par jour alors que c’est la base en Europe. D’après ce que me disent mes joueurs, les staffs des clubs et leurs infrastructures sont également limités. » Ghassan Sarkis est conscient de la situation. Il la justifie ainsi : « On en revient toujours au manque d’argent. Comme les joueurs ne sont pas assez payés, on ne peut pas leur demander de ne pas travailler ou de ne pas étudier pour s’entraîner plus. Concernant les staffs, toutes les équipes ont un coach, un assistant et un préparateur physique. Mais souvent, les autres membres sont bénévoles. »

 

s.jpg Baisse de popularité

Malgré toutes ces imperfections, le basket reste le sport le plus populaire et le plus pratiqué avec ses 13.000 licenciés. « Un jour, j’ai même vu des gamins jouer avec une chaise trouée en guise de panier », raconte Elie Nassar. En conséquence, le basket est également le principal sport couvert par les médias. La saison passée, la chaîne grand public Future TV diffusait une rencontre de championnat par journée. « Les audiences dépendent des affiches mais, en moyenne, elles tournent autour de 17/18% », indique le journaliste d’al-Balad.

Si ces parts d’audience font rêver le basket français, elles sont révélatrices d’une baisse de popularité du basket libanais depuis le milieu des années 2000. Autre indicateur : la disparition des deux magazines spécialisés, Blockshot et Timeout. Le premier cité pourrait toutefois reparaître à la rentrée. « Au Liban, il n’y a plus de marché pour cette presse ultraspécialisée », admet Elie Nassar. Il est loin le temps où les exploits de la grande Sagesse pouvaient captiver quelques 35% de téléspectateurs devant la chaîne LBC. « À l’époque, al-Balad traitait une journée de championnat sur une double-page. Nous y consacrons désormais moins d’une page », compare le journaliste sportif.

À la fédération, les dirigeants du basket libanais se satisfont de cette couverture médiatique. « Les médias parlent de basket même quand il ne se passe rien. Ils parlent de ce qui va bien, de ce qui ne va pas bien… », sourit jaune Georges Barakat. Cet été, la presse a surtout eu l’occasion de parler des tourments de la fédération. L‘ex-président Pierre Kakhia et neuf membres du board sur treize ont démissionné en juin, provoquant des élections anticipées. « La fédération était devenue une scène de one-man-show pour son président », dénonce Elie Nassar. « Kakhia est parti parce qu’il s’est retrouvé en minorité, étant pro-Hariri alors que la large majorité des clubs sont chrétiens. » Pour le moment, son successeur Georges Barakat fait l’unanimité. « Il a l’expérience pour comprendre le basket bien mieux que ses prédécesseurs », conclut Ghassan Sarkis, plein d’espoir. Cet espoir nostalgique de ressusciter les années Sagesse.

Jean-Philippe Chognot, à Beyrouth

 

Article publié dans le MaxiBasket d'août-septembre 2010, en page 86-89.

 

La Sagesse, naissance du basket libanais

 

http://www.rabihdagher.com/blog/wp-content/uploads/2009/05/sagesse-logo2.jpgEntre 1994 et 2004, la Sagesse de Beyrouth a remporté huit championnats nationaux, sept coupes du Liban, trois championnats d’Asie des clubs – record absolu – et deux championnats panarabes. Cette décennie dorée correspond à la naissance du basket professionnel au Liban.

Faites du basket, pas la guerre. C’est le message qu’a véhiculé la Sagesse de Beyrouth au début des années 1990. Au sortir de quinze années de guerre civile (1975-90), le baron des médias Antoine Choueiri – mort le 9 mars 2010 – décide de faire du basket le sport national libanais. Il prend les rênes de la Sagesse et donne carte blanche à son entraîneur Ghassan Sarkis. « La première fois qu’il m’a contacté, il m’a dit qu’il voulait gagner le championnat panarabe et celui d’Asie avec la Sagesse. J’ai d’abord cru qu’il était fou mais il m’a dit qu’il me supporterait, quoi que j’aie besoin techniquement – des clinics, des camps, etc. »

« Le président Choueiri investissait beaucoup d’argent dans l’équipe, quelque quatre ou cinq millions de dollars par an », assure Elie Nassar, du quotidien al-Balad. « En contrepartie, les recettes publicitaires de sa chaîne LBC, qui retransmettait les matches, allaient dans sa poche. » La méthode Choueiri porte vite ses fruits puisque la Sagesse fait le doublé coupechampionnat dès 1994.

Les succès continentaux ne se font pas attendre. En 1998, la Sagesse devient la première équipe libanaise à gagner le championnat panarabe. L’année suivante, c’est la consécration. Les troupes de Coach Sarkis font le quadruplé en conservant leurs titres et en triomphant lors du championnat d’Asie des clubs. « Il y avait 500.000 Libanais dans les rues pour les célébrer et le parcours entre Jounieh et Beyrouth (17 kilomètres, NDLR) a duré trois heures et demie », raconte Georges Barakat, président de la fédération. « Cette victoire, se souvient Ghassan Sarkis, a fait exploser le basket au Liban. »

J.-Ph. C., à Beyrouth

 

Article publié dans le MaxiBasket d'août-septembre 2010, en page 89.

Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Basketball
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Vendredi 3 septembre 2010 5 03 /09 /Sep /2010 17:45

Fadi.jpgFadi El Khatib est le porte-drapeau du sport levantin. De la Sagesse à l’équipe nationale, il est le dénominateur commun du basketball libanais des deux décennies écoulées. Désormais, l’ailier de Champville nourrit deux objectifs prioritaires : se qualifier pour les Jeux olympiques de Londres et, surtout, faire émerger une nouvelle génération capable de reprendre son flambeau.

 

Que représente pour vous la troisième participation du Liban au Championnat du monde ?

De mon point de vue, ce Championnat du monde n’est pas important. J’y ai déjà joué à deux reprises dans le passé. Ce que j’ai accompli dans ma carrière va bien au-delà d’une simple participation à cette compétition. Ce qui m’importe, c’est le championnat d’Asie 2011 qualificatif pour les Jeux olympiques de Londres. En plus, ce Mondial m’est presque égal parce que je voulais y aller en me qualifiant sur le terrain. Pas en obtenant une wildcard. Je pense que notre participation est une mauvaise chose et que les gens vont dire : « Si le Liban est ici, c’est parce qu’il a payé. »

 

Depuis le début de votre carrière, vous n’avez joué que six mois à l’étranger. Pourquoi une telle fidélité ?

Je suis le genre de personne qui ne peut pas quitter son pays, sa famille, ses amis. Je fonctionne à l’affectif et je ne peux pas supporter de rester loin du Liban. Pourtant, j’ai eu de nombreuses offres d’Europe et d’ailleurs. J’en reçois toujours aujourd’hui. J’ai été choisi en 2003 par les Clippers mais j’étais sous contrat avec la Sagesse. J’ai eu des offres françaises, grecques, italiennes, russes… En 2007, Elias Zouros, qui avait entraîné au Liban auparavant, voulait me faire venir à Paris. On m’a aussi proposé un contrat très lucratif de quatre ans en Ukraine, que j’ai refusé pour rester à la maison. C’est la seule raison.

 

Vous avez tout de même tenté votre chance en Ukraine en 2007, aux Cherkassy Monkeys…

Oui et cela reste une très bonne expérience. Mon contrat s’élevait à 2,3 millions d’euros sur trois ans sans les bonus. J’ai marqué 37 points dès mon premier match. J’étais le meilleur marqueur de la ligue et le joueur qui a reçu le plus de voix pour le titre de MVP. J’ai été performant contre Khimik, Kiev et Mariupol. Mais au bout de six mois, je ne pouvais plus supporter la météo, le mode de vie… J’avais le mal du pays. Ma famille vivait à cheval entre l’Ukraine et le Liban. L’année suivante, mes enfants allaient commencer l’école au Liban et j’aurais donc été éloigné des miens. Je ne pouvais pas rester.

 

En marge de votre carrière de joueur, vous gérez plusieurs affaires. En quoi consistent-elles ?

Je dirige une entreprise de fret maritime. Nous expédions des marchandises par bateau. A côté de cela, je suis en train de monter un gros business avec un ami. Nous créons Sportsville, mon académie officielle de basketball. Elle doit ouvrir début septembre. Mon objectif est de repérer de nouveaux talents au Liban et de leur offrir l’occasion de progresser à mes côtés. Nous prévoyons d’accueillir environ 500 enfants de 4 à 19 ans que nous répartirons par tranches d’âge. Ils s’entraîneront les samedis et dimanches entre 9 et 15 heures et seront totalement pris en charge. Je vais m’y impliquer personnellement en tant que coach-formateur.

 

Que manque-t-il au basket libanais pour encore progresser ?

Le Liban est trop petit. Nos équipes ne disposent pas des revenus et des sponsors des équipes européennes. Chez nous, les clubs reposent sur le mécénat de leur président ou des hommes politiques… Ici, les entreprises préfèrent soutenir les chanteurs, plutôt que le sport. Pourtant, le basket est quelque chose d’énorme au Liban. Je pense que c’est une aubaine pour tout le monde de s’y impliquer. Lorsque les entreprises financent un chanteur, c’est du one-man- show, alors que lorsqu’elles mettent de l’argent dans le basket, cela profite à tout le pays. Cela permet au Liban de viser plus haut.

Propos recueillis par Jean-Philippe Chognot, à Beyrouth

 

Article publié dans le MaxiBasket d'août-septembre 2010, en page 88-89.

Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Basketball
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Jeudi 6 mai 2010 4 06 /05 /Mai /2010 00:27

MG 5838

L’opération « Les 10 jours du basket à Paris » débute aujourd'hui. Jusqu’au 16 mai, la Fédération française de basket-ball (FFBB) organise une série d’animations pour promouvoir son sport.

Paris, capitale européenne du basket. Du 7 au 9 mai, les quatre meilleurs clubs du continent s’affrontent à Bercy lors du Final Four de l’Euroleague. Une première depuis 2001. La Fédération française de basket-ball (FFBB) compte profiter de ce coup de projecteur médiatique pour promouvoir son sport. Elle lance aujourd'hui « Les 10 jours du basket à Paris ». L’opération séduction dure jusqu’au 16 mai.

Tournois de rue, compétitions handisports et pénitentiaires, initiations pour les enfants… « Nous voulons sensibiliser les Parisiens à toutes les pratiques : des professionnels au "minibasket" », explique Fabrice Canet, de la Fédération. Par exemple, des paniers gonflables seront installés sur le parvis de l’hôtel de ville, mercredi 13 mai, pour permettre aux novices de s’essayer à la balle orange. Le président et le directeur technique national (DTN) du basket français, Yvan Mainini et Jean-Pierre de Vincenzi, seront présents. Ils croiseront peut-être quelques joueurs pros du Paris Levallois.

Record de licenciés

L’animation séduira peut-être de nouveaux pratiquants. « Ce n’est pas l’objectif numéro 1, tempère Fabrice Canet. Le basket est déjà dans une période faste en termes de licenciés. » Leur nombre devrait dépasser 460 000 en juin prochain. Un record absolu. « Nous sommes la deuxième plus grosse fédération de sport collectif chez les hommes et la première chez les féminines », annonce fièrement le représentant fédéral.

Ces chiffres ne se traduisent toutefois pas en termes de médiatisation. Le basket se cantonne pour l’instant à la presse spécialisée et aux télévisions du câble. La fédération espère gagner en visibilité grâce à son opération parisienne. « Paris est le centre névralgique des médias en France. On veut leur présenter la diversité de notre sport et leur montrer que le basket, ce n’est pas que Tony Parker et Joakim Noah », ambitionne Fabrice Canet.

Jean-Philippe Chognot

 

Crédit photo : Bellenger / is . FFBB

Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Basketball
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Vendredi 14 août 2009 5 14 /08 /Août /2009 17:04

Avec l’un des plus petits budgets de Pro A, le recrutement est toujours un exercice périlleux au Havre. Une fois n’est pas coutume, le STB a tout de même réussi à terminer son puzzle en avance, malgré une cascade de départs. Jean-Manuel Sousa fait le point sur son effectif à une semaine de la reprise.

Vous avez réussi à boucler votre effectif bien avant le début de la préparation. Ça change de l’an dernier.
C’est clair qu’on a essayé d’aller plus vite. L’année dernière, on avait eu du mal à trouver nos deux joueurs Cotonou et Bosman faute de moyens. On avait commencé le championnat avec une équipe incomplète. Il se trouve que cette année, on a trouvé les joueurs qui correspondaient à nos moyens financiers et à ce qu’on recherchait sur le terrain. On n’avait pas forcément les moyens de prendre de plus grosses pointures donc ça ne servait à rien d’attendre plus.

Vous avez vu partir la quasi-totalité de votre effectif à l’intersaison…
C’est comme ça et je pense que ce sera le cas encore pour un bout de temps. On est conscient qu’on sert de tremplin. Que ce soit au niveau financier ou de par les compétitions que l’on joue, on n’a pas les moyens de garder nos joueurs. Forcément, certains aspirent à jouer dans des clubs plus huppés qui font la coupe d’Europe. D’autres veulent gagner beaucoup plus d’argent. D’autres encore ont envie de changer d’air après un certain nombre d’années passées au club. Si on avait pu, on aurait quand même aimé garder Marcus Slaughter et Fabien Causeur (partis respectivement à Nancy et à Cholet, ndlr).

Quelles ont été les lignes directrices de votre recrutement ?
La première, c’était de garder nos Français. On en a conservé trois sur quatre (Rudy Jomby, Romain Duport et Pape Sy, ndlr). La deuxième, c’était d’essayer de prendre un minimum de novices qui sortent de l’université. On voulait des joueurs qui avaient déjà joué un ou deux ans en Europe ou ailleurs. Des joueurs qui connaissent le métier et qui savent comment ça se passe. Et la troisième ligne directrice, c’était de ne pas prendre trop de jeunes joueurs. L’année dernière, on en avait deux (Kentrell Gransberry et Brian Laing, ndlr) et on ne peut pas dire que ça a été une réussite.

Quelles lacunes du STB version 2008-09 avez-vous tenté de gommer en priorité ?
En attaque, on avait une mauvaise sélection de tirs l’année dernière. Nos shoots n’étaient pas toujours préparés, pas toujours pris dans le bon timing. On était une équipe qui tirait beaucoup à trois-points mais pas toujours à bon escient. On a essayé de corriger ça avec, entre autres, l’arrivée de J.J. Miller, qui est plus organisateur que T.J. Thompson. En ce qui concerne la défense, on n’était pas non plus très fort. La saison prochaine, Miller, Oguchi, Blankson et Lovedale pourront apporter plus que leurs prédécesseurs dans ce domaine. C’est important parce que c’est en défense que se gagnent les matches. Et c’est surtout là qu’on verra si le groupe est homogène et s’ils ont envie de faire les efforts ensemble.

Votre effectif est très américanisé…
Nous n’avons pas les moyens de prendre les joueurs français qui peuvent nous apporter autant qu’un Ricain. Le vivier américain est tellement vaste que les prix sont moins importants. On est donc obligé de se rabattre sur ce type de joueurs. Mais ce n’est pas parce qu’on prend des joueurs américains qu’on ne va pas faire jouer nos Français. On en a trois et j’espère bien les mettre sur le parquet.

L’année dernière, Jomby et Duport sont devenus de vraies rotations. Qu’attendez-vous d’eux cette année ?
Qu’ils continuent à progresser et qu’ils prennent encore plus d’importance dans le groupe. Je n’attends pas qu’ils soient des leaders mais qu’ils apportent leur pierre à l’édifice. Comme ça, peut-être que l’année prochaine, on pourra prendre moins d’Américains. En fin de saison passée, Rudy avait su saisir sa chance et grappiller du temps de jeu à notre ailier américain (Laing, ndlr). J’attends qu’il confirme et qu’il continue sur cette lancée. Quant à Romain, je pense qu’il faut lui laisser le temps de mûrir. Un intérieur de 2,17 m arrive rarement à maturité à 23 ans. Dans deux ou trois ans, ce sera beaucoup mieux.

De son côté, Pape Sy n’a pratiquement pas joué la saison passée. Que peut-il apporter ?
On espère qu’il va intégrer la rotation. C’est un jeune qui est très doué en attaque, qui a d’énormes qualités. C’est un meneur de jeu qui peut jouer 1 et 2 et qui fait deux mètres. En France, c’est rare. L’année dernière, il n’a pas joué parce qu’il a été absent six mois et demi à cause d’un problème de genou. J’espère que cette année, physiquement, tout va aller pour le mieux et qu’il va pouvoir exprimer ses qualités, petit à petit.

Fabien Paschal s’est montré à son avantage lors de l’Euro juniors. Peut-il grappiller des minutes dès maintenant ?
Cette année, il va commencer à s’entraîner avec les pros petit à petit. Il fera partie du groupe mais de là à dire qu’il jouera… Ce serait un peu trop rapide. Fabien est encore un peu juste pour l’instant. Il lui manque beaucoup de travail physique. Il a encore besoin de s’étoffer énormément. Mais c’est un jeune qui a du talent.

Propos recueillis par Jean-Philippe Chognot


Article publié dans le BasketNews du 13/08/2009, en page 10.

Photo : Pascal Allée / Hot Sports

Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Basketball
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Vendredi 14 août 2009 5 14 /08 /Août /2009 10:59

Il n’y aura pas eu de révolution cet été à Nancy. Avec seulement trois recrues – Lesly Bengaber, Marcus Slaughter et Kaniel Dickens – et deux ajustements – Njoya intégré à la mène et Cox repositionné à l’arrière –, l’équipe lorraine mise sur la stabilité. Voici les clefs du SLUC version 2009-10.

« Pour vivre heureux, vivons caché. » Cette maxime sied comme un gant au recrutement du SLUC. Année après année, le modus operandi du duo Christian Fra/Jean-Luc Monschau reste le même. Silence radio pendant quelques semaines… Puis annonce quasi-officielle dans L’Est Républicain une fois que l’affaire est dans le sac. L’intersaison 2009 n’échappe pas à la règle. Aucune fuite avant officialisation. La plus récente illustration est la signature de l’ultime recrue nancéienne, Kaniel Dickens (2,03 m, 31 ans).
Cette dernière trouvaille nécessite une petite présentation. L’ailier-fort débarque de Lega Due, la deuxième division italienne, dont il a décroché le titre la saison passée avec Varèse. « Il a fait une saison vraiment consistante », note l’aîné des Monschau. Auparavant, l’Américain avait sillonné la D-League avec la NBA en tête. Une quête peu fructueuse même s’il a pu goûter brièvement (19 matches) à la Grande Ligue avec Portland, New Jersey et Cleveland.
« Ce qui nous a attirés chez lui, c’est sa capacité à jouer près du panier, ce qu’on lui demandait plus en Italie, et à s’écarter, ce qu’il a montré un peu partout où il est passé », indique son nouveau coach. « Il peut même jouer au poste 3 comme il le faisait en ligue de développement. » Il a en somme un profil assez similaire à celui de son prédécesseur. « Il est intéressant pour remplacer Lamayn Wilson dans la mesure où il est très athlétique, sans doute plus que Wilson, et dans la mesure où il est également une grande menace à trois-points. »
Ainsi, les supporters nancéiens ne seront pas dépaysés par le départ surprise de leur intérieur (très) fuyant. Celui-ci a activé sa clause libératoire pour déménager en Turquie, au TT Ankara. « Il y a trouvé des conditions plus avantageuses donc on a trouvé les arrangements qu’il fallait et on s’est quitté en bons termes », assure Jean-Luc Monschau. « C’est une situation qu’on a déjà connue avant : les joueurs se font connaître chez nous puis ils trouvent des acquéreurs qui leur offrent plus ailleurs. »
Ce départ, combiné à l’arrivée d’un Dickens moins coûteux, serait également salutaire pour le club lorrain. Selon L’Est Républicain, il lui permettrait de « mettre sa masse salariale en adéquation avec celle qui a été budgétisée », après la signature sans doute onéreuse de Marcus Slaughter (2,03 m, 24 ans). Ce dernier est le clou du recrutement nancéien. La saison passée, il dominait la Pro A de la tête et des épaules à l’évaluation (21,5) sous le maillot du Havre. « Il va essentiellement occuper la position 5 avec Akingbala, mais il pourra aussi évoluer en 4 et demi à côté de lui », révèle le technicien.

« De la place pour Njoya »
La dernière recrue du SLUC – la première chronologiquement – est nettement moins prestigieuse. Il s’agit de l’ex-Clermontois Lesly Bengaber. Son escale en Meurthe-et-Moselle a surpris. L’ailier français est en effet un habitué de l’antichambre, qui a tenté sa chance dans l’élite entre 2006 et 2008, sans grand succès. « A priori, il vient pour jouer au poste 3 derrière Ricardo Greer. Mais il ne faut pas oublier qu’on essaye de mettre en piste Saidou Njoya. S’il ne saisit pas sa chance, Cox pourra retrouver le poste 1 et Bengaber le poste 2. »
Pour l’instant, ce scénario n’est évidemment pas à l’ordre du jour. S’il est conscient de « prendre un risque en donnant des responsabilités à un garçon de vingt ans », Jean-Luc Monschau compte bel et bien « mettre Njoya sur le terrain à chaque match ». « Je crois au potentiel de ce garçon », lâche-t-il. Naturalisé début mai, le jeune meneur n’est plus barré par son statut d’étranger. Il sera associé à Steed Tchicamboud au poste 1.
Première conséquence de l’intégration du Franco-Camerounais : John Cox retrouve le poste d’arrière qu’il occupait au Havre. « Ce n’est pas le repositionnement de Cox qui ouvre une place à Saidou Njoya mais bien la volonté de libérer de la place pour Njoya qui pousse Cox en 2 », précise l’entraîneur. Ce jeu de chaises musicales ne devrait toutefois pas déplaire à l’ex-Chalonnais qui a parfois semblé mal à l’aise à la création la saison dernière.
Ce réaménagement est à l’image de l’intersaison nancéienne : pas de chambardement, que des ajustements. « On a choisi de garder notre ossature parce que ce groupe a gagné la phase retour du dernier championnat et, à quelques minutes près à Villeurbanne (en demi-finale, ndlr), il pouvait aller au bout », se remémore coach Monschau. Cette relative stabilité permettra au groupe de s’inscrire « dans la continuité du travail effectué précédemment » dès la reprise le 19 août prochain. Un gain de temps certain pour forger un collectif.
Cependant, Jean-Luc Monschau n’est pas encore sûr de pouvoir compter sur une équipe au complet à la rentrée, tournoi des Amériques oblige (du 26 août au 6 septembre). Si John Cox a renoncé à jouer pour le Venezuela, faute d’assurance, les frères Greer réservent leur réponse. En cas de participation avec la République dominicaine, Jeff et Ricardo manqueraient les trois premières semaines de préparation du SLUC.

Jean-Philippe Chognot


Article publié dans le BasketNews du 13/08/2009, en page 12.

Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Basketball
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Vendredi 7 août 2009 5 07 /08 /Août /2009 16:59
« Pour battre la France, il faudrait un miracle »,  lâche Henrik Dettmann, l’entraîneur de la Finlande. C’est vrai que, sur le papier, les Bleus hexagonaux sont nettement supérieurs aux bleus et blancs finlandais. Mais, sans faire appel au surnaturel, voici cinq raisons bien terre à terre de craindre l’équipe nordique.

Le retour des cadres
Emblème du basket finlandais, Hanno Mottola revient à la compétition après neuf mois de retraite. Henrik Dettmann, coach de la sélection, n’est pas peu fier de ce retour : « Hanno est le meilleur joueur qu’on puisse rêver d’entraîner. Il apporte du leadership, des qualités humaines, de l’expérience et sa connaissance du jeu. » Son année sabbatique a été bénéfique selon le technicien : « Je ne l’ai jamais vu aussi en forme sur les dix dernières années. » Sa science offensive et sa taille sont redoutables dans la raquette.
Le danger vient aussi de l’extérieur où Teemu Rannikko effectue son retour. L’été dernier, blessé, il n’avait pas pu participer aux matches de qualification. Sa présence est un motif d’espoir supplémentaire pour Dettmann : « Quand il est en bonne santé, je le classe parmi les meilleurs meneurs de jeu en Europe. Il sait vraiment comment rendre son équipe meilleure. » Touché contre la Hongrie il y a dix jours, Rannikko a repris l’entraînement jeudi dernier.

Une équipe décomplexée
L’été dernier, la campagne de qualification a donné confiance aux Finlandais. Grâce à un esprit d’équipe exemplaire, ils ont réussi à bousculer l’Italie par deux fois (80-88 puis 62-69) et surtout à infliger à la Serbie sa seule défaite (80-77). « Si nous pouvons battre la Serbie, nous pouvons battre presque n’importe qui », assure l’entraîneur nordique.
Plus anecdotique, la Finlande avait battu les Bleus (78-76) en préparation à Strasbourg. Les Français de Michel Gomez avaient alors des allures d’équipe B. « Nous sommes conscients que nous n’affronterons pas la même équipe cette année », relativise Dettmann. « Mais bon, quand tu as goûté à quelque chose de bon, tu veux forcément en avoir davantage. »
Seul bémol : « Pour le moment, nous ne sommes pas au même niveau que l’an passé. » Mais désormais, l’équipe connaît son potentiel et est convaincue de pouvoir rivaliser avec des équipes d’un standing supérieur au sien. Mentalement, c’est déjà un premier obstacle de franchi.

Les flambées de Koponen
Peu utilisé à la Virtus Bologne, Petteri Koponen profite de la sélection pour s’épanouir. Et c’est peu de dire que la tunique nationale lui réussit. 26 points contre la Hongrie, 20 points, 6 rebonds et 6 passes face aux Pays-Bas, de nouveau 20 points en Estonie et 21 unités contre les tall blacks néo-zélandais… Le meneur finlandais est devenu à 21 ans le leader offensif de la sélection. Sa fougue et son attitude entreprenante sont complémentaires des qualités de gestionnaire de Teemu Rannikko. Leur association est la rampe de lancement du jeu rapide prôné par coach Dettmann.
Cependant, les coups de chaud de Koponen inquiètent le technicien plus qu’ils ne le rassurent. En effet, le jeune point guard peine à emmener ses coéquipiers dans son sillage. « Si votre meneur de jeu score le plus de points, c’est que vous avez un problème », alerte le coach. « Pour gagner, il faudra avoir quatre ou cinq joueurs à plus de dix points. »

L’effet de surprise
France-Italie, Italie-France… Pour beaucoup, cette double-confrontation suffit à résumer le tournoi de qualification additionnel. Depuis trois semaines, les Bleus se sont préparés en vue du match d’hier à Cagliari face aux transalpins. On en oublierait presque qu’une défaite contre la Finlande pourrait être rédhibitoire dans la course à l’EuroBasket. Les joueurs nordiques avancent donc dans l’ombre et ne se feraient pas prier pour jouer les trouble-fête.
Si Henrik Dettmann refuse de croire à une démobilisation des Bleus, des précédents existent bel et bien. Depuis une défaite traumatisante contre le Liban (73-74) au championnat du monde 2006, on sait qu’une équipe de France relâchée peut faillir contre n’importe qui. Six joueurs défaits par le Liban – Boris Diaw, Florent Piétrus, Ronny Turiaf, Johan Petro, Aymeric Jeanneau et Yannick Bokolo – font toujours partie du groupe France. Méfiance donc contre un petit poucet pour qui « le seul fait de jouer contre la France est une énorme motivation », dixit le coach.

Un jeu « à la lituanienne »
Courir et shooter. Tel est le leitmotiv qu’Henrik Dettmann rabâche à ses joueurs. « Nous proposons un jeu up-tempo. C’est le seul style de basketball avec lequel nous pouvons être couronnés de succès », assure- t-il. « Si nous courons et si nous sommes capables de mettre des tirs, nous pouvons gagner. » Le message a été reçu cinq sur cinq par ses ouailles. En préparation, les mobylettes finlandaises ont marqué 82,3 points de moyenne.
Face à la puissance et aux qualités athlétiques des Français, les underdogs bleus et blancs comptent faire valoir leurs fondamentaux et leur technique. « Nous nous inspirons du style de jeu lituanien que j’affectionne particulièrement », indique l’entraîneur. « Nous jouons un basketball tout en finesse parce que, de toutes façons, nous n’avons pas de joueurs puissants. Nous sommes dangereux loin du cercle car la plupart de nos joueurs peuvent shooter. » La France est prévenue et devra à tout prix bâillonner les extérieurs finlandais. Ce qu’elle n’a pas su faire contre les Hongrois jeudi dernier à Coubertin.
Jean-Philippe Chognot

Article publié dans le BasketNews du 06/08/2009, en page 6.
Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Basketball
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Vendredi 31 juillet 2009 5 31 /07 /Juil /2009 21:49

Depuis quelques semaines, l’Italie et la France accaparent les projecteurs. Derrière les deux favoris, quatre outsiders fourbissent leurs armes. Mais pour l’instant, aucun n’impressionne. Leurs préparations respectives font ressortir plus de doutes que de certitudes. Petit panorama.

 

Finlande : la grosse cote

Les nordiques sont le petit poucet de l’Additional Qualifying Round et ce ne sont pas les matches amicaux qui vont faire évoluer ce constat. En sept rencontres, les hommes d’Henrik Dettmann n’ont emporté que deux maigres victoires, contre l’Angola et les Pays-Bas. Pis encore, les Finlandais se sont agenouillés à deux reprises devant le Portugal, autre outsider du tournoi additionnel. Face aux Lusitaniens, ils n’ont pas atteint la barre des 60 points.

Mais c’est surtout en défense que le bât blesse. La Finlande a été incapable de contenir des adverses abordables, encaissant 81,3 points par match. Pour ne rien arranger, le meneur Teemu Rannikko s’est blessé à la main le week-end dernier.

Seules petites lueurs d’espoir : le retour du retraité Hanno Mottola, bien en jambe, et la montée en puissance du meneur Petteri Koponen, sevré cette saison à la Virtus Bologne. Ce dernier s’est mué en leader offensif (14,3 pts en préparation) au côté d’un Shawn Huff consistant à la marque et au rebond.

 

Belgique : préparation tronquée

« Une fois de plus, notre préparation a été perturbée », regrette Jacques Ledure, le manager de la sélection belge. Jusqu’à présent, le coach Eddy Casteels a dû se passer de l’intégralité de son secteur intérieur. Retenu par les Lakers, Didier Mbenga était attendu mercredi. Axel Hervelle s’est blessé lors d’un entraînement avec son préparateur physique personnel et devait revenir mardi. Christophe Beghin, touché au mollet, reprend ce week-end. Enfin, opéré au doigt, Tomas van den Spiegel reste incertain. « La situation n’est pas très encourageante aujourd’hui pour Tomas », lâche le manager.

Il est dur dans ces conditions de tirer quelque enseignement sur le niveau de l’équipe. Handicapés, les Belges ont été irréguliers au tournoi de Strasbourg le week-end dernier : vaillants mais trop justes face aux Tchèques (75-67), piétinés par les Bleus (82-44), et dominateurs face à de faibles Autrichiens (81-51). Pas de quoi rendre pessimiste Jacques Ledure : « Nous sommes persuadés de pouvoir réaliser une bonne campagne avec notre groupe au complet. »

 

Bosnie : en proie au doute

Mensur Bajramovic est face à un casse-tête. Le coach bosniaque doit monter une équipe compétitive malgré les désistements de la majorité de ses cadres – Mirza Teletovic, Jasmin Hukic, Goran Suton, Henry Domercant, J.R. Bremer… – et la non-qualification d’Emir Preldzic. Énième obstacle : le technicien ne dispose que de quatre matches amicaux pour forger un collectif, la faute à une fédération nationale exsangue financièrement.

Les rencontres de préparation n’ont pas calmé le pessimisme ambiant. Les Bosniaques ont dérapé à deux reprises contre de modestes Hongrois. Ils ont été balayés (60-87) lors de la première confrontation avant de se montrer plus combatifs le lendemain (85-91). « Nous n’avons pas été nous-mêmes. Tout est allé de travers pour nous », se lamentait coach Bajramovic après la double-opposition. Lundi, son équipe a perdu une troisième rencontre contre le Monténégro (58-73). Dans ce paysage de désolation, le soliste talentueux Nihad Djedovic a enfilé le costume de leader. Mais, pour l’instant, seuls Ivan Opacak et Kenan Bajramovic lui ont emboîté le pas, tant bien que mal.

 

Portugal : rebond d’Achille

Contrairement à leurs homologues bosniaques, les Portugais ne lésinent pas sur les matches amicaux. Au moment de notre bouclage, ils avaient déjà disputé neuf rencontres de préparation (5v-4d). L’occasion de se forger des certitudes et de cerner ses points faibles. Au rang des doutes, les Lusitaniens se font systématiquement dominer au rebond, par manque de taille. Samedi dernier face à la Nouvelle-Zélande (défaite 91-98), ils n’en ont gobés que 21, contre 36 pour les Tall Blacks. Face aux tours belges, cela ne pardonnera pas.

Coté satisfactions, la selecção a remporté deux victoires de prestige face à l’Angola (81-72) et au Brésil (95-71). Lors de ces deux sorties, les hommes de Moncho Lopez ont proposé un jeu collectif particulièrement huilé, autour de leurs deux leaders offensifs : l’ailier d’origine capverdienne Carlos Andrade et l’intérieur fuyant Joao Santos.

Jean-Philippe Chognot

 

Article publié dans le BasketNews du 30/07/2009, en page 13.

Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Basketball
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Vendredi 24 juillet 2009 5 24 /07 /Juil /2009 00:27

Parmi les joueurs français évoluant en Espagne, Stéphane Dumas est sans doute celui qui connaît le mieux la patrie de Cervantès. L’ex-Limougeaud y use ses sneakers depuis bientôt dix ans. À la reprise, il va redécouvrir la Liga ACB avec le club de Valladolid, sa ville d’adoption.

 

Tu vas retrouver l’ACB après quatre ans en LEB…

C’est une grande chance pour moi. J’ai déjà goûté à l’ACB il y a quelques années et je suis content de pouvoir y goûter de nouveau avec Valladolid. À bientôt 31 ans, c’est peut-être ma dernière opportunité de jouer au meilleur niveau en Europe, dans le meilleur championnat et contre de grandes équipes. C’est ce que tout le monde rêve de faire. Et puis, c’est une récompense de la saison qu’on a réalisée l’année dernière.

 

Comment as-tu vécu cette montée ?

C’était une saison parfaite ! Ça fait plaisir quand tu te sens important, que tu gagnes et que tu arrives à monter. L’équipe était super, on jouait bien au basket et toute la ville était derrière nous. Les joueurs y mettaient beaucoup de coeur donc ça a tout de suite plu, les gens ont accroché. Ils étaient nombreux à venir à la salle pour nous soutenir. En plus, j’ai réalisé ma meilleure saison sur le plan statistique depuis que je suis en Espagne (9,1 points à 48,3% au tir, 3,7 passes en 22 minutes, ndlr).

 

Quel est le niveau de la LEB ?

C’est une belle compétition. En haut de tableau, il y a des très grosses équipes qui ont beaucoup d’argent. Par exemple, Alicante, l’année dernière, c’était une équipe qui, avec deux ou trois retouches, pouvait être en ACB. L’année d’avant, à Saragosse, c’était impressionnant. Il y avait énormément d’argent. En bas de tableau, les clubs sont moins riches mais ils jouent quand même bien au basket. Ce n’est pas évident de les battre. La LEB est un championnat assez ouvert.

 

Elle a attiré beaucoup de Français (*) ces dernières années. Pourquoi ?

Le championnat est intéressant. On est bien payé et on est sûr de toucher son salaire. La vie en Espagne est agréable. Difficile de trouver beaucoup mieux. J’ai testé l’Italie (à Avellino en 2005, ndlr), j’ai fait 24 heures en Grèce… Je préfère rester dans une division inférieure et savoir que ma famille est bien, que je vais toucher mon argent, plutôt que de partir en mission n’importe où et de galérer toute l’année pour gagner trois cacahuètes de plus sans savoir si je vais les toucher. Et puis, ce que j’ai gagné cette année en Espagne, je le gagnerais en deux ans en France par exemple.

 

Après avoir beaucoup bougé, tu sembles te fixer à Valladolid…

C’est ma deuxième ville, ma deuxième maison. Ma femme est de Valladolid, mes deux filles sont nées et commencent à aller à l’école à Valladolid. Toute ma belle famille habite ici. Je connais pas mal de gens que j’avais rencontrés lors de mon premier passage (en 2002-03, ndlr). Pour moi, il n’y a pas mieux. En plus, le club est plutôt « familial ». S’il y a un problème, on peut en faire part au président ou au directeur général. Il y a une très, très bonne ambiance.

 

Comptes-tu revenir un jour en France en tant que joueur ?

Je ne sais pas. Cette année, pour la première fois, j’ai eu des offres concrètes en France. J’ai discuté sérieusement avec un club de Pro A qui était en playoffs ou à la porte des playoffs – je ne sais plus – tout en sachant que ma première option, c’était Valladolid. Ma priorité, ça a toujours été l’Espagne et je pense que ça le sera jusqu’à la fin de ma carrière C’est là que je me sens le mieux. Mais si, plus tard, j’ai du mal à trouver un job ici, peut-être que je serais tenté de revenir en France plutôt que de partir ailleurs.

 

Quel regard portes-tu sur la situation de l’équipe de France ?

Pour moi, la France a peut-être le plus gros potentiel en Europe, avec l’Espagne. À mon avis, il ne manque pas grand-chose pour que l’équipe de France décolle complètement comme le fait l’Espagne depuis trois ou quatre ans, avec une génération de joueurs qui a tout gagné. En France, il manque peut-être la volonté de jouer ensemble. En Espagne, que ce soit Pau Gasol, Juan Carlos Navarro ou les moins connus comme Alex Mumbru, ils vont en sélection pour s’éclater et surtout pour gagner. Quand je vois jouer les Français, je n’ai pas l’impression qu’ils s’éclatent sur le terrain.

 

Propos recueillis par Jean-Philippe Chognot

 

(*) Cette saison, Francis Koffi (La Palma), Carl Ona Embo (Rosalia), Bill Philips (Leche Rio) et Nouha Diakité (Illiesca) ont aussi foulé les parquets de LEB.

 

Article publié dans le BasketNews du 23/07/2009, en page 9.

Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Basketball
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Vendredi 19 juin 2009 5 19 /06 /Juin /2009 00:09

Éliminé en demi-finale des playoffs par l’ASVEL, Nancy perd son titre. Un échec de plus dans la saison frustrante du SLUC. Pour sauver un exercice décevant et obtenir une place en Euroleague, les Lorrains tentent de remettre le ranking au goût du jour. Sans doute un des feuilletons de l’été.

« On avait déjà un pied à Bercy. » Lorsque John Cox donne dix points d’avance (56-46) au SLUC à sept minutes du buzzer du match d’appui, Jean-Luc Monschau et ses joueurs s’imaginent déjà en finale. Pendant plus de trois quart-temps, ils interprètent une partition sans fausse note, avant de déchanter. Sous l’impulsion d’Aymeric Jeanneau et de Laurent Foirest – 8 points en trois minutes pour « Lolo » –, l’ASVEL inflige un 16-0 au champion de France, le déchéant de son titre. Lors de la demi-finale retour, déjà, Nancy avait traversé un trou d’air similaire en fin de rencontre. Menant 46-45 à la 25e minute, les Nancéiens avaient encaissé un 24-4 rédhibitoire.

Deux scénarios inexplicables au regard du holdup réalisé à l’aller à l’Astroballe. « La mécanique s’est enrayée », regrette l’aîné des Monschau. « On a continué à prendre les tirs ouverts que l’on réussissait avant, mais ils ne sont plus rentrés. Chacun peut l’interpréter comme il veut. » Cette double défaillance dans le money time est symptomatique de la saison du SLUC. Durant l’exercice qui s’achève, les Lorrains ont souvent calé dans la dernière ligne droite, retombant dans les travers d’un jeu stéréotypé. En Euroleague, ils ont eu deux occasions d’accrocher le Top 16, en vain. La pole de la saison régulière a échappé aux couguars lors de l’ultime journée à Villeurbanne. La coupe de France s’est dérobée à l’issue d’une finale à sens unique face au Mans. De quoi laisser un « sentiment de frustration et d’inachevé » au président Christian Fra.

« Le vrai regret, c’est de ne pas avoir disputé tous les matches décisifs au complet », déplore Jean-Luc Monschau. « Au niveau des blessures, on a eu une poisse comparable à nul autre club. » Dernier pépin en date, une entorse qui a écarté Victor Samnick des parquets pendant les six dernières semaines de compétition. « Quand on voit l’impact qu’il avait avant de se blesser, son absence a été dramatique. Dans ce contexte-là, je pense vraiment que l’on a fait le maximum », relativise l’entraîneur alsacien.

« En plus, on a atteint l’un de nos objectifs prioritaires de la saison : la première place au ranking », ajoute-t-il. En écartant Roanne en quart de finale des playoffs, le SLUC s’est en effet assuré le leadership du ranking. Un non-événement ? Ce classement, qui prend en compte les performances des trois dernières saisons, offre théoriquement une place en Euroleague pour les trois prochaines saisons. Cependant, la future mouture de la compétition européenne, voulue par son président Jordi Bertomeu, condamne ce mode de qualification.

 

Cinq joueurs sous contrat

Les Nancéiens campent toutefois sur leurs positions. « On est qualifié en Euroleague. Le règlement est clair et quiconque voudrait le modifier tricherait », lance le technicien nancéien. Le règlement évoqué est celui de la Ligue Nationale de Basket. Il stipule qu’« une place sera attribuée au club qualifié pour trois ans sur la base du meilleur « ranking Euroleague » (…) » Cependant, la LNB a indiqué lundi à l’AFP que l’ASVEL, Orléans et Le Mans joueraient la compétition reine la saison prochaine.

« On se sent dépossédé de quelque chose qui nous appartient », s’offusque le président Fra. Très remonté, le dirigeant nancéien envisage d’intenter un procès à l’Euroleague rejoignant dans sa lutte « la ligue espagnole (ACB, ndlr) et certains clubs italiens et grecs ». « On utilisera tous les recours possibles mis à notre disposition », prévient Christian Fra, qui a d’ores et déjà fait appel à un avocat spécialisé dans le droit du sport.

En attendant le dénouement de cette affaire, le club nancéien s’attelle au recrutement. L’incertitude quant à la compétition européenne que jouera le SLUC pourrait être un handicap au moment de modeler l’effectif 2009-10. Le président Fra ne s’en formalise pas : « Ce n’est pas un problème puisqu’on s’apprête à constituer, comme tous les ans, la meilleure équipe possible. » Pas sûr toutefois que le SLUC ait la même force d’attraction s’il joue l’EuroCup, hypothèse la plus probable.

Au sein de la cuvée 2008-09, seuls cinq joueurs majeurs sont toujours sous contrat. Il s’agit des frères Greer, de Lamayn Wilson, de John Cox et de Steed Tchicamboud. Parmi eux, Wilson et Ricardo Greer disposent d’une clause de départ activable jusqu’au 30 juin. Tous les autres contrats arrivent à échéance. Quant au jeune néo-Français Saidou Njoya, auteur de bonnes séquences cette saison, il sera intégré au groupe pro. « Il aura un rôle plus important que ce qu’on peut imaginer dans notre effectif », assure JLM. « Ce garçon a vraiment des qualités et on le voit tous les jours à l’entraînement. »

Parmi les joueurs en fin de contrat, Christian Fra assurait en début de semaine dans L’Est républicain que Michel Morandais et Victor Samnick ne seraient plus nancéiens. Le président est depuis revenu sur ses propos : « Rien n’est gravé dans le marbre. Mon souhait est de garder mon personnel qui m’a donné satisfaction. » Une continuité également prônée par son entraîneur qui conclut : « On va essayer de garder une grande partie de ce groupe pour aller au bout de son potentiel, ce qu’on n’a pas pu faire cette saison. »

Jean-Philippe Chognot

 

Article publié dans le BasketNews du 18/06/2009, en page 10.

Photo : Pascal Allée / Hot Sports

Par Jean-Philippe Chognot - Publié dans : Basketball
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